-
Peter Magyar, l'homme du sérail tombeur de Viktor Orban
-
Moyen-Orient: les Bourses d'Europe ouvrent en repli, Paris -0,94%, Londres -0,56%, Francfort -0,96%
-
Pérou : second tour en vue pour Fujimori qui salue une victoire sur "l'ennemi" de gauche
-
Les sites archéologiques grecs face au défi du changement climatique
-
Sanchez presse la Chine de corriger le déséquilibre commercial "intenable" avec l'UE
-
L'Iran a exécuté au moins 1.639 personnes en 2025, un record depuis 1989, selon des ONG
-
NBA: Toronto en play-offs, fin de la saison régulière
-
Les Etats-Unis veulent bloquer lundi les ports iraniens
-
Œuvres pillées durant la colonisation: l'Assemblée examine une loi très "attendue" pour faciliter les restitutions
-
La Colombienne Karol G promet de faire danser Coachella pour clore le week-end
-
Présidentielle au Pérou: Fujimori en tête, des bureaux rouvrent lundi après des ratés
-
Jugement pour Lafarge, accusé de financement du terrorisme en Syrie
-
Une visite historique: le pape attendu en Algérie, terre de Saint Augustin
-
Golf: doublé de McIlroy au Masters après un nouveau dimanche à rebondissements
-
Présidentielle au Pérou: la candidate de droite Keiko Fujimori en tête après un vote chaotique
-
Le conservateur pro-européen Magyar détrône le nationaliste Viktor Orban en Hongrie
-
Présidentielle au Pérou : police et enquêteurs au siège de l'organe électoral après des retards
-
Les Etats-Unis vont imposer un blocus des ports iraniens après l'échec des pourparlers
-
Au Moyen-Orient, une reprise des hostilités dans toutes les têtes
-
L'auteur présumé d'un double féminicide est décédé
-
Le conservateur pro-européen détrône le nationaliste Viktor Orban en Hongrie
-
D'un incident à l'autre, les aléas mécaniques juges d'un Paris-Roubaix fou
-
Le Bénin dépouille les bulletins de vote d'une présidentielle sans grand suspense
-
Foot: Manchester City est toujours d'"humeur" printanière, assure Guardiola
-
Participation massive en Hongrie, où le chef de l'opposition se dit "prudemment optimiste" en sa victoire
-
Angleterre: Manchester City mate Chelsea (3-0) et peut croire au titre
-
Double féminicide dans la Vienne, l'ex-compagnon d'une victime interpellé
-
Paris-Roubaix: Koch surprend Vos et Ferrand-Prévot
-
Les Péruviens élisent leur président dans un climat d'insécurité et de défiance
-
Trump annonce un blocus du détroit d'Ormuz après l'échec des négociations avec l'Iran
-
Patti Smith, Gims et bal traditionnel : Bourges célèbre son 50e Printemps
-
Tennis: Sinner détrône Alcaraz à Monte-Carlo et redevient N.1 mondial
-
Présidentielle au Bénin: début du dépouillement sans réel suspense
-
Paris-Roubaix: Wout Van Aert, la consécration de l'éternel maudit
-
Champions Cup: Bordeaux-Bègles écarte encore Toulouse et rêve d'un doublé
-
Trump annonce un blocus naval du détroit d'Ormuz après l'échec des négociations avec l'Iran
-
Le rêve d'une vie pour Van Aert qui remporte son premier Paris-Roubaix devant Pogacar
-
Badminton: Christo Popov champion d'Europe en simple mais perd son titre en double
-
Loi 1er-Mai: "pas de passage en force", assure Matignon face aux syndicats
-
Les Hongrois se précipitent pour voter dans des élections décisives pour leur avenir
-
Marathon de Paris: une édition de tous les records pour les femmes
-
Badminton: Christo Popov sacré champion d'Europe en simple
-
Le Bénin élit son président, le ministre Wadagni grand favori
-
Allemagne: Marie-Louise Eta, première entraîneure en première division dans le top 5 européen
-
Echec des négociations directes entre les Etats-Unis et l'Iran à Islamabad
-
Marathon de Paris: l'Ethiopienne Shure Demise s'empare du record en 2h18:34
-
Les Hongrois votent entre fin de règne et cinquième mandat pour Viktor Orban
-
Loi 1er-Mai: huit syndicats demandent à Lecornu de "respecter la démocratie sociale et politique"
-
Mort d'Asha Bhosle, chanteuse légendaire de Bollywood
-
Ukraine: Kiev et Moscou s'accusent de multiples violations de la trêve pascale
Dans le dernier ferry du Groenland, un voyage au coeur d'un territoire en mutation
Ce soir-là, le port de Nuuk s'anime. Ployant sous les bagages, des voyageurs s'engouffrent à bord d'un caboteur rouge et blanc un peu rouillé : le dernier ferry du Groenland.
Une ethnologue, quelques touristes danois, mais surtout des Groenlandais en provenance des 74 localités qui jalonnent les 2.600 kilomètres de la côte ouest, isolés entre l'inlandsis et la mer.
Reliant Qaqortoq, au sud, à Ilulissat, à 980 kilomètres au nord, la ligne de ferry nationale a longtemps été le seul moyen de transport du Groenland, avant que l’avion ne s'impose.
Avec ses stewards au sourire figé, son charme légèrement suranné et son incomparable odeur de lino, le navire semble n'avoir jamais quitté 1992, l'année de sa construction.
Le moteur se met en branle. Un dernier baiser vers le quai.
Sur le pont, une passagère regarde la capitale Nuuk s'éloigner, réduite à une lueur sous les aurores boréales.
Bienvenue à bord du Sarfaq Ittuk, reflet d'un Groenland qui se cherche.
- Exode rural -
Le personnel s'active. Malgré le ressac, la cuisinière tente d'aligner des hors d'oeuvre kitsch et colorés.
Le souffle des cartes, le fracas des dés, quelques éclats de rire. La vie s'installe et se mélange autour des tables en formica de la cantine, le coeur social du navire.
"On se connaît. On parle de la famille, des amis, des mariages", murmure Karen Rasmussen, 60 ans.
Avec l'exode rural, le bateau offre la chance aux villageois de revoir les visages familiers de ceux qui sont partis vers Nuuk.
Entre deux rires, Karen regarde par le hublot, un peu absente. "Je suis sous morphine", s'excuse-t-elle, serrant son bras cassé contre elle.
Son voisin, Arne Steenholdt, 56 ans vient d'être diagnostiqué d'un cancer "vers ici", dit-il en pointant du doigt son ventre.
Vivant dans des communautés éloignées, ils reviennent de l’hôpital de la capitale, le seul à proposer des soins avancés.
Le soir, quand la cantine se vide, Arne regagne sa couchette et tire le rideau contre la lumière qui inonde l'espace commun.
Karen, quant à elle, ne parviendra pas à trouver le sommeil.
- Réchauffement climatique -
Le lendemain, le bateau passe le cercle polaire Arctique.
Dans le fracas des vagues, un matelot balaie la glace qui s'accumule sur le pont. "Il faut s'occuper de la vieille dame", hurle-t-il en parlant du ferry.
D'ordinaire, la navigation ne reprend sous ces latitudes que fin avril, lorsque la côte est libérée de la banquise arrivée du Canada voisin.
Mais en cette année exceptionnellement chaude, le Sarfaq Ittuk a repris ses liaisons mi-février car "la glace est en retard", explique son commandant, Jens Peter Berthelsen.
La côte ouest du Groenland a enregistré en janvier des températures historiquement élevées, jusqu'à 11 degrés au-dessus des normales de saison, selon l'Institut météorologique danois.
Son nez aquilin pointé vers l'horizon, le capitaine Berthelsen est concentré. "Le défi c'est de repérer les icebergs qui n’émergent pas".
Avec le réchauffement climatique, il est devenu difficile de prédire le retour de la banquise.
"Il y a dix, quinze ans, c'était fin septembre mais, maintenant, c'est fin décembre ou janvier", dit-il.
- Essor de l'avion –
Dimanche. La messe en groenlandais résonne dans la cantine, au rythme du tintement des verres. À l'approche d'Ilulissat, le navire brise la fine banquise en formation, tremblant de la coque au pont.
Par la baie, la glace qui ondule dans son sillage a quelque chose de féérique. Mais Ludvig Larsen, lui, s'ennuie.
"J’ai pris le bateau à cause de la météo, ils ont annulé l'hélicoptère". Cet arbitre de 60 ans se rend à Ilulissat pour un tournoi de foot.
Ces dernières années, il a délaissé le ferry pour l'avion, avec lequel il rejoint la capitale des icebergs en 25 minutes. Là, il va passer la journée en mer.
Sur la côte ouest, le réchauffement climatique accroît l'humidité et la brume, causant l'annulation de vols.
Pourtant, le Groenland a pris le risque de basculer vers le tout‑avion : l'aéroport international de Nuuk a ouvert fin 2024, deux autres suivront en 2026 dans le sud et le nord, pour désenclaver les 57.000 habitants de l’île et attirer les touristes.
Faute de financements, le gouvernement doit désormais soit interrompre la liaison en immobilisant le Sarfaq Ittuk en 2027, malgré quelque 22.000 passagers à l’année, soit tenter d'attirer les touristes avec un navire haut de gamme.
Quand on demande à Ludvig s'il craint l'arrêt du ferry, il dit ne s'être "jamais vraiment posé la question".
Par la baie derrière lui, un mur de glace apparaît dans la brume, puis une petite ville se détache de l'immensité blanche : Ilulissat, le terminus du voyage.
En débarquant sur la rade, une jeune fille se précipite en sanglots dans les bras d’une amie. Des enfants se poursuivent en riant. Les touristes mitraillent chaque flocon avec leurs appareils photo.
Les nouveaux voyageurs hissent les bagages par la passerelle.
Sur la proue, le commandant et son équipage dégagent, à grands coups de masse, l’épais écrin de glace qui recouvre le caboteur.
Le soir même, le Sarfaq Ittuk repartira vers le sud.
H.Seidel--BTB