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Assaut du Capitole: le chef d'extrême droite Stewart Rhodes fixé jeudi sur sa peine
La justice américaine doit prononcer jeudi les premières peines contre des militants d'extrême droite reconnus coupables de "sédition" lors de l'assaut du Capitole, à commencer par le chef des Oath Keepers, Stewart Rhodes.
Cet ex-militaire de 57 ans risque d'écoper de la peine la plus lourde liée à l'attaque, le 6 janvier 2021, du siège du Congrès par des partisans de Donald Trump, au moment où les élus certifiaient la victoire de son rival Joe Biden à la présidentielle.
A ce jour, aucune peine n'a dépassé 14 ans de prison, mais les procureurs ont requis 25 ans de réclusion contre Stewart Rhodes qui, selon eux, "a supervisé un complot afin de s'opposer par la force au transfert du pouvoir".
Ses avocats ont pour leur part demandé au juge fédéral Amit Mehta, chargé de ce dossier très suivi, de se contenter d'une peine égale à la durée déjà passée en détention, soit environ 16 mois.
Cette hypothèse paraît peu probable, Stewart Rhodes ayant été reconnu coupable en novembre de "sédition", un chef d'accusation rare et grave, qui implique d'avoir planifié l'usage de la force contre le gouvernement des Etats-Unis.
Sur le millier de personnes arrêtées depuis l'assaut, seuls dix militants de groupuscules d'extrême droite -- six membres des "Oath Keepers" et quatre "Proud Boys" -- ont été jugés coupables de "sédition" à l'issue de trois procès distincts à Washington.
- "Général" -
Après des semaines d'audiences, les jurés ont estimé qu'ils s'étaient préparés, amassant des armes et entrant en formation militaire dans le Capitole pour bloquer l'officialisation de la défaite de Donald Trump.
Et, d'après les procureurs, Stewart Rhodes a joué un rôle moteur.
"Il a joué de son influence (...) et de son art de la manipulation pour convaincre une vingtaine d'autres citoyens américains de faire usage de la force (...) afin d'imposer son résultat préféré à la présidentielle", ont-ils écrit au juge Mehta en amont de l'audience.
Certes, le jour-J, il était resté à l'extérieur du Capitole mais, selon l'accusation, il avait dirigé ses troupes par radio "comme un général sur le champ de bataille".
Lors de son procès, ce tribun, reconnaissable à son cache-oeil noir, a nié "avoir planifié" l'attaque et a soutenu que la "mission" des Oath Keepers était d'assurer la sécurité de la manifestation convoquée par Donald Trump pour dénoncer de prétendues "fraudes électorales".
Soutenant avoir été mis devant le fait accompli, il a estimé "stupide" que Kelly Meggs, qui dirige la section de Floride des Oath Keepers et a lui aussi été reconnu coupable de sédition, soit entré dans le Capitole. "Cela a ouvert la porte à notre persécution politique, et voyez où nous en sommes", avait-il déclaré.
- "Profiter du chaos" -
Ancien diplômé en droit de l'université Yale, ce quinquagénaire au parcours sinueux a fondé les Oath Keepers en 2009, en recrutant d'anciens soldats ou policiers, initialement pour lutter contre l'Etat fédéral jugé "oppressif".
Comme d'autres groupes radicaux, cette milice a été séduite par le discours anti-élites de Donald Trump et a totalement adhéré aux allégations de fraudes électorales brandies -- contre toute évidence -- par le républicain.
Dans un argumentaire transmis au juge Mehta, les avocats de Stewart Rhodes ont assuré que les Oath Keepers n'étaient pas d'extrême droite, mais de simples défenseurs "des idéaux américains". Ces "philanthropes" s'étaient déployés dans le passé pour "aider" face au risque d'émeutes après des catastrophes naturelles ou lors de manifestations contre les violences policières, ont-ils plaidé.
"Pour Rhodes, imposer les Oath Keepers dans des situations de crise ne visait pas à aider mais à contribuer et à profiter du chaos", ont rétorqué les procureurs dans un autre document, en réclamant une peine sévère, à valeur "dissuasive".
P.Anderson--BTB