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Cinq Américains libérés par l'Iran sont rentrés aux Etats-Unis
Cinq Américains, dont un qui était détenu par l'Iran depuis huit ans, sont rentrés mardi aux Etats-Unis, grâce à un accord entre Washington et Téhéran facilité par le déblocage de six milliards de dollars de recettes pétrolières iraniennes gelées.
Ils ont atterri à l'aube sur une base militaire près de Washington, selon un responsable américain s'exprimant sous le couvert de l'anonymat.
"Bienvenue chez vous", a réagi Jake Sullivan, le conseiller à la sécurité nationale du président Joe Biden, sur X (ex-Twitter), en publiant une photo des ressortissants américains libérés accompagnés de diplomates dans l'avion qui les conduisait vers les Etats-Unis.
D'autres clichés ont montré les ex-détenus, tout sourire, embrasser leurs proches sur la base militaire de Fort Belvoir en Virginie.
"Cela fait vraiment du bien de pouvoir dire que nos concitoyens sont maintenant libres", s'était félicité lundi le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken, en justifiant à nouveau l'accord avec Téhéran, très critiqué aux Etats-Unis par l'opposition républicaine.
Joe Biden a eu une conversation "pleine d'émotion" avec les familles de ces Américains, a aussi fait savoir la Maison Blanche.
- Escale à Doha -
Les ex-prisonniers américains, dont un détenu depuis huit ans, et deux membres de leur famille avaient quitté Téhéran lundi matin à bord d'un vol qatari pour Doha où ils ont fait escale avant de décoller pour les Etats-Unis.
Un transfert de fonds iraniens gelés en Corée du Sud, d'un montant de six milliards de dollars, avait par ailleurs été annoncé à Doha, le Qatar ayant été l'un des médiateurs de l'accord, et confirmé par l'Iran.
Ce transfert faisait partie de l'accord, tout comme la libération lundi par les Etats-Unis de cinq prisonniers iraniens.
Parmi les cinq Américains d'origine iranienne libérés figure l'homme d'affaires Siamak Namazi, arrêté en 2015 et condamné à dix ans de prison en 2016 pour espionnage, Morad Tahbaz, qui possède également la nationalité britannique, et Emad Sharqi, un investisseur qui s'était vu infliger une peine de dix ans d'emprisonnement pour espionnage. Les deux autres n'ont pas souhaité être identifiés.
- Relatif apaisement -
Aux yeux de certains experts, cet accord témoigne d'un relatif apaisement des tensions entre l'Iran et les Etats-Unis mais il ne préjuge pas d'un possible accord sur le dossier du nucléaire iranien.
Washington reste "inébranlable dans son engagement à ce que l'Iran ne se dote jamais de l'arme nucléaire", a rappelé mardi Joe Biden à la tribune de l'Assemblée générale de l'ONU à New York.
Son homologue iranien Ebrahim Raïssi a répondu mardi soir, également devant l'Assemblée générale, que les Etats-Unis devraient "mettre un terme" à leur régime de sanctions contre Téhéran, renforcé après l'échec de l'accord international de 2015 sur le programme nucléaire civil de la République islamique.
Cet accord a volé en éclats en 2018 avec le retrait unilatéral par le président américain d'alors, Donald Trump.
Depuis, les "sanctions n'ont pas produit les résultats voulus", a affirmé M. Raïssi dans un discours virulent contre Washington et l'Occident.
La France, qui soutient le principe d'un accord sur le nucléaire iranien et considère que quatre de ses ressortissants sont actuellement détenus arbitrairement en Iran, a néanmoins mis en garde contre le risque de lier les deux questions.
"Nous devons faire attention et distinguer cette question de celle du nucléaire" a souligné la ministre des Affaires étrangères Catherine Colonna, présente à New York.
"Nous ne sommes pas naïfs", a indiqué Charles Michel, président du Conseil européen. "Nous observons la brutale répression" en Iran et "l'usage d'otages par les autorités pour faire pression sur les gouvernements".
"Il y aura des progrès faits vers davantage de stabilité et de sécurité mais nous ne sous-estimons pas le niveau des tensions et des difficultés", a-t-il ajouté.
Les Etats-Unis ont insisté sur le fait qu'il ne s'agissait pas d'un "chèque en blanc" offert à l'Iran et que l'utilisation des fonds iraniens gelés, sous "stricte surveillance", était destinée "à des fins humanitaires" uniquement.
L'argent qui a été "cruellement bloqué jusqu'à maintenant et est actuellement en possession de la République islamique appartient au peuple (iranien) et nous l'utiliserons afin de subvenir aux besoins du peuple", avait déclaré plus tôt M. Raïssi en arrivant à New York.
D.Schneider--BTB