Berliner Tageblatt - Une université de l'Alabama suspend ses fécondations in vitro après une décision judiciaire polémique

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Une université de l'Alabama suspend ses fécondations in vitro après une décision judiciaire polémique
Une université de l'Alabama suspend ses fécondations in vitro après une décision judiciaire polémique / Photo: © Getty/Getty Images/AFP/Archives

Une université de l'Alabama suspend ses fécondations in vitro après une décision judiciaire polémique

Une université de l'Alabama a annoncé mercredi suspendre tous ses traitements relatifs aux fécondations in vitro (FIV) après une décision de la Cour suprême de cet Etat du sud des Etats-Unis estimant que les embryons conservés par congélation devaient être considérés comme des "enfants".

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L'Université d'Alabama à Birmingham (UAB) s'est dite, dans un communiqué, "attristée" de l'impact de cette suspension sur les patients de ses établissements médicaux.

"Mais nous devons évaluer la possibilité que nos patients et nos médecins soient poursuivis pénalement ou soient confrontés à des amendes punitives pour avoir suivi les normes de soin pour les FIV", a-t-elle affirmé.

L'annonce d'UAB intervient quelques jours après la décision de la Cour suprême de l'Alabama de considérer les embryons conservés par congélation comme des "enfants".

Citant à l'appui une loi de 1872 sur les décès de mineurs imputables à une faute, trois couples ont porté plainte contre une clinique pratiquant des fécondations in vitro après qu'un autre patient, en entrant dans un lieu de stockage, eut détruit accidentellement leurs embryons.

Un tribunal avait d'abord écarté la plainte, estimant que les embryons ne pouvaient pas être qualifiés de "personne" ou d'"enfant".

Mais vendredi, avec une majorité de 7 juges contre 2, tous républicains, la Cour suprême de l'Alabama a au contraire estimé que la loi sur les décès infantiles "s'applique à tous les enfants à naître, sans limite".

"Cela s'applique à l'ensemble des enfants, nés ou à naître", écrit ainsi le juge Jay Mitchell dans le texte de la décision, parsemé de références bibliques.

Resolve, la principale association américaine consacrée à l'infertilité, avait déjà prévenu mardi que ce raisonnement pourrait avoir des "conséquences dévastatrices" pour les procédures de fécondation in vitro.

La Maison Blanche a également dénoncé la décision en des termes similaires. "A travers le pays, les femmes en viennent à subir les conséquences dévastatrices des actions des élus républicains", a lancé mardi sa porte-parole, Karine Jean-Pierre. Les démocrates ont fait de la défense du droit à l'avortement l'un de leur cheval de bataille pour les élections de novembre.

Nikki Haley, seule candidate encore en lice pour contester à Donald Trump l'investiture du Parti républicain, a déclaré mercredi soutenir la décision de justice de l'Alabama. "Les embryons sont, pour moi, des bébés", a-t-elle dit à NBC News. "Quand vous parlez d'un embryon (...), pour moi, c'est une vie."

K.Brown--BTB