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Face à Trump, Biden mise sur son grand discours au Congrès pour prendre de l'élan
Ce pourrait être un "point de bascule" de la campagne: Joe Biden, après un "Super Tuesday" qui a scellé le face-à-face avec Donald Trump, essaiera jeudi de prendre son élan vers la présidentielle de novembre lors du discours sur l'état de l'Union.
"Vous m'avez choisi pour faire le boulot, construire une économie qui profite à tout le monde, offrir une vie meilleure aux familles. Demain je vous parlerai de nos progrès et de nos projets", a écrit le président à l'intention de ses compatriotes sur le réseau social X (Twitter), lui qui estime "avoir fait plus en trois ans que la plupart des autres présidents en huit."
Devant le Congrès, Joe Biden entend vanter ses investissements dans les infrastructures, sa défense du droit à l'avortement et ses efforts pour réduire le prix des médicaments et la dette étudiante.
Traditionnellement, la longue allocution - plus de 70 minutes l'an dernier - porte aussi sur la politique étrangère. Le démocrate évoquera certainement l'aide à l'Ukraine, bloquée pour l'heure par les parlementaires républicains auxquels il fera face.
Donald Trump n'aura ni le cadre solennel du Capitole, ni l'attention de millions de téléspectateurs, mais a promis de "corriger" le discours en direct.
- "N'importe où, n'importe quand" -
L'ancien président républicain a surtout réclamé mercredi de débattre "n'importe où, n'importe quand" avec Joe Biden.
C'est à l'automne que se déroulent d'ordinaire les débats entre les candidats démocrate et républicain à la présidentielle, prévue cette année le 5 novembre.
Mais ce scrutin, opposant un président impopulaire de 81 ans à son prédécesseur de 77 ans, inculpé à quatre reprises au pénal, et qui conteste toujours sa défaite en 2020, n'a rien d'ordinaire.
Les sondages montrent que les Américains voudraient d'un autre duel. Pourtant, cela fait des mois qu'il n'y a plus de suspense sur ce nouvel affrontement de Joe Biden et Donald Trump.
Les deux hommes se sont imposés aisément mardi lors du "Super Tuesday", journée concentrant les primaires de nombreux Etats. Leur investiture cet été, lors des conventions républicaine et démocrate, sera, sauf coup de théâtre, triomphale.
- "Mériter les voix" -
Seule encore en lice côté républicain, l'ancienne ambassadrice à l'ONU Nikki Haley s'est retirée mercredi, en prévenant Donald Trump qu'il lui faudrait "mériter" les voix de ses partisans plus modérés - que convoite aussi Joe Biden.
Le républicain, qui pourfend l'immigration en termes violents, traite ses adversaires politiques de "vermine", et multiplie les déclarations incendiaires sur l'Otan, se présente en homme providentiel face au "déclin" de l'Amérique.
Le président démocrate, qui accuse chacune de ses 81 années, veut convaincre qu'il est le rempart de la démocratie américaine et le garant de la prospérité économique.
Le discours sur l'état de l'Union, grand moment de théâtre politique, a rarement des répercussions fracassantes.
Mais cette fois, il "pourrait être un point de bascule" pour Joe Biden, estime la politologue Wendy Schiller.
"Nous vivons une époque anormale, mais les Américains restent des gens normaux. Entre la normalité et la folie, ils choisiront la normalité": voilà, réduit à sa plus pure essence, le pari du président américain, tel que formulé par son conseiller Bruce Reed dans le New Yorker.
- Invités -
Bruce Reed appartient au petit cercle qui s'est retranché le week-end dernier avec Joe Biden dans la résidence de Camp David, pour peaufiner le discours sur l'état de l'Union.
La manière comptera certainement autant que le contenu: l'Amérique guettera le moindre signe de fatigue, le moindre souci d'élocution.
Joe Biden pourrait être interpellé par des élus trumpistes virulents, comme l'an dernier - le président, combatif, était sorti renforcé de l'incident.
La Maison Blanche a chaque année des invités qui incarnent les priorités politiques, dans la loge de la Première dame Jill Biden.
La Texane Kate Cox y prendra place jeudi. Elle avait dû quitter son Etat pour avorter, après avoir appris que le foetus qu'elle portait n'était pas viable.
Joe Biden avait aussi convié Ioulia Navalnaïa, veuve de l'opposant russe Alexeï Navalny, et Olena Zelenska, l'épouse du président ukrainien Volodymyr Zelensky. Aucune des deux femmes n'assistera au discours, a toutefois indiqué la Maison Blanche, sans donner plus d'explications.
B.Shevchenko--BTB