Berliner Tageblatt - "Un Mexique sans impunité": les espoirs des primo-votants à la présidentielle

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"Un Mexique sans impunité": les espoirs des primo-votants à la présidentielle
"Un Mexique sans impunité": les espoirs des primo-votants à la présidentielle / Photo: © AFP

"Un Mexique sans impunité": les espoirs des primo-votants à la présidentielle

"Je rêve d'un Mexique sans impunité", lance Kamila Téllez, 20 ans, qui va voter pour la première fois à la présidentielle du 2 juin, tout comme Ricardo Aceves, 21 ans, qui veut juste un travail qui lui permette de bien vivre dans son pays.

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Ils sont 14,9 millions âgés entre 18-24 ans sur 99 millions d'inscrits au total, selon l'Institut national électoral (INE).

Ils sont nés après 2000, un moment-clé dans l'histoire politique du Mexique. Cette année-là, l'ex-parti dominant du PRI a perdu la présidentielle pour la première fois depuis 70 ans, ouvrant la voie aux alternances et au relatif pluralisme actuel.

"Je rêve d'un pays ou 98 pc des crimes ne restent pas impunis", dit d'une voix grave Karina Téllez, 20 ans, en référence aux immenses failles du système judiciaire dans la lutte contre la narco-violence ou les violences envers les femmes.

Un Mexique "où il n'y ait pas 10 à 11 femmes qui meurent chaque jour pour cause de féminicide", poursuit l'étudiante en philosophie à l'université privée Iberoaméricaine de Mexico.

Elle affirme ne pas faire confiance aux deux candidates, la favorite Claudia Sheinbaum représentant la gauche au pouvoir, et sa rivale de l'opposition Xochitl Galvez, toutes les deux âgées de 61 ans.

L'étudiante dit ne pas accorder de crédit également à l'outsider Jorge Álvarez Máynez, 38 ans, qui encourage les jeunes à voter "pour que personne ne décide à leur place".

- "Que les patrons n'abusent pas du temps de travail" -

Ricardo Aceves, lui, gère une boutique de tennis pour enfants dans Mexico, où il affirme travailler neuf heures par jour, avec un seul jour de repos par semaine.

Il dit souhaiter que les patrons "n'abusent pas du temps de travail, et que le salaire journalier soit plus juste".

Le jeune homme de 21 ans aimerait aussi que ses impôts financent "une nation plus développée" avec des infrastructures. Ricardo vit avec sa grand-mère et sa mère, qu'il aide financièrement.

Un autre jeune électeur, Ricardo Escobar, 20 ans, espère que le Mouvement de la régénération nationale (Morena, gauche) restera au pouvoir.

"Je vais voter pour Claudia (Sheinbaum), parce qu'avec elle, il y aura de l'éducation et des bourses. Ca s'est bien passé pour nous avec le gouvernement actuel", dit-il à l'AFP lors d'un rassemblement vendredi de la candidate de l'opposition Xochitl Gálvez à Atlacomulco, près de la capitale.

"J'ai peur qu'il nous arrive la même chose qu'en Argentine. Sa monnaie a été beaucoup dévaluée. L'économie m’inquiète", ajoute-t-il.

- "Qu'on en finisse avec la drogue" -

Ian Rivera vend des bijoux dans le centre historique de Mexico depuis cinq ans et rêve "que le Mexique soit libre de corruption, qu'on en termine avec la drogue, l'insécurité".

"La drogue, le narcotrafic, l'environnement, tout cela m'inquiète beaucoup", ajoute le jeune homme de 20 ans, qui espère aller vivre aux Etats-Unis, où se trouvent déjà sa mère et sa sœur.

"Il y a beaucoup de pollution ces deux dernières semaines", s'inquiète-t-il au sujet des conséquences de la vague de chaleur dans la capitale.

Biologiste et artiste, comptant plus de 50.000 abonnés à son compte Instagram qu'elle alimente avec des contenus de sensibilisation aux questions environnementales, Sofia Probert, 25 ans, a voté en 2018 pour le président de gauche sortant, Andres Manuel Lopez Obrador.

Elle le regrette aujourd'hui: "En matière d'environnement, ils ont financé des écocides", explique la jeune femme qui fait partie des détracteurs du train Maya, le méga-chantier de 1.500 km du président dans la péninsule du Yucatan.

D'une femme présidente "je pourrais espérer qu'elle puisse être sensible à certains sujets dont l'environnement", dit-elle, mentionnant également la lutte contre les féminicides et la protection de la communauté LGBT+.

En mission hors du Mexique, Sofia ne votera pas cette année, considérant que la politique partisane et électorale n'est pas la seule voie possible d'action et de changement.

E.Schubert--BTB