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L'Australie aux urnes, les travaillistes favoris pour revenir au pouvoir
Les Australiens votent samedi pour élire leur parlement, un scrutin qui pourrait marquer le retour au pouvoir des travaillistes après neuf ans de gouvernement conservateur, mais qui s'annonce serré.
Les bureaux de vote ont ouvert à 08h00 locales (22H00 GMT) et fermeront à 18h00.
Quelque 17,2 millions d'électeurs choisissent les 151 sièges de la Chambre des représentants pour un mandat de trois ans. Quarante des 76 sièges du Sénat sont également renouvelés pour six ans. Le parti ou la coalition qui emportera la majorité à la chambre basse sera automatiquement chargé de former le gouvernement.
Le leader de l'opposition travailliste Anthony Albanese, légèrement favori dans les sondages pour devenir le prochain Premier ministre, a demandé aux électeurs de lui "donner une chance".
"Donnez une chance à ce pays, nous avons des projets", a lancé M. Albanese, qui a décrit l'actuel Premier ministre conservateur Scott Morrison comme "le plus clivant que j'aie jamais vu".
M. Morrison, au pouvoir depuis 2018 et qui brigue un nouveau mandat, semble avoir réduit l'avance des travaillistes dans les sondages ces derniers jours, même s'il apparaît toujours à la traîne.
Il a accusé son rival de faire preuve "d'orgueil démesuré" en se prétendant déjà assuré de l'emporter.
Les deux derniers sondages publiés avant l'élection, jeudi et vendredi, accordaient une avance de six points aux travaillistes, mais l'écart tendait à se resserrer.
Les deux camps tentent de séduire les électeurs qui s'inquiètent de l'augmentation du coût de la vie, avec une inflation annuelle de 5,1% et des salaires qui ne suivent pas en termes réels.
- Enjeu climatique -
Dans un pays marqué par des inondations, des incendies et des sécheresses de plus en plus graves, les travaillistes promettent de faire davantage pour l'environnement.
M. Morrison soutient les industries du charbon et du gaz, et a résisté aux appels mondiaux en faveur d'une réduction des émissions de carbone hormis l'engagement actuel de -28% d'ici 2030.
Le vote est obligatoire en Australie, et les abstentionnistes s'exposent à une amende de 20 dollars australiens (13 euros).
Les responsables électoraux ont modifié à la dernière minute les règles afin de permettre à un plus grand nombre de personnes positives au Covid-19 de voter par téléphone, lors de ce premier scrutin fédéral depuis le début de la pandémie.
Scott Morrison martèle le message qui a fonctionné la dernière fois: on ne peut pas faire confiance aux travaillistes en matière d'économie.
Il s'est vanté des nouvelles données montrant que le taux de chômage australien est tombé à 3,9% en avril, son niveau le plus bas en 48 ans, comme d'une "réussite extraordinaire" qui montre que son plan fonctionne.
Il a qualifié M. Albanese d'"élément fragile" en raison de ses gaffes très médiatisées, notamment son oubli du taux de chômage national devant la presse.
"C'est le genre de choses que les Premiers ministres doivent savoir", a déclaré M. Morrison dans une interview vendredi. "Nous avons vu qu'il n'est pas à la hauteur de la tâche et que cela le dépasse".
M. Albanese a quant à lui promis une action ferme contre la corruption, après l'échec du gouvernement Morrison à mettre en place un gendarme fédéral anticorruption.
Il a qualifié l'administration Morrison de "gouvernement de pacotille le moins ouvert et le moins équitable de l'histoire politique australienne".
Anthony Albanese, 57 ans, est un homme du peuple, élevé dans un logement social de Sydney par une mère célibataire. D'origine italienne de par son père, il serait, s'il était élu, le premier chef de gouvernement australien à ne pas porter un nom anglo-saxon ou celtique.
Mais son adversaire Scott Morrison, 54 ans, est coriace. Il y a trois ans, il avait été réélu en dépit de sondages défavorables, lors de ce qu'il a appelé un "miracle".
C.Meier--BTB