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Pétrole: fin de la "réunion extraordinaire" de l’AIE sans annonce sur les stocks stratégiques
L'Agence internationale de l’énergie (AIE) a tenu une réunion extraordinaire mardi après-midi à Paris afin d'envisager un possible recours aux stocks stratégiques de pétrole pour endiguer la flambée des cours de l'or noir depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient, sans toutefois d'annonce immédiate.
Cette réunion convoquée au siège de l'AIE, à Paris, est destinée à "évaluer la sécurité d'approvisionnement et les conditions du marché", a déclaré Fatih Birol, son directeur exécutif.
Elle "permettra d'éclairer une décision ultérieure" quant à "la mise à disposition éventuelle des stocks d'urgence des pays membres de l'AIE sur le marché", a précisé le patron de l'Agence de l'Energie de l'OCDE avant le début de la réunion.
"Nous avons demandé à l'Agence internationale de l'énergie de commencer à travailler sur des scénarios" et les données sur les stocks afin d'éventuellement "commencer à travailler sur des quantités (de pétrole) qui pourraient être libérées", a indiqué plus tôt le ministre français de l'Economie Roland Lescure.
"L'objectif" du travail mené "sur les réserves stratégiques" est de "s'assurer que, dans des zones où il y a des tensions d'approvisionnement (...), on puisse intégrer le fait que le marché se libère", ce qui va, selon lui, permettre de "faire baisser les cours".
Le ministre s'exprimait après une rencontre à Paris des ministres de l’Energie du G7. Cette rencontre a permis d'examiner "la situation internationale et, naturellement, les difficultés qui se créent avec la fermeture du détroit d'Ormuz", a indiqué le ministre italien de l'Environnement et de la Sécurité énergétique, Gilberto Pichetto Fratin.
Il a ajouté que "les pays se sont engagés à faire preuve de solidarité en utilisant les réserves de stockage afin de compenser le manque de disponibilité au niveau mondial".
La veille, les ministres des Finances du G7, sous présidence française, s'étaient accordés "sur le principe d'utiliser tous les instruments à notre disposition pour stabiliser les marchés, y compris l'utilisation de stocks stratégiques", selon Roland Lescure.
Interrogé en marge du sommet sur le nucléaire civil, qui se tenait en même temps aux portes de la capitale française, Roland Lescure a assuré qu'il n'y a pas d'enjeu d’approvisionnement en Amérique du Nord et en Europe, au contraire de l'Asie, très exposée au pétrole en provenance du détroit d'Ormuz.
"Ca nous a été répété par tous les ministres, en Amérique du Nord, États-Unis, le Canada ou en Europe, nous n'avons aucun enjeu d'approvisionnement", a-t-il expliqué.
"En Asie c'est une autre affaire", a-t-il ajouté en soulignant que "90% des importations de pétrole japonais" passent par le détroit, verrou des exportation en provenance des pays du Golfe.
Selon l’AIE, la situation sur les marchés pétroliers "s'est dégradée ces derniers jours" avec les difficultés de transit dans le détroit d'Ormuz et une part importante de la production pétrolière qui a été réduite".
En 2025, les stocks mondiaux observés ont atteint plus de 8,2 milliards de barils, constituant un "important coussin de sécurité face à d'éventuelles perturbations", selon l'AIE. La planète consomme environ 100 millions de barils d'or noir chaque jour.
Quant aux membres de l'AIE, ils détiennent "plus de 1,2 milliard de barils de stocks publics d'urgence", ainsi qu'"environ 600 millions de barils supplémentaires de stocks détenus par l'industrie sous obligation gouvernementale".
En France, le gouvernement a martelé qu'il n'y avait pas de risque de manquer de pétrole: le pays détient au total l'équivalent de 108 jours d'importations nettes, selon Bercy.
Les prix du brut ont connu de fortes fluctuations en raison des perturbations de l'approvisionnement, bondissant lundi de 30% à près de 120 dollars le baril avant de refluer après une déclaration de Donald Trump affirmant que la guerre avec l'Iran était "quasiment" finie.
Mais les risques persistent. Téhéran a juré mardi que plus aucune goutte de pétrole ne sortirait du Moyen-Orient "jusqu'à nouvel ordre".
Depuis la guerre lancée le 28 février par les Etats-Unis et Israël, la République islamique riposte en ciblant notamment des infrastructures énergétiques.
"Le secteur énergétique du Golfe est touché sur plusieurs fronts: les installations énergétiques sont prises pour cible, les capacités d'exportation via le détroit sont entravées et les capacités de stockage sont saturées", a résumé pour l'AFP Robert Mogielnicki, de l'Institut des Etats arabes du Golfe à Washington.
bur-hrc-nal-dlm/ved/eb
L.Janezki--BTB