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Renforts dans l'ouest de la Syrie après des combats meurtriers
Les forces de sécurité ont envoyé vendredi des renforts et lancé d'importantes opérations de ratissage dans l'ouest de la Syrie après des affrontements sans précédent avec des combattants fidèles à l'ex-président Bachar al-Assad, qui ont fait plus de 70 morts, selon une ONG.
Le rétablissement de la sécurité est le défi le plus urgent pour les nouvelles autorités syriennes, au pouvoir depuis qu'une coalition de groupes rebelles islamistes a renversé Bachar al-Assad le 8 décembre après 13 ans de guerre civile.
Des combats ont éclaté ces derniers jours dans la région de Lattaquié, bastion de la minorité alaouite du président déchu, dans le nord-ouest du pays.
A Jablé, une ville située à une dizaine de kilomètres de Lattaquié, un habitant a raconté que des "batailles urbaines" faisaient rage.
"Pendant la nuit, nous pouvions entendre des tirs et des explosions, alors qu'arrivaient des renforts massifs", a déclaré cet homme, prénommé Ali, joint par l'AFP depuis Damas. "Les gens restent enfermés chez eux. Tout le monde a peur. L'arrivée des véhicules militaires et des convois venus de partout n'a rien de rassurant", a-t-il ajouté.
En 24 heures, les affrontements ont fait 71 morts, dont "35 membres des forces de sécurité et du ministère de la Défense tués par des forces loyales à Assad, ainsi que 32 combattants armés et quatre civils tués par les forces de sécurité", a déclaré l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).
L'OSDH a fait état de "dizaines de blessés" et de prisonniers des deux côtés.
- Couvre-feu -
"De vastes opérations de ratissage ont débuté dans des villes, villages, localités et montagnes environnantes", dans les provinces de Lattaquié et de Tartous, après l'arrivée de renforts militaires, a indiqué vendredi l'agence officielle Sana, citant une source des forces de sécurité.
Cette source a indiqué que cette opération visait des membres "des milices d'Assad et ceux qui les ont soutenues et aidées" et appelé les civils à "rester chez eux".
Le ministère de la Défense a confirmé le déploiement de renforts dans les villes de Lattaquié et de Tartous, plus au sud, "pour rétablir la sécurité".
Le responsable de la sécurité de Lattaquié, Moustafa Kneifati, a affirmé qu'un "grand nombre de patrouilles" et de positions gouvernementales dans la région de Jablé avaient été visées au cours d'"une attaque bien planifiée et préméditée".
Les autorités ont imposé jeudi un couvre-feu à Lattaquié, à Tartous et dans la province de Homs, dans le centre du pays.
A Jablé, les forces de sécurité ont capturé un ancien chef des services de renseignement de l'armée de l'air, l'une des agences de sécurité les plus proches de la famille Assad, selon Sana.
Il s'agit d'Ibrahim Houweïja, "accusé d'avoir commis des centaines d'assassinats à l'époque du criminel Hafez al-Assad", le père et prédécesseur de Bachar al-Assad, a indiqué l'agence.
M. Houweïja, qui a dirigé les services de renseignement de l'armée de l'air de 1987 à 2002, est notamment soupçonné d'avoir assassiné le chef druze libanais Kamal Joumblatt en 1977.
- "Pas de pardon" -
Le directeur provincial de la sécurité a également indiqué que les forces gouvernementales avaient affronté des hommes armés fidèles à un commandant des forces spéciales de l'ère Assad dans un autre village de la région, Beit Aana. Surnommé "Le Tigre", Souheil al-Hassan a été à l'origine d'avancées majeures des forces gouvernementales en 2015, durant la guerre civile.
Après ces affrontements, les dirigeants alaouites ont appelé à des "manifestations pacifiques" en réponse à des frappes d'hélicoptères qui, selon eux, ont visé des "maisons de civils".
Alors que des renforts quittaient jeudi soir la région d'Idleb, un ancien bastion des forces rebelles dans le nord-ouest de la Syrie, des habitants s'y sont rassemblés pour manifester contre les groupes fidèles à l'ancien pouvoir.
"Il n'y a pas de pardon ou de réconciliation avec les restes du régime, car ils n'ont pas cessé de nous tuer de sang-froid", a lancé un manifestant, Talal Homsi.
I.Meyer--BTB