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Corée du Sud: Lee Jae-myung large vainqueur de la présidentielle
Le dirigeant de centre gauche Lee Jae-myung a confortablement gagné la présidentielle de mardi en Corée du Sud, marquée par une participation massive des électeurs désireux de tourner la page après six mois de chaos politique consécutifs à l'éphémère proclamation de la loi martiale.
Selon des résultats officiels portant sur près de 90% des bulletins dépouillés, M. Lee est en tête avec 48,44% des voix contre 42,60% pour son rival conservateur Kim Moon-soo, qui a reconnu sa défaite.
"J'accepte humblement le choix du peuple. Félicitations au candidat élu Lee Jae-myung", a déclaré M. Kim devant la presse à Séoul.
Le nouveau président élu de Corée du Sud, qui prendra ses fonctions dès mercredi, a promis de "ne pas décevoir les attentes du peuple" et a lancé un appel à l'unité de son pays polarisé à l'extrême.
Comme tout le long de sa campagne, M. Lee, qui a frôlé la mort l'an dernier après avoir été poignardé au cou dans la rue par un de ses détracteurs, s'exprimait derrière une vitre pare-balles et protégé par un gigantesque dispositif policier.
- Participation massive -
Les Sud-Coréens ont voté massivement pour mettre fin à une crise politique sans précédent, causée par la tentative ratée du précédent chef de l'Etat, Yoon Suk Yeol, d'imposer la loi martiale six mois plus tôt jour pour jour. Le taux de participation a été de 79,4%, le plus élevé depuis 28 ans.
M. Yoon a été destitué en avril, ce qui a déclenché la présidentielle de mardi. Il est actuellement jugé pour "insurrection", un crime passible de la peine de mort, et pour "abus de pouvoir".
"Plus jamais les armes (...) ne seront utilisées pour intimider le peuple dans le cadre d'un coup d'Etat militaire", a affirmé mercredi M. Lee.
Le président élu a également promis de "poursuivre le dialogue, la communication et la coopération" avec la Corée du Nord, avec qui les relations se sont tendues à l'extrême pendant la présidence de Yoon Suk Yeol.
- Explosion de joie -
L'annonce de la large victoire de Lee Jae-myung a été accueillie par une explosion de joie de ses partisans rassemblés devant le Parlement.
"Le chemin a été difficile", a déclaré à l'AFP Noh Min-young, 20 ans, qui a participé à de nombreuses manifestations pro-démocratie depuis décembre. "Je suis heureuse, j'ai l'impression qu'on a atteint le but pour lequel tant de gens se sont battus ces six derniers mois, en y consacrant leur temps, leur santé et leur argent dans la rue".
S'agissant d'un vote anticipé destiné à combler le vide à la tête de l'Etat, M. Lee sera investi dès que la Commission électorale aura certifié les résultats, tôt mercredi matin. Une sobre cérémonie de prise de fonctions aura lieu en fin de matinée au Parlement.
Les Sud-Coréens espèrent tourner la page après des mois de manifestations massives et une succession inédite de présidents intérimaires.
Les milieux d'affaires, pour leur part, attendent avec impatience l'arrivée d'un président stable pour piloter la quatrième économie d'Asie, très dépendante de ses exportations, dans un environnement troublé par les guerres commerciales du président américain Donald Trump.
L'effarement de l'électorat modéré face à l'épisode de la loi martiale a été déterminant pour la victoire de Lee Jae Myung, estime Vladimir Tikhonov, professeur d'études coréennes à l'Université d'Oslo.
Le Parti démocrate de M. Lee a "renforcé son emprise sur les hommes et femmes modérément conservateurs des zones urbaines, âgés de 30 à 40 ans, qui souhaitent simplement un peu de normalité et une amélioration progressive du système de protection sociale. La tentative de coup d'Etat de Yoon a effrayé ces personnes, et pour le moment, elles ne reviendront pas", a-t-il dit à l'AFP.
Lee Jae-myung s'était distingué le soir de la loi martiale en diffusant en direct sa course effrénée vers le Parlement cerné par l'armée, où il avait réussi à se faufiler avec près de 200 autres députés pour voter une motion faisant échouer le coup de force de M. Yoon.
Les nombreuses poursuites judiciaires dont il fait l'objet, notamment pour des affaires de corruption, ne semblent pas avoir dégoûté les électeurs.
Ces affaires l'avaient pourtant "rendu profondément impopulaire auprès de nombreux électeurs lors de l'élection présidentielle de 2022", a rappelé Minseon Ku, du William and Mary Global Research Institute.
"Son accession à la présidence ne reflète donc peut-être pas sa popularité, mais plutôt les profonds bouleversements politiques que traverse la Corée du Sud", a-t-elle avancé.
F.Müller--BTB