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Canada: Trump, aimable avec Carney, n'offre pas de concessions commerciales concrètes
Donald Trump s'est montré très aimable mardi avec le Premier ministre canadien Mark Carney et a vanté "beaucoup de progrès" dans les difficiles discussions commerciales entre leurs deux pays, mais sans offrir de concessions concrètes.
"Je l'ai bien aimé dès le départ et nous avons une bonne relation. Nous avons un conflit commercial normal mais nous allons probablement régler cela", a dit le président américain dans le Bureau ovale.
S'il a abondamment complimenté son invité, le dirigeant républicain n'a pu s'empêcher de plaisanter à nouveau sur une "fusion" entre les deux pays, un scénario qu'il a plusieurs fois évoqué et que Mark Carney rejette absolument.
"Nous allons obtenir le bon accord" pour le Canada, a dit le Premier ministre, alors que la guerre commerciale menée par l'administration Trump a profondément perturbé les relations bilatérales et fragilisé l'économie canadienne.
Comme la plupart des dirigeants étrangers reçus par l'impulsif Donald Trump, Mark Carney s'est efforcé de le mettre dans de bonnes dispositions. Et ce dès son arrivée à la Maison Blanche, pour sa seconde visite depuis son élection au printemps.
"Je porte du rouge pour vous", a blagué le dirigeant canadien, qui arborait une cravate rouge, en serrant la main du président américain, dont c'est la couleur emblématique.
- Dôme d'or -
Il a aussi qualifié Donald Trump de "président transformateur", et loué ses efforts de médiation dans plusieurs conflits, un sujet de prédilection du milliardaire républicain.
Le président américain a assuré que la discussion mardi porterait aussi sur le bouclier antimissile américain, le "dôme d'or". La semaine dernière, il avait dit que si le Canada devenait le 51ème Etat américain, il "obtiendrait gratuitement" cette protection.
Contrairement à d'autres grands alliés des États-Unis, dont l'Union européenne, le Canada n'a pas encore conclu d'accord commercial global avec son voisin et principal partenaire économique.
L'enjeu est de taille pour le pays, dont 75% des exportations partent vers son voisin du sud, et qui a vu son PIB reculer d'environ 1,5% au deuxième trimestre.
En face, le président américain s'estime en position de force. Il a déjà imposé des droits de douane aux secteurs canadiens du bois d'œuvre, de l'aluminium, de l'acier et de l'automobile. Il a ajouté lundi les poids lourds importés aux États-Unis, taxés à hauteur de 25% dès le 1er novembre.
Et si la grande majorité des échanges reste protégée par l'ACEUM - accord de libre-échange entre les États-Unis, le Canada et le Mexique - celui-ci doit faire l'objet de nouvelles négociations prochainement et Donald Trump souhaite en revoir les termes pour favoriser davantage les industriels américains.
- Pression sur Carney -
Dans ce contexte, l'ancien banquier central, Mark Carney, qui est entré en politique il y a moins d'un an, fait face à des critiques croissantes. Il a mené campagne en expliquant que sa grande expérience de gestion des crises faisait de lui le candidat idéal pour défendre le Canada.
Six mois plus tard, "la pression monte pour au moins obtenir une baisse de certains droits de douane, comme ceux qui pèsent sur l'acier et l'aluminium", explique Daniel Béland, politologue à l'Université McGill de Montréal.
"Mark Carney n'a pas le choix, il doit revenir de Washington avec des progrès", ajoute le professeur, rappelant que le Premier ministre a accepté plusieurs concessions sans rien obtenir en retour pour l'instant.
Fin juin, M. Carney a en effet annulé une taxe ciblant les géants technologiques américains sous la pression de Donald Trump qui l'avait jugée "scandaleuse". Il a également levé une grande partie des droits de douane instaurés par le précédent gouvernement.
L'absence de réaction de Washington à ces gestes d'ouverture a suscité de vives critiques de l'opposition au Canada.
"Si vous ne revenez qu'avec des excuses, des promesses brisées et des séances de photos, vous aurez laissé tomber nos travailleurs, nos entreprises et notre pays", a écrit lundi Pierre Poilievre, le chef de l'opposition conservatrice, dans une lettre à Mark Carney.
L.Dubois--BTB