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Afghanistan/Pakistan: la trêve fragile objet de discussions en Turquie
Kaboul et Islamabad doivent poursuivre vendredi leurs discussions en vue de concrétiser une trêve fragile, au lendemain de tirs à la frontière dont chaque partie a accusé l'autre et ayant fait cinq morts côté afghan.
Ce nouveau cycle de négociations en Turquie doit rendre durable un cessez-le-feu approuvé le 19 octobre au Qatar, qui avait mis fin à une semaine d'affrontements meurtriers.
Mais à peine ces discussions entamées jeudi, le gouvernement taliban a fait état de tirs à Spin Boldak, ville afghane accolée à la frontière et déjà durement touchée lors des précédentes violences.
"Alors qu'un troisième cycle de négociations avec la partie pakistanaise a débuté à Istanbul, malheureusement les forces pakistanaises ont de nouveau ouvert le feu sur Spin Boldak", a accusé Zabihullah Mujahid, porte-parole du gouvernement, affirmant que "par respect pour l'équipe de négociateurs et pour empêcher la perte de vies civiles", l'armée n'avait pas riposté.
Cinq personnes --quatre femmes et un homme, ont été tuées côté afghan, a rapporté jeudi soir à l'AFP un responsable de l'hôpital de district de Spin Boldak.
Islamabad n'a pas commenté ces informations faisant état de victimes mais a affirmé que les tirs avaient été "initiés par le côté afghan, ce à quoi (les) forces de sécurité ont répondu immédiatement de manière mesurée et responsable".
Pour le ministère pakistanais de l'Information, le cessez-le-feu est "intact" et "le Pakistan reste engagé dans le dialogue en cours et attend de même de la part des autorités afghanes".
Vendredi, le calme est revenu à Spin Boldak, selon des correspondants de l'AFP sur place, qui ont vu des maisons légèrement endommagées, le toit transpercé par l'impact de projectiles.
"Nous demandons aux deux gouvernements de faire attention à nous, qu'ils s'accordent sur une trêve et qu'ils éloignent la guerre de nous", a témoigné auprès de l'AFP Nour Mohammed, un habitant de 35 ans.
- Discussions sous tension -
La semaine dernière, les négociations à Istanbul avaient abouti à une impasse.
Les deux voisins s'accusent de ne pas être de bonne volonté dans ce processus et ont mis en garde contre une reprise des hostilités en cas d'échec, observant un mutisme complet sur le contenu des négociations.
La composition des délégations elle-même n'a pas été rendue publique.
D'après la Turquie, qui assure la médiation avec Doha, ces nouveaux efforts doivent permettre de découler sur "un mécanisme de suivi et de vérification garantissant le maintien de la paix et l'application de sanctions à la partie qui la viole".
Au cœur des tensions bilatérales récurrentes: des questions sécuritaires, les deux pays s'accusant mutuellement de soutenir des groupes armés visant le territoire de l'autre, en traversant leur longue frontière poreuse.
Confronté à une résurgence d'attaques contre ses forces de sécurité, Islamabad veut de son voisin afghan des garanties qu'il arrêtera de soutenir ces organisations armées, en tête desquelles les talibans pakistanais (TTP), que Kaboul dément abriter.
Le gouvernement taliban veut que la souveraineté territoriale de l'Afghanistan soit respectée.
Islamabad accuse aussi les autorités talibanes d'agir avec le soutien de l'Inde, son ennemi historique, sur fond de rapprochement entre les deux pays.
D'après l'ONU, cinquante civils ont péri du côté afghan de la frontière en octobre. Au moins cinq personnes sont mortes à Kaboul dans des explosions.
L'armée pakistanaise a de son côté indiqué que 23 de ses soldats avaient été tués, sans évoquer de victimes civiles.
burs-jma/cgo/clr
O.Lorenz--BTB