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Pouvoir d'achat: les députés revalorisent les retraites et prestations sociales
Les députés ont voté mercredi soir la revalorisation de 4% des retraites et des prestations sociales, dans un rare moment d'unanimité depuis le début, laborieux et conflictuel, des débats à l'Assemblée sur le projet de loi en faveur du pouvoir d'achat.
L'article a enregistré 296 voix pour, 103 abstentions et deux votes contre - ces derniers émis par deux députés socialistes.
Cette revalorisation prendra effet dès le 1er juillet 2022, de façon rétroactive, sans attendre la date de revalorisation automatique annuelle.
Dans le détail, sont notamment concernées par cette mesure les pensions de retraite et d'invalidité des régimes de base, déjà revalorisées automatiquement de 1,1% en janvier.
Egalement touchées par cette mesure, les allocations familiales et minima sociaux, à savoir le revenu de solidarité active (RSA), l'allocation aux adultes handicapés (AAH), l'allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa) et les bourses sur critères sociaux pour les étudiants. Certaines de ces prestations sociales avaient déjà augmenté de 1,8% en avril.
Les groupes de l'alliance de gauche Nupes se sont largement abstenus, et LFI a fustigé la mesure. C'est "l'article Ponce Pilate, on s'en lave les mains", selon François Ruffin, un "classique pour justifier l'inaction" sur les hausses de salaires.
Le RN l'a voté même si c'est "terriblement minimaliste", "ne comptez pas sur nous pour en rester là sur les salaires. La question des salaires est votre grand tabou", a estimé Jean-Philippe Tanguy.
Outre ces revalorisations, le projet du gouvernement prévoit des mesures afin d'assurer l'approvisionnement énergétique du pays - sujet promettant de vives discussions avec la gauche.
Les débats, tendus et qui progressent très lentement, doivent se terminer jeudi, les députés devant enchaîner avec le projet de budget rectificatif pour 2022 qui doit assurer le financement et compléter l'arsenal face à l'inflation.
"La bataille sera encore plus acharnée, car il y a là les grands choix budgétaires", pronostique-t-on au groupe PS.
L'Assemblée siègera pour cela jusqu'à samedi soir, voire dimanche, anticipent plusieurs élus, afin d'achever cette première lecture du paquet pouvoir d'achat, et de passer la balle au Sénat, en vue d'une adoption définitive au 7 août.
Aucun amendement de fond n'a été adopté et la gauche a continué à réclamer des augmentations de salaires, dans un dialogue de sourds avec la majorité et LR qui opposent le risque d'une "spirale inflationniste".
- "bon espoir" -
Si les échanges traînent en longueur, ce n'est pas tellement en raison de la majorité relative des macronistes, mais car "le début de législature est propice à ce que chacun veuille s'exprimer et marquer ses positions", relève une macroniste.
En parallèle, les tractations vont bon train. D'abord avec les LR, dont les voix sont précieuses à l'Assemblée comme au Sénat, et qui pourraient permettre à la majorité de ne pas avoir le seul appoint des députés RN.
Un accord est ainsi en vue entre l'exécutif et les députés de droite sur le sujet clé du carburant (dans le budget rectificatif), afin d'augmenter légèrement la ristourne actuelle de 18 centimes le litre, mais en renonçant à l'indemnité carburant pour les travailleurs modestes et les gros rouleurs.
"J'ai bon espoir qu'on arrive à s'entendre", a indiqué le patron des députés LR Olivier Marleix.
Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a aussi assuré que les propositions LR "sur les heures supplémentaires et sur le possible rachat des RTT" étaient "bienvenues".
La gauche Nupes dénonce de son côté l'absence de "compromis" autour de ses propositions. Avec une série de réactions indignées mardi soir quand Christine Le Nabour (LREM) a lancé à l'écologiste Sandra Regol: "Nous n'avons jamais dit que nous voulions faire des compromis avec vous".
Les macronistes affirment pourtant faire preuve d'ouverture, avec des amendements PS adoptés en commission sur le volet énergétique. Et ils vantent le "rassemblement" des forces politiques autour de la déconjugalisation de l'allocation adultes handicapés (AAH), sans tenir compte des revenus du conjoint - mesure refusée sous la précédente législature.
Pas de concorde en revanche sur la taxation des superprofits des grands groupes, idée poussée par la gauche, le RN et même LR et une douzaine de LREM. "Il vaut mieux tout de suite payer son essence moins chère pour partir en vacances" plutôt que "d'espérer le produit d'une taxe dans un an", répond Aurore Bergé.
Le 14 juillet, Emmanuel Macron avait dit "oui" à une contribution mais "pas dans la démagogie".
A.Gasser--BTB