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L'Iran met en garde les autres nations contre "toute action" pouvant étendre la guerre
Sous les bombes israélo-américaines depuis deux semaines, Téhéran a exhorté dimanche les autres nations du monde à s'abstenir de "toute action" pouvant étendre encore davantage la guerre, après un appel américain à sécuriser le stratégique détroit d'Ormuz.
Le détroit, par lequel transite d'ordinaire un cinquième de la production mondiale de pétrole, est bloqué quasi totalement par Téhéran, en représailles aux attaques des Etats-Unis et d'Israël.
Donald Trump a appelé à la rescousse d'autres pays pour le sécuriser et ainsi atténuer la flambée des cours de l'or noir, qui a de lourdes conséquences sur l'économie mondiale.
Le président américain a notamment cité la France comme potentiel partenaire, tout comme la Chine, le Japon, le Royaume-Uni ou la Corée du Sud.
Au cours d'un entretien téléphonique avec son homologue français Jean-Noël Barrot, le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi a appelé à la retenue.
Les autres pays doivent "s'abstenir de toute action pouvant mener à une escalade et à une extension du conflit", a-t-il averti, selon un communiqué de son ministère.
Aucun Etat n'a pour l'heure annoncé se joindre à Washington, qui veut envoyer la marine pour escorter des pétroliers.
Séoul "examine de près" cette demande, a déclaré un responsable de la présidence à l'AFP, tandis que Londres discute "actuellement avec (ses) alliés et partenaires d'un éventail d'options afin de garantir la sécurité du transport maritime dans la région".
Mais le gouvernement britannique a jugé que l'heure était surtout à une "désescalade du conflit".
- Gouffre financier -
En représailles aux frappes israélo-américaines, l'Iran vise depuis le début de la guerre, le 28 février, le Golfe qui abrite des intérêts économiques et militaires des Etats-Unis.
Des déflagrations ont encore été entendues à Bahreïn aux toutes premières heures du jour par deux journalistes de l'AFP. Manama a mentionné l'interception de projectiles, comme l'Arabie saoudite, qui a dit avoir détruit dix drones dans l'est et dans la région de Ryad.
Les attaques sur les infrastructures du Golfe et le blocage d'Ormuz ont fait monter de plus d'un tiers le prix du baril de Brent, la référence mondiale du brut, qui se négocie désormais autour des 100 dollars.
Economiquement, l'opération contre Téhéran est un gouffre pour Washington. La première semaine de guerre lui a coûté plus de 11 milliards de dollars, d'après la presse américaine.
Côté israélien, le gouvernement a approuvé une enveloppe de 827 millions de dollars (721 millions d'euros) pour des achats militaires d'"urgence", selon la presse locale.
Malgré le coût, Donald Trump a de nouveau menacé de s'en prendre, "pour s'amuser", aux sites pétroliers de l'île iranienne de Kharg, dans le Golfe, qui abrite le principal hub d'exportation d'or noir de l'Iran, après une attaque sur ses infrastructures militaires.
En réponse, Téhéran a promis de "réduire en cendres" les sites pétroliers liés aux Etats-Unis dans la région.
L'Iran visera aussi des entreprises américaines si ses infrastructures énergétiques sont bombardées, a averti le chef de la diplomatie.
- Trump contre un accord -
Le président Trump a exclu à ce stade l'hypothèse d'un accord avec l'ennemi iranien.
"L'Iran veut conclure un accord et je ne veux pas le faire parce que les termes de l'accord ne sont pas encore assez bons", a-t-il déclaré dans un entretien avec la chaîne américaine NBC.
Pour lui, ces termes doivent "être très solides" pour déboucher sur un accord et inclure l'engagement de Téhéran à abandonner ses ambitions nucléaires.
Les Etats-Unis et Israël assurent avoir fortement affaibli la République islamique dans leur opération visant à détruire les programmes balistique et nucléaire iraniens, voire faire tomber le pouvoir.
Mais Téhéran continue de viser le sol israélien et a déclaré dimanche avoir ciblé une importante unité de police et un centre de communications par satellite.
L'Iran, dont plusieurs dirigeants ont défilé en plein coeur de Téhéran en signe de défi vendredi, a jusqu'ici rejeté toute discussion pour instaurer un cessez-le-feu.
- Files d'attente à Téhéran -
La vie semble reprendre doucement son cours à Téhéran, malgré l'offensive israélo-américaine.
Des cafés et restaurants, encore fermés ces derniers jours, ont rouvert, ainsi que des commerces non essentiels comme des boutiques d'articles sportifs, ont constaté des journalistes de l'AFP.
Des passagers attendent aux arrêts de bus, qui étaient largement désertés depuis le début de la guerre, et d'autres Téhéranais font la queue devant des distributeurs pour retirer de l'argent.
La guerre a aspiré de nombreux pays de la région.
Mais c'est en Iran et au Liban, pilonné massivement par Israël après des attaques du Hezbollah pro-iranien, qu'ont été recensés la majorité des plus de 2.000 morts, selon les données communiquées par les autorités des pays concernés.
Si Beyrouth veut former une délégation pour négocier avec leur voisin une cessation des hostilités, selon une source officielle à l'AFP, Israël a affirmé qu'aucune discussion directe n'était prévue.
burs-cgo/anb
L.Janezki--BTB