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L'Iran n'a "pas l'intention de négocier" malgré les menaces de Washington
L'Iran n'a "pas l'intention de négocier", a affirmé mercredi son chef de la diplomatie, après que la Maison Blanche a prévenu que Donald Trump "déchaînerait l'enfer" si Téhéran n'acceptait pas un accord pour mettre fin à la guerre.
"Si l'Iran refuse d'accepter la réalité actuelle, s'ils ne comprennent pas qu'ils ont été vaincus militairement (...), le président Trump s'assurera qu'ils soient frappés de manière plus dure qu'ils ne l'ont jamais été", a déclaré la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt.
La porte-parole a assuré que les discussions se poursuivaient, ce que l'Iran dément.
Téhéran n'a "pas l'intention de négocier" mais "de continuer à résister", a affirmé à la télévision d'Etat le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi.
De la part des Etats-Unis, "parler de négociations maintenant revient à admettre une défaite", a-t-il estimé.
Les initiatives diplomatiques se sont multipliées ces derniers jours pour tenter de mettre un terme à une guerre débutée il y a bientôt un mois, qui embrase le Moyen-Orient et menace l'économie mondiale. Sans percée diplomatique jusqu'ici.
Mercredi après-midi, Press TV, branche anglophone de la télévision d'Etat, a affirmé que l'Iran rejetait une "proposition américaine" pour faire taire les armes. Si cette information a été reprise par les autres médias d'Etat iraniens, elle n'a pas été confirmée officiellement par la République islamique.
Il a été transmis à l'Iran par Islamabad, en bons termes avec les deux pays, selon deux hauts responsables pakistanais.
L'Iran veut "mettre la fin à la guerre à ses propres conditions", a souligné le chef de la diplomatie iranienne.
De son côté, le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a averti que les "ennemis" de la République islamique se préparaient à envahir une de ses îles dans le Golfe.
En cas d'invasion terrestre américaine, l'Iran ouvrira un "nouveau front" dans un détroit clé pour le trafic maritime mondial, reliant la mer Rouge au golfe d'Aden, a également prévenu une source militaire citée par l'agence Tasnim.
- "Hors de contrôle" -
Les frappes, de fait, se sont poursuivies sans relâche.
Selon la marine iranienne, des tirs de missiles ont contraint le porte-avions Abraham Lincoln, déployé dans le Golfe, "à changer de position". L'armée américaine n'a pas confirmé.
"Dès que cette flotte hostile entrera dans le rayon d'action de nos systèmes de missiles, elle sera la cible de puissantes frappes", a prévenu le commandant de la marine iranienne, l'amiral Shahram Irani.
Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de Téhéran, ont annoncé des attaques contre le nord et le centre d'Israël, dont la région de Tel-Aviv. Des images de l'AFP ont saisi des traînées de roquettes striant le ciel de la ville côtière de Netanya, tandis que les sirènes d'alerte retentissaient dans le centre du pays.
Des bases militaires américaines en Jordanie et à Bahreïn ont été visées et un réservoir de carburant a pris feu au Koweït après une attaque de drones.
- "Sauver la face" -
Les pays du Golfe ont appelé Téhéran à cesser ses frappes et à leur verser des réparations, lors d'un débat à Genève devant l'ONU.
L'armée israélienne a annoncé pour sa part de nouvelles attaques à Téhéran, frappée quotidiennement depuis quatre semaines.
Israël a aussi déclaré avoir frappé la veille un centre de recherche lié au programme de sous-marins militaires iraniens à Ispahan (centre).
Aucune information n'est disponible sur le ou les dirigeants iraniens en charge des négociations évoquées par Washington.
Donald Trump avait listé mardi, côté Maison Blanche, son émissaire Steve Witkoff, son gendre Jared Kushner, le vice-président JD Vance et le chef de la diplomatie Marco Rubio.
"Il y a une interrogation sur celui qui, dans le système iranien, tient réellement les rênes", souligne à l'AFP Guillaume Lasconjarias, professeur associé à l'université de la Sorbonne.
Selon un diplomate de la région, l'objectif américain est d'obtenir une trêve avant des discussions censées permettre aux parties de "revendiquer une victoire et sauver la face".
"On est dans des pré-négociations. On teste ce qui serait acceptable", explique Guillaume Lasconjarias.
L'attention reste focalisée sur le détroit d'Ormuz, par lequel transite près de 20% de la production mondiale de pétrole. Son blocage quasi total par Téhéran a fait flamber les cours et ralentit l'activité mondiale.
Le chef de la diplomatie iranienne a déclaré que le détroit d'Ormuz est "fermé uniquement aux ennemis".
Londres et Paris organiseront cette semaine une réunion des chefs d'état-major d'une trentaine de pays prêts à s'organiser pour sécuriser le précieux passage, a confirmé à l'AFP une source au ministère britannique de la Défense.
- "Toute ma vie en exil" -
Israël poursuit également son offensive au Liban, notamment au sud, bastion du Hezbollah. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a affirmé que son pays était en train d'élargir la "zone tampon" à l'intérieur du territoire libanais pour "éloigner la menace" du mouvement pro-iranien.
"Tout le monde a peur pour sa maison et sa terre, mais que pouvons-nous faire?", a raconté à l'AFP Mustafa Ibrahim Al Sayed, 50 ans, à Tyr. "Depuis 1978 (date de la première invasion israélienne, NDLR), c'est la cinquième fois que je suis déplacé, j'ai passé toute ma vie en exil".
burx-dla-es/ev
E.Schubert--BTB