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Aux Etats-Unis, les démocrates espèrent une "vague bleue" aux élections de mi-mandat
A l'approche des élections législatives américaines de novembre, les démocrates se montrent de plus en plus optimistes, encouragés par une série de victoires laissant penser que le rejet du président Donald Trump s'étend même aux traditionnels bastions du parti républicain.
"Il semble bel et bien qu'une vague bleue (la couleur du Parti démocrate, ndlr) soit non seulement possible mais probable. Les démocrates continuent de surpasser les attentes et d'accroître leurs avances", affirme Andrew Koneschusky, analyste politique et qui a travaillé pour les démocrates au Sénat.
Si cette tendance persiste, les démocrates peuvent espérer faire basculer 40 sièges républicains, ou plus, sur les 435 en lice à la Chambre des représentants, ajoute-t-il.
Les progrès démocrates ont été évidents cette semaine, notamment en Géorgie (sud).
Lors de l'élection visant à pourvoir le siège de l'ex-députée trumpiste Marjorie Taylor Greene, le candidat démocrate a perdu, mais a réduit de près de 17 points l'écart dans cette circonscription très conservatrice, par rapport à 2024.
Et dans le Wisconsin, un démocrate a remporté la municipalité de Waukesha, bastion républicain.
Ces élections partielles, en dehors des grandes périodes électorales, ne constituent pas des indicateurs fiables, avertissent les analystes. Mais l'ampleur et la régularité de ces mauvais résultats inquiètent les républicains.
- "Polarisée" -
Les démocrates ont amélioré en moyenne leur score de 13 points dans les élections partielles depuis les élections de 2024.
Au niveau des parlements des Etats, ils ont remporté des dizaines de sièges tenus par les républicains tandis que le parti de Donald Trump n'a réussi à en faire basculer aucun.
Parmi les arguments que font valoir les démocrates: Donald Trump a imposé au pays un conflit au Moyen-Orient très impopulaire, qui expose les républicains au mécontentement populaire. Particulièrement avec la hausse des prix à la pompe.
Un effet anti-guerre qui avait déjà poussé les Américains à voter largement pour l'opposition en 2006, après le déclenchement de la guerre en Irak par le républicain George W. Bush.
Cette fois-ci, l'ampleur de la victoire démocrate pourrait être plus mesurée.
"Il y aura une vague bleue, mais elle ne sera pas assez puissante pour surfer dessus", estime l'analyste politique Donald Nieman, qui prédit une majorité démocrate à la Chambre de 10 sièges après novembre.
"La politique américaine reste polarisée, la plupart des électeurs ont déjà choisi leur camp", explique-t-il.
Il chiffre en outre à 60 seulement le nombre de sièges pour lequel un doute existe réellement sur l'issue du scrutin.
Au Sénat, renverser la majorité républicaine devrait s'avérer plus compliqué en raison de la composition des sièges à pourvoir, mais une telle performance ne semble plus hors d'atteinte à gauche.
- "Optimiste" -
Pour Donald Trump, perdre la majorité au Congrès pourrait rendre plus compliquée sa fin de second mandat.
Les démocrates pourraient alors mettre un frein à une grande partie de son programme au niveau national comme international, notamment en limitant ses pouvoirs en matière d'intervention militaire à l'étranger.
Ils pourraient également ouvrir la voie à des enquêtes parlementaires visant l'administration Trump.
Mais pour les experts, un sentiment anti-Trump n'est pas forcément synonyme d'un large soutien à des candidats démocrates. Le Parti républicain continue par exemple de recevoir de larges donations lors de collectes de fonds.
Pour la consultante Caroline Welles, qui travaille pour des candidates démocrates, ces bons scores récemment sont une "raison d'être optimiste".
"Cependant, il faut noter que les élections de mi-mandat auront lieu dans plus de six mois", ajoute-t-elle et "le paysage politique pourrait avoir totalement changé d'ici-là".
Aaron Cutler, qui a travaillé pour les républicains à la Chambre des représentants et est aujourd'hui lobbyiste, a même suggéré que la droite pourrait tout de même remporter les élections de mi-mandat.
Selon lui, il manque "actuellement un message uni chez les démocrates", hormis le rejet des républicains, et l'opposition devrait plutôt tenter de présenter "une vision aux Américains".
P.Anderson--BTB