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L'Iran exclut de rouvrir le détroit d'Ormuz, où il a saisi deux navires
L'Iran a exclu mercredi de rouvrir le détroit d'Ormuz tant que dure le blocus de ses ports par les Etats-Unis, jugeant que Washington ne respectait pas les termes de la trêve, pourtant prolongée unilatéralement par Donald Trump.
La tension reste forte dans le détroit, passage crucial pour le transport mondial d'hydrocarbures et enjeu majeur du conflit déclenché le 28 février par des frappes israélo-américaines sur l'Iran: les Gardiens de la Révolution ont annoncé mercredi y avoir saisi deux navires.
"Un cessez-le-feu complet n’a de sens que s’il n’est pas violé par un blocus naval (...) la réouverture du détroit d’Ormuz est impossible tant que le cessez-le-feu est ouvertement bafoué", a affirmé le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, dans un message sur X.
Côté américain, le président a jugé "possible" une reprise des discussions entre les belligérants dans les prochains jours. "C'est possible!", a-t-il écrit en réponse à un texto d'une journaliste du New York Post, qui l'interrogeait sur la probabilité que des discussions se tiennent dans les prochaines "36 à 72 heures", soit d'ici à vendredi.
Selon les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de l'Iran, deux navires qui essayaient de franchir le détroit "ont été saisis" par leurs forces navales "et dirigés vers la côte iranienne".
Selon Téhéran, les navires doivent obtenir une autorisation pour quitter ou entrer dans le Golfe via le détroit d'Ormuz. Les Etats-Unis bloquent de leur côté l'accès aux ports iraniens depuis le 13 avril.
Un troisième bateau a essuyé des tirs alors qu'il se trouvait à 8 milles nautiques à l'ouest de l'Iran, selon l'agence de sécurité maritime britannique UKTMO, mais il a pu quitter le détroit en direction du port saoudien de Jeddah, selon le site Marinetraffic.
Ces incidents illustrent la précarité de la trêve entrée en vigueur le 8 avril, d'autant que les discussions entre Washington et Téhéran n'ont toujours pas repris.
- Islamabad en attente -
Les pourparlers, qui étaient censés se tenir en début de semaine après une première session le 11 avril, visent à trouver une fin durable à une guerre régionale qui a fait des milliers de morts -essentiellement en Iran et au Liban- et ébranlé l'économie mondiale.
Donald Trump a prolongé sine die le cessez-le-feu avec l'Iran mardi soir, à quelques heures de l'expiration annoncée, afin, a-t-il dit, de laisser davantage de temps aux Iraniens pour joindre les négociations de paix sous l'égide des médiateurs pakistanais.
En attendant, aucune délégation ne s'est encore envolée pour Islamabad.
Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, a dit espérer que les deux parties parviendraient "à conclure un +accord de paix+ lors du deuxième cycle de négociations prévu à Islamabad".
Le porte-parole des Affaires étrangères iraniennes a dit mercredi "apprécier" les efforts du Pakistan pour mettre fin à la guerre, mais sans se prononcer sur la prolongation de la trêve.
M. Trump a en outre affirmé mercredi qu'à sa demande, les autorités iraniennes avaient renoncé à exécuter huit manifestantes anti-gouvernementales, et a assuré que quatre d'entre elles seraient libérées.
Téhéran n'a pas réagi dans l'immédiat. Les autorités de la République islamique avaient démenti mardi que plusieurs femmes soient menacées de la peine de mort.
- Trois morts au Liban -
Sur l'autre front principal de la guerre, trois personnes ont été tuées mercredi dans des frappes israéliennes au Liban malgré la trêve qui expire dimanche, et dont Beyrouth va demander la prolongation lors de pourparlers prévus jeudi entre les deux pays à Washington.
"Le Liban demandera l'extension pour un mois de la trêve, le strict respect du cessez-le-feu et l'arrêt par Israël des opérations de dynamitage et de destruction dans les zones où il est présent", a indiqué une source libanaise officielle à l'AFP.
Israël a affirmé avant ces discussions ne pas avoir de "désaccords sérieux" avec le Liban, l'appelant à "travailler ensemble" contre le Hezbollah pro-iranien.
Selon le dernier bilan officiel, au moins 2.454 personnes ont été tuées au Liban en six semaines de guerre.
Par ailleurs, le président français Emmanuel Macron a annoncé mercredi la mort d'un 2e militaire français de la force de paix de l'ONU au Liban, Finul, blessé dans une embuscade samedi au cours de laquelle un premier Casque Bleu français avait été tué. Paris a attribué l'attaque au Hezbollah, ce que le groupe islamiste chiite a nié.
burx-cf/tq/cab
F.Müller--BTB