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Bolivie : les pénuries s'atténuent malgré neuf barrages routiers encore actifs
Les pénuries commençaient à s'atténuer lundi en Bolivie avec la reprise de la circulation sur la plupart des axes routiers, même si neuf barrages restaient actifs au troisième jour de l'état d'exception décrété pour mettre fin à sept semaines de contestation.
Le président de centre droit Rodrigo Paz a décrété samedi la mesure pour tenter de venir à bout des manifestations et des barrages qui ont provoqué de graves pénuries de carburant, de nourriture et de médicaments dans plusieurs villes.
Alors que la Bolivie connaît sa plus grave crise économique depuis plus de quarante ans, une vaste coalition de syndicats, de groupes indigènes et de cultivateurs de coca s'était mobilisée contre le gouvernement.
Le nombre de barrages routiers est passé de 50 à neuf depuis l'instauration de l'état d'exception, qui permet le déploiement de l'armée, restreint le droit de manifester et interdit de bloquer les routes. Au plus fort de la crise, les autorités ont enregistré jusqu'à 100 barrages routiers.
Dans plusieurs villes, la situation revenait progressivement à la normale.
Sur un marché populaire de La Paz, des centaines d'habitants s'approvisionnaient en produits alimentaires arrivés ces dernières heures après la levée des barrages routiers qui ont asphyxié la capitale administrative pendant des semaines.
"Aujourd'hui, la situation est normalisée. Les jours précédents, il y avait quatre pâtés de maisons de file d'attente, mais maintenant c'est plus calme. Nous ne nous battons plus pour acheter", a déclaré à l'AFP Rosa Quispe, une commerçante de 48 ans venue acheter du poulet.
Les derniers points de résistance se concentraient dans le département de Cochabamba, dans le centre du pays, bastion de l'ancien président socialiste Evo Morales (2006-2019).
Le ministre de l'Intérieur Marco Antonio Oviedo a indiqué qu'un plan était en préparation pour permettre l'entrée des forces de sécurité dans le Chapare et les zones où subsistent les derniers foyers de contestation, selon la presse locale. Il a assuré que l'opération serait menée "avec tranquillité et calme".
M. Paz accuse Evo Morales d'être à la tête de la contestation et de recevoir un soutien financier de la part des trafiquants de drogue, sans toutefois fournir de preuves à l'appui.
Le dirigeant indigène et ancien cultivateur de coca vit reclus dans le Chapare, où ses partisans empêchent l'exécution d'un mandat d'arrêt émis dans une affaire de traite présumée d'une mineure. Evo Morales rejette cette accusation et dénonce une persécution politique.
M.Furrer--BTB