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A Athènes, Macron défend le "moment européen" face à l'opposition "farouche" de Trump, Poutine et Xi
Emmanuel Macron a prôné vendredi soir à Athènes un "sursaut" européen face à un "moment unique" avec "un président américain, un président russe et un président chinois" qui, selon lui, sont "farouchement opposés aux Européens".
Le chef de l'Etat français est arrivé en Grèce pour une visite de deux jours destinée à renforcer encore davantage le partenariat de défense avec cet allié-clé en matière navale au moment où la liberté de navigation est entravée dans le Golfe.
La boucle est bouclée ? Lui qui avait prononcé son premier grand discours sur la souveraineté européenne, son cheval de bataille, de la colline de la Pnyx en face de l'Acropole en septembre 2017, a débattu du même sujet avec le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis dans un autre site emblématique du centre historique athénien, l'Agora romaine.
Et sa pertinence, face aux multiples crises auxquelles a été confrontée l'Union européenne en neuf ans, du Covid aux soubresauts imposés par Donald Trump, en passant par les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient.
"Il ne faut pas sous-estimer qu'il s'agit d'un moment unique où un président américain, un président russe et un président chinois sont farouchement opposés aux Européens", a lancé Emmanuel Macron. "C'est le bon moment pour un sursaut de notre part", a-t-il estimé.
S'il a semblé mettre Donald Trump, Vladimir Poutine et Xi Jinping dans la même catégorie des opposants au Vieux Continent, il a aussi souligné que le président des Etats-Unis était toujours un "allié", même s'il n'était pas toujours "fiable" ou "prévisible".
- "Fiable" -
"Ce moment pourrait être le moment européen", a insisté le chef de l'Etat français, réaffirmant, comme il le fait depuis le début de l'année, que l'Union européenne est, par contraste, "fiable" et "prévisible", même si elle doit désormais "devenir une vraie puissance" géopolitique.
A ses côtés, Kyriakos Mitsotakis a mis l'accent sur "l'engagement" des pays de l'UE à se soutenir militairement mutuellement "en cas de possible menace" prévu par le Traité de l'Union européenne.
"C'est un message politique : nous ne nous appuyons pas seulement sur l'Otan mais il y a aussi une forte dimension européenne", a-t-il souligné, se référant à Chypre où, début mars, des bâtiments de guerre européens, en particulier les frégates française Languedoc et grecque Kimon, avaient été déployés lorsqu'une base britannique située sur son territoire avait été touchée par une frappe au début de la guerre au Moyen-Orient.
Samedi, les dirigeants français et grec devraient aborder ce conflit et le double blocus iranien et américain du détroit d'Ormuz qui fragilise l'économie mondiale.
La Grèce, qui dispose d'une des plus importantes marines marchandes dans le monde, accueille en effet le siège de l'opération navale européenne Aspides en mer Rouge.
Emmanuel Macron dit s'en inspirer en partie dans les préparatifs d'une future mission multinationale de sécurisation du détroit d'Ormuz qui serait assurée par des pays "non-belligérants" quand le calme serait revenu.
La France et la Grèce vont entériner la prolongation du partenariat stratégique sur la défense et la sécurité conclu en 2021, qui sera désormais tacitement reconduit.
Dans le cadre de cette coopération, la Grèce, désireuse de renforcer son armée, avait commandé à la France 24 avions de combat Rafale puis trois frégates Belharra pour un montant total de plus de 5,5 milliards d’euros.
Une quatrième frégate avait été ajoutée l'an dernier.
Le président français et le Premier ministre grec se rendront samedi matin sur la première de ces frégates livrée, Kimon.
La Grèce, qui évoque souvent ses tensions avec son grand voisin la Turquie pour expliquer l'achat d'armements, est actuellement l'un des quatre pays de l’Alliance atlantique qui consacrent plus de 3% de leur PIB aux dépenses de défense, derrière la Pologne, l'Estonie et la Lettonie.
Kyriakos Mitsotakis et Emmanuel Macron signeront aussi un nouveau "partenariat stratégique global", pour approfondir la coopération en matière d'économie ou d'innovation.
S.Keller--BTB