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Elections locales au Royaume-Uni, le Labour de Keir Starmer menacé d'un vote sanction
Le Labour de l'impopulaire Premier ministre britannique Keir Starmer risque de subir un vote sanction jeudi lors de scrutins locaux où des millions d'électeurs pourraient se tourner vers le parti d'extrême droite Reform UK et le très à gauche parti des Verts.
Depuis son retour au pouvoir en juillet 2024 après 14 années dans l'opposition, le parti travailliste peine à concrétiser ses promesses de croissance, au moment où le conflit au Moyen-Orient accentue la crise du coût de la vie.
Ces élections constituent un premier test majeur pour Keir Starmer, 63 ans, dont la popularité a sombré après une série de faux pas, revirements et polémiques, suscitant en interne la tentation de le remplacer à Downing Street.
Les bureaux de vote ouvrent à 07H00 locales (06h00 GMT) et ferment à 22H00 (21H00 GMT), avec de premiers résultats attendus dans la nuit, mais surtout au fil de la journée de vendredi.
Plus de 5.000 sièges d'élus locaux sont mis en jeu (sur plus de 16.000) en Angleterre, et les électeurs voteront pour renouveler les Parlements gallois et écossais.
Les sondages annoncent un recul du Labour, qui pourrait perdre jusqu'à 2.000 sièges en Angleterre, et surtout la majorité au Parlement gallois, ce qui serait une première depuis la création de celui-ci en 1998.
Le parti nationaliste de gauche Plaid Cymru y est donné légèrement en tête, selon un sondage Survation dévoilé mercredi, au coude à coude avec Reform UK, au moment où le nombre de migrants clandestins arrivés par la Manche depuis 2018 est sur le point de passer la barre des 200.000.
La progression de la formation anti-immigration confirmerait la tendance d'une fragmentation du paysage politique britannique, longtemps dominé par les travaillistes et conservateurs.
Les Tories menés par Kemi Badenoch pourraient perdre environ 600 sièges en Angleterre et céder des bastions locaux à Reform.
En Angleterre et en particulier à Londres, place forte du Labour, les Verts espèrent d'importants gains, sous l'impulsion de leur nouveau leader Zack Polanski qui a accentué le positionnement à gauche du parti, non sans polémiques.
En Ecosse, le parti indépendantiste SNP, au pouvoir depuis 19 ans, compte conserver la majorité, tandis que les travaillistes risquent de perdre du terrain.
- "Déception" -
Il y a actuellement "un mécontentement envers les deux partis (historiques), qui sont perçus comme ayant échoué au pouvoir", souligne Tim Bale, professeur de sciences politiques de l'université Queen Mary de Londres.
A cela s'ajoute le fait que "Keir Starmer est le réceptacle de la déception, de la désillusion et de la lenteur à concrétiser le changement" promis, note Luke Tryl, directeur du think tank More in Common.
Son action en tant que Premier ministre recueille 70% d'opinions négatives, selon un sondage YouGov du 20 avril.
A l'offensive, le dirigeant travailliste a appelé mercredi les électeurs à choisir "le progrès (...) contre la division et la colère proposée par Reform ou les promesses vides des Verts".
Le Labour a aussi exhumé durant la campagne des propos racistes et complotistes tenus par des candidats de Reform, ainsi que des propos antisémites de certains candidats des Verts. Zack Polanski a dû s'expliquer pour certaines déclarations après une série d'attaques contre la communauté juive ces dernières semaines à Londres.
Mais cela pourrait ne pas suffire à empêcher la désaffection de l'électorat travailliste, déçu par les deux premières années du gouvernement.
Keir Starmer reste fragilisé par l'affaire Peter Mandelson, nommé ambassadeur à Washington malgré ses liens avec le criminel sexuel américain Jeffrey Epstein.
Selon des médias britanniques, des députés Labour envisagent de lui demander de fixer une date pour son départ de Downing Street, sans attendre les législatives prévues en 2029, pour lesquelles Reform domine les intentions de vote.
Certains dans la majorité redoutent toutefois le chaos d'un départ à court terme de Keir Starmer, faute de successeur évident parmi les prétendants évoqués: la représentante de l'aile gauche du parti Angela Rayner, le ministre de la Santé Wes Streeting, ou le maire du grand Manchester Andy Burnham.
O.Krause--BTB