Berliner Tageblatt - Des progrès mais pas d'accord imminent avec Washington, selon Téhéran

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Des progrès mais pas d'accord imminent avec Washington, selon Téhéran
Des progrès mais pas d'accord imminent avec Washington, selon Téhéran / Photo: © AFP

Des progrès mais pas d'accord imminent avec Washington, selon Téhéran

L'Iran a fait état lundi de progrès dans les négociations avec les Etats-Unis pour mettre fin durablement à la guerre mais a écarté l'espoir d'un accord imminent, après des signaux contradictoires au cours des dernières 48 heures.

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Visite à Téhéran du chef de l'armée du Pakistan, médiateur des discussions, contacts diplomatiques tous azimuts dans le Golfe et déclarations positives des deux côtés: la situation, dans l'impasse depuis des semaines, a paru se débloquer samedi. De quoi soulager les marchés où les prix du pétrole ont chuté sous la barre des 100 dollars.

"Il est exact de dire que nous sommes parvenus à une conclusion sur une grande partie des questions en discussion", a commenté lundi le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï.

"Mais de là à dire que la signature d'un accord est imminente, personne ne peut l'affirmer", a-t-il ajouté, accusant Washington d'être versatile.

Donald Trump avait lui aussi auparavant tempéré les espoirs d'une conclusion rapide. "Comme le président l'a dit, il n'est pas pressé, il ne va pas conclure un mauvais accord", a souligné le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio depuis New Delhi.

"Soit nous conclurons un bon accord, soit nous devrons trouver une autre solution", a-t-il insisté, alors que son allié israélien insiste sur la nécessité d'"éliminer entièrement la menace nucléaire" - un point que Téhéran ne veut pas aborder dans l'immédiat.

- Frais de navigation -

Les marchés préfèrent eux retenir les avancées, avec l'espoir d'une réouverture du détroit d'Ormuz, dont le verrouillage par Téhéran depuis le début de la guerre fait flamber les cours de l'or noir.

Le Brent de la mer du Nord, la référence mondiale du pétrole, s'affichait en forte baisse (-5,00%) à 98,36 dollars le baril vers 07H20 GMT, passant sous 100 dollars pour la première fois depuis deux semaines. Et les Bourses européennes ont ouvert dans le vert.

Déclenché le 28 février par une attaque américano-israélienne sur l'Iran, le conflit s'est étendu à une grande partie du Moyen-Orient et a fait des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban où le mouvement pro-iranien Hezbollah a rejoint les hostilités début mars en visant le territoire israélien.

Un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril entre l'Iran et les Etats-Unis, mais l'économie mondiale continue d'être secouée par le quasi blocage d'Ormuz.

Semblant ouvrir la porte à un compromis, l'Iran a parlé lundi de frais pour des "services de navigation", plutôt que des péages, imposés aux navires transitant par le détroit.

Et réclame en échange la levée du blocus américain des ports iraniens, que Donald Trump a dit vouloir maintenir en vigueur "jusqu'à ce qu'un accord soit conclu, certifié et signé".

- Avoirs iraniens et front libanais -

Autre contentieux, le dégel des avoirs iraniens à l'étranger, bloqués en raison des sanctions américaines.

L'Iran réclame une libération d'une partie de ces actifs dès la première étape et l'établissement d'un mécanisme clair pour garantir le déblocage des autres fonds, selon une "source informée" citée par l'agence Tasnim.

Selon elle, des désaccords persistent sur le sujet.

Reste enfin le front libanais du conflit. Selon Téhéran, le cessez-le-feu doit s'appliquer à tous les fronts de la guerre régionale, y compris au Liban, et le Hezbollah a dit être convaincu que son allié ne l'abandonnerait pas.

Mais le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a assuré dimanche que Donald Trump avait réitéré "le droit" d'Israël à se défendre.

Le Liban a été entraîné dans la guerre au Moyen-Orient le 2 mars, après des tirs du Hezbollah sur Israël, en représailles à la mort du guide suprême iranien au premier jour de l'offensive israélo-américaine.

Les frappes israéliennes ont depuis fait plus de 3.100 morts au Liban et déplacé plus d'un million de personnes, selon les autorités.

G.Schulte--BTB