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Xi Jinping veut porter la relation avec la Corée du Nord à "de nouveaux sommets"
Le président chinois Xi Jinping, accueilli en grande pompe en Corée du Nord, a proclamé lundi sa volonté de porter à "de nouveaux sommets" les relations avec son voisin asiatique qui s'affirme aux côtés de la Russie et maintient fermement le cap sur son programme d'armement nucléaire.
M. Xi effectue lundi et mardi la première visite d'un chef d'Etat chinois en Corée du Nord depuis celle qu'il avait faite en 2019.
Si la Chine reste un soutien diplomatique et économique primordial de la Corée du Nord, recluse et soumise à de multiples sanctions de l'ONU, le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un s'est rapproché de la puissance russe, partenaire mais aussi rivale régionale de la Chine. Des soldats nord-coréens ont été envoyés combattre avec les Russes l'armée ukrainienne.
M. Xi devait chercher lors de son séjour à affirmer la prééminence du lien sino/nord-coréen, face au rapprochement Pyongyang/Moscou, mais aussi dans l'éventualité d'une nouvelle tentative américaine d'ouverture en direction de la Corée du Nord, anticipaient les experts.
Le voyage de M. Xi est significativement son premier à l'étranger en 2026 alors que les dirigeants du monde entier, dont les présidents américain et russe il y a quelques semaines, se sont succédé à Pékin ces derniers mois.
M. Xi s'est dit auprès de son hôte prêt à "maintenir une communication stratégique étroite et continuer à guider les relations entre la Chine et la Corée du Nord vers de nouveaux sommets", a rapporté l'agence chinoise Chine Nouvelle.
"Les deux parties devraient renforcer leurs échanges diplomatiques, policiers et militaires etc", a-t-il dit.
Il a exprimé le voeu d'étendre la coopération dans les domaines du commerce, de l'agriculture ou encore des technologies, et de voir s'intensifier les visites mutuelles de Chinois et de Nord-Coréens avec la reprise en 2026 des liaisons ferroviaires et des vols directs d'Air China, après des années de hiatus consécutives à la pandémie de Covid-19.
Le compte rendu publié par Chine Nouvelle ne dit rien sur le programme nucléaire militaire de la Corée du Nord.
Mais "quelles que soient les évolutions de la situation internationale", l'attachement du gouvernement chinois à "l'amitié traditionnelle" entre les deux pays, son soutien à Kim Jong Un et la défense du socialisme, ainsi que sa "détermination à sauvegarder les intérêts communs et l’environnement stratégique favorable de la Chine et de la République populaire démocratique de Corée (resteront) inchangés", a promis M. Xi.
Kim Jong Un avait été en 2025 l'un des hôtes de marque avec le président russe Vladimir Poutine d'une parade militaire grandiose à Pékin.
La Corée du Nord, à son tour, a accueilli M. Xi avec égard et faste. Kim Jong Un et son épouse Ri Sol-ju étaient à l'aéroport à la mi-journée à l'arrivée de Xi Jinping, accompagné de son épouse Peng Liyuan.
Dans la capitale, d'immenses portraits des deux dirigeants dominaient la place Kim Il Sung lors d'une vaste cérémonie de bienvenue, avec rangs de soldats et groupes d'enfants vêtus de costumes colorés, selon des images de la télévision chinoise CCTV.
M. Xi a accompagné Kim Jong Un pour une inspection de la garde d'honneur, tandis qu'une foule en liesse brandissait drapeaux, fleurs et ballons.
Cette visite a lieu alors que les discussions nucléaires entre Pyongyang et Washington restent dans l'impasse.
La veille de la venue de Xi Jinping, l'influente sœur de Kim Jong Un, Kim Yo Jong, a répété qu'il était hors de question d'abandonner l'arme atomique.
Les experts conjecturent sur la possibilité que M. Xi privilégie désormais la stabilité chez son voisin, tampon avec la Corée du Sud alliée aux Etats-Unis, à sa dénucléarisation.
Le président sud-coréen progressiste Lee Jae Myung a estimé lundi que Séoul ne devait pas renoncer à la dénucléarisation de la Corée du Nord.
"La Corée du Nord produit encore des matières nucléaires à l'heure où nous parlons", a dit M. Lee devant la presse.
Les sanctions internationales restreignant les échanges avec Pyongyang "sont imposées dans la mesure du possible. Mais on ne sait pas clairement si la porte est fermée du côté chinois, elle est en tout clairement ouverte du côté russe (...) En d'autres termes, les sanctions ne se révèlent pas très efficaces", a déploré le président sud-coréen.
"La stratégie régionale plus large de la Chine bénéficie d'un État-tampon stable, lourdement armé et aligné, ce qui accapare une partie des ressources militaires des États-Unis et de leurs alliés", déclare à l'AFP Seong-Hyon Lee, chercheur invité au Harvard University Asia Center.
La Corée du Nord est le seul pays lié à Pékin par une alliance militaire officielle et contraignante.
bur-cdl-lal-jug/dsa
K.Thomson--BTB