Berliner Tageblatt - A Aubervilliers, Raphaël Glucksmann refuse l'"esprit de défaite"

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A Aubervilliers, Raphaël Glucksmann refuse l'"esprit de défaite"
A Aubervilliers, Raphaël Glucksmann refuse l'"esprit de défaite" / Photo: © AFP/Archives

A Aubervilliers, Raphaël Glucksmann refuse l'"esprit de défaite"

"Adieu esprit de défaite !" Raphaël Glucksmann a affiché sa détermination à être candidat à la présidentielle samedi lors de son premier meeting à Aubervilliers, appelant les socialistes et les écologistes à le rejoindre.

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L'eurodéputé, qui s'est donné trois mois pour convaincre et se déclarer officiellement candidat à l'élection présidentielle, jouait gros pour tenter de créer une dynamique autour de lui, une semaine après la démonstration de force du leader insoumis Jean-Luc Mélenchon, qui a rassemblé selon ses soutiens 26.000 personnes à Saint-Denis.

Les équipes de Raphaël Glucksmann ont revendiqué de leurs côté entre 3.000 et 4.000 participants, une prouesse selon elles pour un parti qui n'a pas la puissance de frappe des insoumis.

"Dans notre espace politique, personne ne pourra faire mieux", a affirmé le député ex-macroniste Sacha Houlié.

Raphaël Glucksmann, qui défend une ligne sociale-démocrate, pro-européenne et anti-LFI, et figure parmi les favoris sur l'arc social-démocrate avec autour de 12% des intentions de vote, a affirmé d'emblée dans son discours que "le prochain président de la République aura une mission sacrée: redonner à la France sa souveraineté et sa liberté".

Il a notamment promis de faire "de la libération écologique de la France et des Français notre priorité politique, économique, sociale, absolue", fustigeant Emmanuel Macron, qui n'a "rien compris à l'écologie".

Il a également souhaité faire de la souveraineté numérique de la France et de l'Europe "le grand combat anticapitaliste" de la gauche. "Notre ennemi, notre ennemi a un visage. Et il a un nom. Il en a même plusieurs. Il s'appelle Elon Musk (le propriétaire de X), Sam Altman (le patron d'Open AI), Zhang Yiming (cofondateur de ByteDance)", a-t-il lancé.

Celui qui répète à l'envi vouloir reprendre le drapeau français des mains de l'extrême droite a aussi réaffirmé qu'il assumerait "la bataille du patriotisme français jusqu'au bout".

Soupçonné par certains d'un virage vers le centre, il a voulu donner des gages à la gauche, promettant de faire de l'amélioration des conditions de travail et de la hausse des salaires un "thème central de 2027", et d'imposer dans le débat "la taxation des super successions et des plus hauts patrimoines".

Parmi les rares propositions concrètes: la promesse de permettre aux Français modestes "d'avoir accès à une voiture électrique contre un loyer de 100 euros par mois".

- "histoire commune" -

"Gagner en 2027, c'est ça le but. Notre gauche sera à la hauteur de l'histoire. Elle se réunira par delà les doutes, par delà les différences", a-t-il lancé à l'adresse des socialistes et des Écologistes.

L'eurodéputé, qui a porté par deux fois les couleurs du Parti socialiste aux européennes, a notamment multiplié les appels du pied envers son partenaire privilégié, dont il a besoin pour se lancer - sans vouloir pour autant participer à une primaire comme le propose le Premier secrétaire Olivier Faure.

A Aubervilliers, il s'est dit persuadé que "nous n'avons pas encore écrit les plus belles pages de notre histoire commune".

Dans la salle, plusieurs socialistes étaient présents, comme la présidente de la région Occitanie Carole Delga, la sénatrice Laurence Rossignol, le maire de Montpellier Michaël Delafosse - tous opposants d'Olivier Faure et hostiles à une primaire.

On trouvait aussi les anciens ministres Bernard Kouchner et Marisol Touraine, la journaliste Anne Sinclair, ou encore le réalisateur Michel Hazanavicius et sa compagne l'actrice Bérénice Bejo.

Absents: Olivier Faure, tout comme l'ex-président François Hollande, qui se tient en embuscade en cas d'échec de l'eurodéputé, ou le patron des députés socialistes Boris Vallaud, qui a pourtant lancé avec Raphaël Glucksmann une plateforme visant à construire un projet commun pour 2027.

L'autre promoteur de cette plateforme, le sénateur écologiste Yannick Jadot, était lui bien présent malgré les menaces d'éviction de son parti qui pèsent sur lui: "Raphaël est le moins mauvais des candidats à gauche pour porter nos idées. L'enjeu, c'est qu'il devienne le meilleur", a-t-il estimé devant la presse.

E.Schubert--BTB