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Téhéran et Washington vont entrer dans le vif du sujet vendredi, selon l'Iran
Après la conclusion d'un cadre d'accord entre les Etats-Unis et l'Iran, le chef de la diplomatie iranienne a annoncé une probable première séance de pourparlers vendredi, jour où doit être signé le protocole et rouvert le détroit d'Ormuz.
"Vraisemblablement vendredi, dans un lieu qui reste à déterminer (...) un nouveau cycle de négociations entre l'Iran et les Etats-Unis visant à parvenir à un accord final va débuter", a déclaré mardi le ministre Abbas Araghchi.
Après plus de trois mois de guerre qui ont fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, de laborieuses négociations et de multiples volte-face de Donald Trump, les deux camps ont annoncé une entente sur de grandes lignes qui doit être formellement entérinée vendredi.
La signature est prévue en Suisse d'après Téhéran, en présence du vice-président américain JD Vance et du négociateur en chef iranien Mohammad Bagher Ghalibaf.
Les deux hommes ont déjà paraphé le document de manière électronique, tout comme le président américain, qui voulait ainsi "montrer son (...) abnégation à trouver une issue favorable", selon un haut responsable américain.
Le document, dont le contenu devrait être rendu public dans les prochains jours, fait environ "une page et demie" et est "très général", a révélé sur CNN JD Vance - qui avait plus tôt évoqué la possible présence à la cérémonie de Donald Trump, actuellement au sommet du G7 du côté français du lac Léman, à Evian.
- "Répit" -
"Il ne s'agit pas d'une avancée majeure au sens large du terme", résume Ali Vaez, de l'International Crisis Group, dans une tribune au magazine Time. "Il ne rapproche pas les discours américains et iraniens, qui semblent irréconciliables, ne règle pas le différend nucléaire et n'inaugure pas un nouvel ordre régional".
Après des semaines d'attentes déçues, les marchés ont poussé un soupir de soulagement. Les prix du pétrole, qui ont flambé avec la guerre, continuent de baisser mardi, dans l'espoir d'une réouverture complète du détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures.
L'Iran ne compte toutefois pas revenir à la gestion d'avant-guerre et entend facturer des frais liés aux services aux navires.
"Des navires, dont certains chargés de pétrole, commencent à sortir du détroit", s'est réjoui lundi le président américain sur son réseau Truth Social. "Navires du monde entier, mettez les moteurs en marche. Que le pétrole coule à flots!"
En contrepartie, les Etats-Unis ont prévu de lever le blocus naval des ports et côtes iraniens, en place depuis le 13 avril.
- Promesses tenues? -
Au cours des 60 prochains jours, place aux questions les plus épineuses, où les divergences restent fortes: le programme nucléaire iranien et la levée des sanctions américaines qui asphyxient l'économie du pays.
Les Etats-Unis et Israël soupçonnent de longue date la République islamique de vouloir se doter de la bombe atomique, ce qu'elle dément.
Les discussions se dérouleront dans un climat de défiance alors que les précédents pourparlers ont été rompus à deux reprises par des frappes israélo-américaines.
"Nous avons un passif d'engagements non tenus, non appliqués, abandonnés, tout cela est présent dans notre esprit", a averti Abbas Araghchi.
Il a par ailleurs insisté mardi sur l'importance de mettre fin aussi à la guerre au Liban entre les forces israéliennes et le Hezbollah pro-iranien.
En Israël, où l'accord américano-iranien laisse un goût amer, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a prévenu que ses troupes resteraient au Liban, en Syrie et à Gaza "aussi longtemps que nécessaire".
Ailleurs dans la région, cet accord préliminaire a été accueilli avec scepticisme ou optimisme prudent.
A Téhéran, Efran, 18 ans, dit espérer qu'une levée des sanctions américaines permettra enfin de relancer une économie étranglée depuis des décennies, alors que Washington s'est "engagé", selon la diplomatie iranienne, à débloquer des avoirs iraniens gelés à l'étranger.
"Bien sûr, si les Américains tiennent parole et ne reviennent pas sur leurs promesses, comme d'habitude", tempère le jeune vendeur interrogé par l'AFP.
D'autant que l'administration américaine n'a pas confirmé le déblocage de ces avoirs: "Ils ne recevront jamais le moindre dollar du contribuable américain. Jamais", a insisté JD Vance sur Fox News.
Dans ce contexte, le premier match de l'Iran au Mondial-2026 sur le sol américain était empreint d'une forte charge symbolique.
"Oh purée notre drapeau en plein Los Angeles!", s'est exclamé un commentateur de la télévision d'Etat devant le déploiement dans les tribunes du stade d'une immense bannière vert, blanc, rouge, avec le symbole de la République islamique.
burx-anb/apz/
K.Brown--BTB