Berliner Tageblatt - Mostra de Venise : "NAZA", le documentaire choc sur les "mécanismes de mise à mort" israéliens dans la bande de Gaza

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Mostra de Venise : "NAZA", le documentaire choc sur les "mécanismes de mise à mort" israéliens dans la bande de Gaza
Mostra de Venise : "NAZA", le documentaire choc sur les "mécanismes de mise à mort" israéliens dans la bande de Gaza / Photo: © AFP

Mostra de Venise : "NAZA", le documentaire choc sur les "mécanismes de mise à mort" israéliens dans la bande de Gaza

"Il n'y a pas d'innocents à Gaza" : à travers les témoignages de membres des renseignements israéliens, le documentaire choc "NAZA", présenté jeudi à Venise, dévoile les outils technologiques utilisés par l'armée israélienne pour éliminer de façon calculée et systématique des civils palestiniens dans la bande de Gaza.

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Réalisé par les journalistes d'investigation Yuval Abraham et Rachel Szor, déjà co-auteurs du documentaire oscarisé "No Other Land" (2024), "NAZA" - un terme utilisé par l'armée israélienne pour indiquer le nombre de civils censés être tués dans une frappe aérienne -, se fonde sur les témoignages anonymisés de 24 soldats et officiers des services secrets israéliens, filmés de nuit depuis les toits de Tel-Aviv.

Leur voix et leur apparence ont été modifiées, seules leurs silhouettes noires se découpant à l'écran face à Yuval Abraham, 31 ans, qui mène les entretiens.

"Nous voulions entendre, avec le plus de détails possible, à quoi ressemblaient les mécanismes de mise à mort à Gaza, comment ils fonctionnaient", a expliqué le réalisateur à l'AFP.

Ces témoins révèlent comment plusieurs systèmes technologiques, recourant notamment à l'intelligence artificielle, ont permis à l'armée israélienne de localiser, via leurs téléphones, des membres présumés du Hamas et leurs familles, puis de les frapper indistinctement chez eux.

- "Contrôle par les données" -

"Ils abattaient des édifices entiers, ce n'était pas un problème", témoigne l'un des membres des services de renseignement israéliens. "Il n'y avait pas de problème NAZA", assure-t-il.

Pour la co-réalisatrice Rachel Szor, 32 ans, ces témoignages permettent aussi de réaliser à quel point ces agents avaient conscience de ce qui se déroulait dans la bande de Gaza.

"On se représente l’agent du renseignement assis loin de ce qui se passe, ne sachant pas. Mais d’une certaine manière, ils savent énormément", a-t-elle souligné auprès de l'AFP.

"Dans le film, nous montrons comment ils peuvent utiliser un logiciel espion pour ouvrir les téléphones des personnes dans un appartement et entendre ce qui se passe, les derniers instants des enfants, des femmes, des hommes qui vont être bombardés", a-t-elle expliqué.

Via des images d'archives, "NAZA" illustre également comment la surveillance de masse des Palestiniens par Israël, qui gère les infrastructures de télécommunications, a été mise en place bien avant le 7 octobre 2023, date des attaques sans précédent du Hamas contre Israël.

Au cours de ces dernières, 1.221 personnes ont été tuées sur le sol israélien, selon un bilan de l'AFP reposant sur des chiffres officiels israéliens.

"Les Palestiniens vivent sous occupation et sous contrôle israélien et nous imaginons souvent que ce contrôle est uniquement physique. Mais (...) ce contrôle est aussi un contrôle des infrastructures de télécommunications, un contrôle par la surveillance, un contrôle par les données", a insisté Rachel Szor.

Selon un militaire israélien interrogé, jusqu'à 500 personnes ont été tuées dans des frappes israéliennes ayant visé un seul objectif humain : "s'ils veulent qu'il meure, il meurt".

- "Un petit rouage" -

Aux bombardements "ciblés" - avec des systèmes présentant un risque d'erreur de 15% - succède bientôt la mise en place d'une véritable "zone d'annihilation" : "la politique était de tout détruire le plus vite possible", raconte l'un des témoins. Avant de lancer : "Nous avons effacé l'histoire".

"Je pense que beaucoup de politiques, les politiques génocidaires, les crimes de guerre, peu importe comment vous les appelez, ont pour objectif central de pousser les Gazaouis vers les 30% du territoire de (la bande de) Gaza qui ne sont pas encore sous contrôle direct israélien, puis, finalement, hors de la bande de Gaza", a jugé Yuval Abraham.

"Mon rôle est technique", "nous accomplissons la mission", "je n'étais qu'un petit rouage", se défendent la majorité des témoins, expliquant que les unités dans lesquelles ils opèrent relèvent de l'élite de l'armée.

"N’êtes-vous pas en train de décrire un massacre de masse ?", demande Yuval Abraham à l'un des militaires. "C’était un jeu", répond-il.

Plus de 73.000 Palestiniens ont été tués dans la bande Gaza depuis 2023 dans l'offensive israélienne déclenchée en représailles à l'attaque du 7 octobre, rappelle le documentaire.

"Selon certaines estimations, le nombre réel serait bien plus élevé", a affirmé Yuval Abraham, ajoutant que "les massacres de civils à Gaza se poursuivent".

O.Lorenz--BTB