Berliner Tageblatt - La 13e Route du Rhum lancée sous un grand soleil malouin

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La 13e Route du Rhum lancée sous un grand soleil malouin
La 13e Route du Rhum lancée sous un grand soleil malouin / Photo: © AFP

La 13e Route du Rhum lancée sous un grand soleil malouin

Les 115 marins engagés sur la Route du Rhum se sont lancés dimanche, au large de Saint-Malo dans des conditions météo clémentes, à l'assaut de l'Atlantique, pour une traversée en solitaire que les plus rapides pourraient effectuer en un temps record.

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Au coup de canon à 13h02, les voiliers ont commencé à longer la côte bretonne dans du petit temps en direction d'une porte de passage obligatoire située 16 milles (30 kilomètres) plus loin à proximité du Cap Fréhel, où une foule dense était réunie pour les voir partir au large.

"Les conditions sont top, il fait beau, je suis dans les meilleures conditions possibles pour partir et j'essaye de profiter au max. Le vent va nous pousser hors de la Manche, cela va être super agréable", a détaillé dans la matinée Nicolas d'Estais (Café Joyeux) avant de rejoindre son bateau.

Habituellement, les conditions lors des premiers jours de course de la Route du Rhum, qui a lieu tous les 4 ans depuis 1978, sont a minima musclées, au pire épouvantables. En 1986 notamment, le skipper Loïc Caradec avait disparu lors d'une tempête peu après le départ.

Cette année, c'est Tanguy Caradec (Eurvad), 46 ans, qui a été l'un des derniers marins à quitter les pontons pour tenter de terminer la course de son père.

"Il était sur ce même ponton au départ donc ça remue pas mal, je vais faire en sorte que la fin soit un peu plus joyeuse", a déclaré Caradec, très concentré avant d'appareiller, à plusieurs médias et de nombreux supporters venus l'encourager.

La météo s'annonce très bonne pour les 48 premières heures de navigation avec un quasi-tout droit de l'intégralité de la flotte en direction du rocher du Fastnet, puis un seul bord à effectuer jusqu'au nord des Açores.

- "Profiter un max" -

"Ces deux semaines de village ont été géniales. J'aime vraiment ces phases de partage avant les départs de course. Maintenant, c'est bon, il est temps d'y aller et de retrouver notre bulle de solitaire", a lancé Anthony Marchand (Actual) avant d'embarquer.

Depuis le 20 octobre, plus d'un million de personnes ont visité le village de la course, selon les chiffres de l'organisation.

La flotte, mélange de professionnels et d'amateurs, est composée de six catégories de bateaux : des petits monocoques ayant participé à la première édition, aux multicoques volants de dernière génération.

Ce sont ces derniers, les Ultim, des trimarans géants atteignant plus de 90 km/h sur l'eau, qui s'échappaient les premiers vers l'avant de la flotte dimanche.

Ces géants des mers peuvent espérer effectuer la traversée en six jours, quand les voiliers les plus lents mettront près d'un mois pour arriver à Pointe-à-Pitre.

Parmi les favoris, Tom Laperche, 29 ans, s'élance pour sa première grande course en solitaire à bord du SVR Lazartigue, après avoir gagné toutes les courses de préparation depuis un an.

- L'ambition Imoca -

Deux autres bateaux ont suffisamment navigué récemment pour être à même de rivaliser : le Banque Populaire XI d'Armel Le Cléac'h et le Sodebo Ultim 3 de Thomas Coville.

Ces écuries de pointe peuvent établir un nouveau record de traversée, détenu depuis 2022 par Charles Caudrelier (6 jours et 19 heures), également au départ cette année, mais en manque de repères sur un tout nouveau bateau (Maxi Edmond de Rothschild).

"Nous allons tester la fiabilité, les appendices du bateau et sa gestion en solo, a expliqué Caudrelier. Je vais continuer à le découvrir et à le faire progresser pendant la transat, et ce challenge est super intéressant".

Les Ultim étant au mouillage à l'extérieur de la ville depuis vendredi soir, ces quatre skippers sont arrivés très tôt dimanche matin avec leurs proches près d'un embarcadère, pour réaliser un dernier briefing avant d'être emmenés en bateau pneumatique.

Derrière les Ultim, 22 voiliers de la flotte d'Imoca, les monocoques (18 m) du Vendée Globe, affichent de belles ambitions et veulent se tester à deux ans d'un nouveau tour du monde.

Sam Goodchild (Macif), Jérémie Beyou (Charal 2) et Ambrogio Beccaria (Allagrande Mapei), à bord des bateaux les plus performants, peuvent espérer traverser l'Atlantique en 10 jours.

O.Lorenz--BTB