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Pour le Nobel de physique 2025, l'ordinateur quantique n'en est qu'à ses balbutiements
Pour Michel Devoret, prix Nobel de physique 2025 pour ses travaux sur le quantique, le développement de l'ordinateur quantique n'en est encore qu'à ses balbutiements, comme à l'époque des tubes à vide pour les ordinateurs classiques.
"Moi, je vois ça exactement comme l'évolution de l'électronique classique, on est vraiment au début d'une nouvelle technologie", a expliqué Michel Devoret jeudi, lors d'une conférence de presse en marge d'une table ronde sur le quantique organisée par Google, dont il est le directeur scientifique pour la structure Quantum AI.
"On est parti de tubes à vide. Ces ordinateurs fonctionnaient avec quelques milliers de tubes à vide, ça prenait une grande pièce et des kilowatts de puissance, alors que maintenant sur une seule puce électronique on peut avoir des milliards de transistors. Il y aura une évolution absolument similaire avec les circuits quantiques", a-t-il affirmé.
L'ordinateur quantique est un ordinateur qui utilise les propriétés quantiques de la matière. La technologie quantique, encore balbutiante, pourrait notamment révolutionner l'informatique en accroissant de façon exponentielle la vitesse de calcul des machines.
"Il n'y a aucun principe fondamental de la nature qui se met en travers de ce projet. Je suis très optimiste car les physiciens sont très astucieux et finissent par surmonter les obstacles. Mais sur le plan technique, il y a un certain nombre des choses à comprendre et des choses à améliorer", a souligné Michel Devoret.
La course à l'ordinateur quantique commercial, considéré comme la prochaine frontière technologique, mêle des grands groupes de la tech et des entreprises spécialisées.
L'informatique classique repose sur des données stockées sous la forme de bits, qui n'ont que deux états possibles (0 ou 1).
Les ordinateurs quantiques, eux, utilisent des "qubits", briques de base qui ont une infinité d'états possibles pouvant se superposer et s'enchevêtrer.
Plusieurs pistes technologiques sont actuellement développées - circuit supraconducteur, spin, ion, atome neutre - mais "toutes ont actuellement des problèmes", note M. Devoret.
Pour l'instant, le problème est d'arriver "à 1 million de qubits, car on estime que c'est à ce niveau-là qu'on peut réaliser des calculs très importants pour la chimie. On pourrait ainsi partir d'une fonction qu'on cherche à réaliser et comprendre quelle molécule on doit faire pour réaliser cette fonction", ce qui n'est pas possible pour le moment.
Pour les circuits supraconducteurs, une des difficultés "c'est le nombre de fils. Il faut que chaque fil arrive à conduire plus de signaux. On connaît les techniques pour ça mais il faut les appliquer".
Michel Devoret s'exprimait quelques jours après avoir reçu le prix Nobel à Stockholm, "un conte de fées à l'échelle macroscopique", a-t-il souri.
C.Meier--BTB