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Des manifestations limitées se multiplient aux Etats-Unis malgré les sommations de Trump
Les manifestations se multiplient mais restent d'ampleur limitée aux Etats-Unis contre la politique migratoire musclée de Donald Trump, malgré le déploiement de militaires à Los Angeles et la promesse du président de ne jamais laisser "la loi de la rue régner en Amérique".
Après Los Angeles, la petite ville de Spokane, dans l'Etat de Washington, a décrété un couvre-feu dans la nuit de mercredi à jeudi après une manifestation.
Plus de 1.000 personnes ont encore protesté pacifiquement mercredi dans les rues de Los Angeles, qui compte plusieurs millions d'habitants, avant une deuxième nuit de couvre-feu dans le centre-ville imposé par la mairie pour prévenir les pillages et les actes de vandalisme.
"Je dirais qu'en général, tout est sous contrôle ici à Ground Zero", a déclaré à l'AFP Lynn Sturgis, une enseignante à la retraite de 66 ans, devant les bureaux du gouvernement fédéral, épicentre des manifestations dans le centre-ville.
Depuis vendredi dernier, la deuxième plus grande ville américaine est le théâtre de manifestations contre les interpellations d'étrangers en situation irrégulière. Ces protestations sont généralement pacifiques mais sont parfois marquées par des jets de pierre contre la police, d'incendies de véhicules et d'autres violences.
Le phénomène s'est étendu à d'autres villes américaines, mais toujours dans des proportions limitées.
A Seattle, dans l'Etat de Washington, la police a annoncé l'arrestation de huit personnes après l'incendie volontaire d'une benne et des échanges de projectiles. A Tucson, dans l'Arizona, environ 300 personnes ont manifesté et des heurts ont éclaté avec les forces de l'ordre, selon le journal Arizona Republic qui ajoute que trois personnes ont été arrêtées.
D'après une carte établie par CNN, des manifestations ont été recensées dans différents Etats, à Las Vegas, Dallas, Austin, San Antonio, Milwaukee, Chicago, Atlanta, Boston...
Les migrants "ont autant le droit que nous d'être ici, peu importe s'ils sont arrivés légalement ou illégalement", a déclaré à la caméra du Las Vegas Review Journal une manifestante prénommée Apples, en larmes. "Ca me rend malade pour mon petit copain et sa famille, ce sont des réfugiés cubains, ils ont peur d'aller faire les courses, d'aller travailler".
Dans la capitale du jeu, quelques centaines de personnes ont manifesté et la police les a dispersées au moyen de gaz lacrymogène, selon le journal.
A Spokane, ville d'environ 230.000 habitants à l'extrémité est de l'Etat de Washington, la mairie a décrété à son tour un couvre-feu de 21H30 mercredi à 05H00 jeudi (04H30 à 12H00 GMT).
- Deuxième nuit de couvre-feu -
A Los Angeles, où le phénomène a commencé, "le couvre-feu reste en vigueur ce soir", a écrit mercredi sur X la maire démocrate Karen Bass.
Ce déploiement s'est transformé en un enjeu de rivalité politique entre l'administration Trump et l'opposition démocrate. Avec en première ligne M. Newsom, considéré comme un candidat potentiel à la Maison Blanche pour 2028.
Donald Trump ne "laissera jamais la loi de la rue régner en Amérique", a déclaré mercredi la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt.
"La démocratie est attaquée sous nos yeux", avait déclaré mardi Gavin Newson. "La Californie est peut-être la première, mais il est clair que cela ne s'arrêtera pas là".
Le gouverneur de Californie accuse le gouvernement fédéral d'outrepasser ses pouvoirs et a demandé à la justice de suspendre la réquisition de la Garde nationale. Une audience est prévue jeudi à ce sujet devant un tribunal fédéral.
Sur les 4.700 soldats déployés sur le terrain, un millier de membres de la Garde nationale protègent des bâtiments et appuient la police fédérale de l'immigration (ICE), a déclaré le général Scott Sherman, qui commande les opérations.
Les autres, y compris les 700 Marines, sont en cours de déploiement où s'entraînent au maintien de l'ordre, a-t-il précisé.
- "Pas de rois" -
Au Texas, le gouverneur républicain Greg Abbott a ordonné le déploiement de la Garde nationale en vue d'un rassemblement à San Antonio. Ce qui n'a pas empêché des centaines de manifestants de se rassembler près de la mairie de la ville.
Samedi, Donald Trump doit assister à un très inhabituel défilé militaire à Washington, organisé pour célébrer le 250e anniversaire de l'armée américaine, mais qui tombe aussi le jour du 79e anniversaire du président.
Le même jour, un mouvement national baptisé "No Kings" ("Pas de rois") a appelé à des rassemblements dans des centaines de villes à travers le pays pour protester contre la politique de M. Trump.
F.Pavlenko--BTB