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Maroc: 22 morts dans l'effondrement de deux immeubles, dont l'un accueillait une fête
Vingt-deux personnes ont été tuées dans la nuit de mardi à mercredi dans l'effondrement de deux immeubles mitoyens à Fès, grande ville du nord du Maroc, dont l'un accueillait une fête pour une naissance, selon les autorités.
Il s'agit du pire accident de ce type ces dernières années dans le pays.
Aucune explication officielle n'a été avancée au sinistre, et le Parquet de Fès a annoncé l'ouverture d'une enquête.
Mais des riverains ont pointé "la construction anarchique" de quatrièmes ou de cinquièmes étages dans un quartier où il n'est permis de construire que des bâtiments à deux étages.
Les autorités locales ont précisé que les deux immeubles comptaient quatre étages chacun.
Selon le Parquet, l'accident s'est produit peu après 23H00 locales.
"Le premier immeuble était vide, le second accueillait une fête d'+aqiqa+", tradition célébrant l'arrivée d'un enfant dans une famille, a-t-il précisé dans un communiqué.
En milieu d'après-midi, la recherche de survivants ou de victimes était terminée, a affirmé à l'AFP sur place Abdelaziz Makhmakh, commandant régional de la Protection civile.
"Je ne sais pas pourquoi c'est arrivé (...). Mais je suis sûr que les étages supérieurs étaient illégaux. Et ce ne sont pas les seuls bâtiments ici qui comptent des étages construits illégalement. Je crains que ce genre d'incidents ne se reproduise", a-t-il ajouté.
- "Responsabilités" -
"Il y a des constructions presque anarchiques dans cette zone, qui échappent à tout contrôle, alors que c'est un quartier censé être moderne où on a offert des lots de terrains pour reloger des familles qui vivaient dans des bidonvilles!", s'exclame de son côté Bilal Ben Daoued, 20 ans.
"On voit très bien que les conditions de sécurité ne sont pas respectées. Il faut que l'enquête nous explique cela, que les autorités assument leurs responsabilités", ajoute-t-il.
Les autorités locales ont indiqué que selon les indications préliminaires, les deux immeubles avaient été construits en 2006.
Dans la nuit, selon les premières images, une foule de civils s'était rassemblée sur place, tandis que des secouristes transportaient le corps d'une victime, enveloppé dans un sac gris.
Les blessés ont été évacués vers le Centre Hospitalier Universitaire de Fès, a indiqué l'agence de presse officielle MAP.
Le dernier effondrement le plus meurtrier remonte à 2014, quand 23 personnes avaient trouvé la mort dans l'écroulement de trois immeubles à Casablanca, grande ville de l'ouest du pays.
A Fès déjà, en mai dernier, neuf personnes avaient été tuées dans l'effondrement d'un immeuble d'habitation, et une enquête a été ouverte.
La construction "figurait sur la liste des bâtiments menaçant de s'effondrer et avait fait l'objet d'un ordre d'évacuation adressé à ses occupants", avait affirmé une source des autorités locales à l'AFP.
Cinq personnes étaient aussi mortes en février 2024, toujours à Fès, dans l'effondrement d'une maison dans la vieille ville.
Et en 2016, en l'espace d'une semaine, deux enfants avaient péri dans l'effondrement d'une maison à Marrakech (ouest) tandis qu'à Casablanca l'effondrement d'un immeuble de quatre étages avait fait quatre morts et 24 blessés.
M.Ouellet--BTB