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Dermatose: Genevard lundi dans le Sud-Ouest, où des blocages routiers persistent
La ministre de l'Agriculture Annie Genevard va assister lundi "au début de la vaccination" de troupeaux bovins dans le Sud-Ouest, où des éleveurs contestent vigoureusement sa gestion de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) en bloquant toujours plusieurs routes dimanche matin.
Depuis l'apparition d'un premier foyer en France de cette maladie non transmissible à l'homme, en juin en Savoie, la stratégie de l'Etat implique l'abattage de toutes les bêtes des foyers affectés, des restrictions de mouvements des troupeaux et jusqu'ici une "vaccination d'urgence" de tous les bovins dans un rayon de 50 km autour de la zone concernée.
Cette stratégie, défendue par l'alliance syndicale majoritaire FNSEA-Jeunes Agriculteurs, est au contraire dénoncée par la Coordination rurale et la Confédération paysanne, souvent opposées, mais unies contre l'euthanasie généralisée des bêtes des foyers affectés et pour réclamer une large vaccination du cheptel de 16 millions de bovins.
Depuis vendredi soir, leurs militants ont installé des blocages routiers, notamment dans le Sud-Ouest, "choqués" pour beaucoup par les images des gaz lacrymogènes utilisés par les gendarmes en milieu de semaine dans une opération en Ariège pour disperser les éleveurs bloquant aux vétérinaires l'accès de la ferme touchée par le premier cas de DNC dans cette partie du pays.
- Autres motifs de colère -
Non loin de l'Espagne, l'A64 est toujours fermée sur plus d'une centaine de kilomètres. Entre Briscous et Urt, à l'est de Bayonne, des agriculteurs ont installé deux barnums, une plancha et un sapin de Noël au milieu d'une cinquantaine de tracteurs et de grandes remorques, a constaté l'AFP.
Environ 80 tracteurs et 29 bennes, selon la préfecture de Haute-Garonne, sont aussi installés sur les voies au milieu de bottes de foin à Carbonne, point de départ de la grogne agricole de janvier 2024, au sud-ouest de Toulouse.
"On est partis pour passer les fêtes ici", "on ne lèvera pas le camp comme ça," a déclaré à l'AFP Cédric Baron, agriculteur-éleveur de bovins à Montoussin (Haute-Garonne). "On a sept revendications, la dermatose c'est ce qui nous a tous fait bondir, mais ici à Carbonne il n'y a pas que des éleveurs, il y a aussi des céréaliers avec d'autres problématiques "
D'autres dossiers brûlants comme les accords commerciaux du Mercosur et la baisse annoncée du budget de la Politique agricole commune (PAC) européenne alimentent la colère des agriculteurs.
Dimanche matin, Bertrand Venteau, nouveau président de la CR, a une nouvelle fois réclamé la "vaccination de toute la France" et à "épargner les animaux sains des abattages". "C'est maintenant que la vaccination doit se décréter sinon on va avoir un drame dans moins d'un mois parce que je pense que tout le sud de la Loire sera contaminée", a-t-il ajouté.
- Genevard défend le protocole -
"Il faut envisager toutes les conséquences" d'une généralisation de la vaccination, "les conséquences sanitaires, les conséquences de faisabilité, les conséquences économiques," avec le risque d'une fermeture de marchés à l'export, répond la ministre de l'Agriculture.
"On a un protocole qui a très bien fonctionné. Ça marche", a ajouté sur Europe 1 Mme Genevard, assurant que "le virus n'est pas aux portes de chaque élevage".
Un million de bêtes ont déjà été vaccinées pour un coût de 20 millions d'euros, selon le ministère, qui a annoncé samedi la vaccination d'un million de bovins supplémentaires dans le Sud-Ouest, après l'apparition de nouveaux cas cette semaine dans les Pyrénées-Orientales, les Hautes-Pyrénées, en Ariège et Haute-Garonne
"C'est un défi que nous allons relever avec les éleveurs : vacciner dans les temps les plus rapides possible 1 million de bêtes parce que c'est le chemin pour lutter contre la maladie (...) Je vais demain (lundi) assister aux débuts de la vaccination sur ce territoire, comme je l'ai fait d'ailleurs en Savoie, en Haute-Savoie, dans le Jura", a ajouté Mme Genevard.
kal-mla-gm-chv-vgr/gf/asm
K.Brown--BTB