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ALEX BODI ȘI AMBASADORUL REPUBLICII SUDANUL DE SUD, GUM DOMINIC MATIOK, DISCUTĂ LA BERLIN DESPRE POSIBILITATEA ÎNFIINȚĂRII UNUI CONSULAT ONORIFIC LA BUCUREȘTI
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Lula met un frein aux espoirs de réduction de peine de Bolsonaro
Le président brésilien Lula a censuré jeudi une loi adoptée par le Parlement prévoyant une forte réduction de la durée de l'incarcération de son prédécesseur d'extrême droite Jair Bolsonaro, qui purge une peine de 27 ans de prison pour tentative de coup d'Etat.
Les parlementaires pourraient toutefois avoir le dernier mot, ayant la prérogative d'annuler tout veto présidentiel par un vote majoritaire. Le camp Bolsonaro a aussitôt confirmé jeudi qu'il œuvrerait en ce sens.
Ce veto intervient à une date hautement symbolique : il a été signé lors d'une cérémonie officielle marquant le troisième anniversaire des émeutes du 8 janvier 2023.
Ce jour-là, des milliers de partisans de Jair Bolsonaro avaient envahi et saccagé les lieux de pouvoir à Brasilia, une semaine après l'investiture de Luiz Inacio Lula da Silva pour son troisième mandat.
Ils réclamaient une "intervention militaire" pour déloger le président de gauche, tombeur de leur champion lors de la présidentielle d'octobre 2022.
Lors de son discours jeudi au Palais présidentiel de Planalto, saccagé durant ces émeutes, Lula a célébré "le maintien de l'Etat démocratique de droit".
"Le 8 janvier est entré dans notre histoire comme le jour de la victoire de notre démocratie sur ceux qui ont tenté de prendre le pouvoir par la force, au mépris de la volonté populaire exprimée dans les urnes", a déclaré le chef de l'Etat, qui ne fait pas mystère de son intention de briguer un quatrième mandat lors de l'élection présidentielle d'octobre.
- "Persécution politique" -
Il pourrait avoir pour adversaire Flavio Bolsonaro, fils aîné de son prédécesseur, adoubé récemment par son père depuis sa cellule.
"Lula ne veut pas la paix. Nous assistons à une persécution politique flagrante, sélective et injuste", a affirmé ce sénateur de 44 ans sur le réseau social X.
Il a par ailleurs promis de "travailler pour annuler" le veto de Lula au Parlement.
Après avoir signé l'acte de censure de la loi, le chef de l'Etat a descendu la rampe du palais présidentiel pour saluer plusieurs centaines de ses partisans massés à l'extérieur.
Lula a loué le "comportement magistral" de la Cour suprême, qui a condamné Jair Bolsonaro en septembre à l'issue d'un procès historique.
L'ancien président (2019-2022) été reconnu coupable d'avoir conspiré pour se maintenir au pouvoir de façon "autoritaire" après sa défaite face à Lula. Selon ses juges, les attaques de Brasilia faisaient partie de ce plan.
M. Bolsonaro, 70 ans, purge sa peine depuis fin novembre dans les locaux de la police fédérale dans la capitale.
Selon les règles en vigueur actuellement, il pourrait demeurer incarcéré environ huit ans avant de bénéficier d'un éventuel aménagement de sa peine.
Mais le Parlement à large majorité conservatrice a adopté en décembre une loi qui réduirait cette durée d'incarcération effective à un peu plus de deux ans.
- "Aucune grâce ni amnistie" -
Le nouveau texte prévoyait également d'accorder la liberté conditionnelle à des centaines de ses partisans condamnés pour les émeutes du 8 janvier 2023.
Sur les quelque 1.400 personnes condamnées jusqu’à présent pour leur participation à ces émeutes, près de 400 ont reçu des peines de plus de dix ans de prison.
"Les crimes commis contre l'État démocratique de droit (...) sont imprescriptibles et ne peuvent faire l'objet d'aucune grâce ni amnistie", a lancé le ministre de la Justice du gouvernement Lula, Ricardo Lewandowski, lors de son discours durant la cérémonie de jeudi.
En parallèle, la défense de Jair Bolsonaro a réclamé à plusieurs reprises, en vain, qu'il purge sa peine à domicile, en raison de ses problèmes de santé.
Mercredi, il a passé des examens dans une clinique privée de Brasilia après s'être cogné la tête la veille, lors d'une chute dans sa cellule. Ces examens n'ont pas révélé de lésion grave, seulement "un léger traumatisme crânien", selon ses médecins.
L'ancien chef de l'Etat avait déjà été hospitalisé durant plus d'une semaine pour se faire opérer d'une hernie inguinale le jour de Noël. Il était retourné en prison le 1er janvier.
M. Bolsonaro souffre notamment des séquelles d'un attentat à l'arme blanche subi en 2018, qui lui a valu plusieurs opérations lourdes.
C.Kovalenko--BTB