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ALEX BODI ȘI AMBASADORUL REPUBLICII SUDANUL DE SUD, GUM DOMINIC MATIOK, DISCUTĂ LA BERLIN DESPRE POSIBILITATEA ÎNFIINȚĂRII UNUI CONSULAT ONORIFIC LA BUCUREȘTI
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En plein débat sur la fin de vie, l'heure du jugement pour des militants du suicide assisté
Au milieu des débats parlementaires sur la fin de vie, le tribunal correctionnel de Paris rend vendredi son jugement à l'encontre de douze militants radicaux du suicide assisté, qui ont fait de leur procès à l'automne une tribune sur l'aide à mourir.
Agés de 75 à 89 ans, douze adhérents de l'association Ultime Liberté ont été jugés de mi-septembre à début octobre pour avoir, entre août 2018 et novembre 2020, aidé des dizaines de personnes à acheter sur internet du pentobarbital, un barbiturique entraînant une mort rapide et sans douleur.
"Notre objectif n'est pas de faire mourir les gens. C'est de les aider à continuer dans l'avancée de l'âge tout en étant très serein par rapport à la fin, à condition d'avoir cette pilule magique chez soi pour pouvoir arrêter au moment où on le décide, et non pas attendre le diktat médical", déclarait à l'AFP avant l'audience Claude Hury, présidente d'Ultime Liberté et prévenue centrale du procès.
Ces retraités ne sont poursuivis que pour des délits liés au trafic de substances illicites, non pour incitation ou aide au suicide.
Le parquet a requis à leur encontre des peines allant jusqu'à 18 mois de prison avec sursis mais aucune amende, compte tenu du "mobile humanitaire" des militants de cette association, née en 2009 de la scission de la frange la plus radicale de la grande organisation pro-euthanasie ADMD.
Avec son défilé à la barre de médecins ou intellectuels spécialistes du sujet, d'anonymes ayant aidé leurs proches à en finir, le procès a esquissé devant la justice le continent caché de l'aide à mourir pour des malades en grande souffrance. Un acte illégal mais néanmoins pratiqué à travers toute la France, dans le secret des familles, derrière les portes closes de chambres à coucher.
- "Droit à l'aide à mourir" -
Dans un témoignage aussi inattendu que bouleversant, un prêtre est ainsi venu pudiquement confesser à la barre avoir eu recours, à l'encontre du dogme religieux, au suicide assisté pour son père touché par un cancer en phase terminale.
"Il m'avait fait jurer d'abréger ses souffrances lorsque le moment serait venu. Ça a été une double peine pour moi puisque j'ai respecté ma parole. En tant que fils, cela a été très compliqué à vivre. En tant que chrétien et prêtre, c'était presque schizophrénique: +Tu ne tueras pas+", a raconté cet imposant ecclésiastique en soutane noire et col romain, en citant la Bible.
Dressant le parallèle entre le mouvement pour l'aide à mourir et la campagne pour la légalisation de l'avortement au début des années 1970, nombre de témoins ont salué l'avancée législative et sociétale que représenterait selon eux le texte voté en première lecture en mai par l'Assemblée nationale, dont le Sénat débattra fin janvier.
Cette proposition de loi du député MoDem Olivier Falorni créerait un "droit à l'aide à mourir" en France. Elle légaliserait le suicide assisté, et de manière exceptionnelle, l'euthanasie, sans pour autant que ces mots jugés connotés négativement ne figurent dans le texte.
"La mort volontaire fait partie des droits de l'Homme. C'est d'ailleurs un thème très ancien, très traditionnel dans l'histoire de la pensée. La quasi-totalité des philosophes antiques pensait qu'on avait le droit de mettre volontairement fin à ses jours. Le plus réticent d'entre eux, c'est Platon, notamment pour des raisons religieuses", a disserté devant les juges le philosophe André Comte-Sponville.
Très clivant, le combat d'Ultime Liberté va au-delà de la revendication des associations pro-euthanasie traditionnelles d'un "droit à l'aide à mourir" pour les patients en fin de vie et en grande souffrance.
Dans une approche "quasi-libertarienne" de la mort, selon l'expression de la présidente du tribunal au cours des débats, l'organisation revendique le droit à un suicide "serein" pour toute personne en pleine possession de ses moyens, malade ou non.
"Tous les prévenus savaient pertinemment que le pentobarbital était une substance vénéneuse illicite et, insatisfaits de cet état du droit, ils ont choisi de dicter leur propre loi pour permettre l'acquisition et l'importation du pentobarbital sur le territoire national", a fustigé la procureure dans son réquisitoire.
J.Bergmann--BTB