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ALEX BODI ȘI AMBASADORUL REPUBLICII SUDANUL DE SUD, GUM DOMINIC MATIOK, DISCUTĂ LA BERLIN DESPRE POSIBILITATEA ÎNFIINȚĂRII UNUI CONSULAT ONORIFIC LA BUCUREȘTI
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La Chine s'attaque aux gros bonnets des arnaques en ligne
L'extradition en Chine cette semaine de Chen Zhi, patron d'un puissant conglomérat cambodgien, montre la volonté de Pékin de s'attaquer, sous la pression croissante de l'opinion publique, aux magnats des arnaques en ligne qui font fortune en Asie du Sud-Est.
Le ministère chinois de la Sécurité publique a mis en scène dans une vidéo l'arrivée en Chine de Chen Zhi, menotté et la tête recouverte d'un sac noir à sa descente d'un avion, où l'attendaient sur le tarmac des gardes armés vêtus de noir.
Comme si Pékin avait souhaité envoyer un message aux autres dirigeants des grands groupes d'escroquerie disséminés à travers l'Asie du Sud-Est, notamment au Cambodge ou en Birmanie.
Les petites mains qui travaillent à leur compte, souvent sous la contrainte, piègent des internautes à travers de fausses relations amoureuses ou des investissements dans les cryptomonnaies.
Elles ciblaient à l'origine principalement des locuteurs chinois, mais leurs opérations se sont élargies pour extorquer d'énormes sommes d'argent à des victimes du monde entier.
Les travailleurs des centres de cyberarnaque sont parfois volontaires, mais beaucoup sont des victimes de trafic d'êtres humains, piégés et contraints d'oeuvrer sous la menace de la torture.
Face à la colère grandissante de la population chinoise, Pékin, qui exerce une influence économique et diplomatique considérable dans la région, a engagé une répression ayant permis la libération de milliers de travailleurs.
- Sommet de la pyramide -
La Chine concentre désormais son attention sur les chefs au sommet des pyramides criminelles, et Chen Zhi est sa plus grosse prise jusqu'ici.
L'homme d'affaires cambodgien né en Chine a été inculpé en octobre par les autorités américaines, qui affirment que son conglomérat, le groupe Prince, servait de paravent à un "vaste empire de cyberfraude".
Le Cambodge a déclaré l'avoir arrêté à la demande de Pékin, après une enquête conjointe de plusieurs mois avec les autorités chinoises.
"La Chine a agi pour empêcher son extradition vers les Etats-Unis", estime auprès de l'AFP Jacob Sims, expert en criminalité transnationale.
L'extradition soudaine de Chen Zhi depuis le Cambodge, où il entretenait des liens étroits avec les élites politiques, s'inscrit dans la lignée d'un mouvement engagé il y a plusieurs mois.
She Zhijiang, fondateur chinois du groupe Yatai, qui aurait construit un centre d'arnaque à la frontière entre la Thaïlande et la Birmanie, a embarqué menotté dans un vol vers la Chine en novembre après avoir passé trois ans derrière les barreaux à Bangkok.
La Chine avait auparavant prononcé publiquement des peines de mort contre plus d'une douzaine de membres de gangs puissants qui opéraient dans le nord de la Birmanie.
- "Disparaître" -
D'autres arrestations de haut rang pourraient suivre. Le ministère chinois de la Sécurité publique a lancé récemment des mandats d'arrêt contre une centaine de personnes accusées d'être au coeur de l'industrie clandestine.
Jacob Sims estime néanmoins que la situation restera largement en l'état sans une pression "extrêmement forte" de la communauté internationale.
"La grande majorité des centaines de centres d'arnaque du Cambodge fonctionnent avec un fort soutien du gouvernement cambodgien", relève l'expert.
Des responsables cambodgiens ont nié toute implication gouvernementale et affirmé que les autorités locales faisaient leur possible pour lutter contre ces activités.
She Zhijiang a affirmé en prison avoir agi comme espion pour l'agence de renseignement chinoise avant d'être "trahi" par le Parti communiste.
Son avocat a déclaré à l'AFP qu'il avait demandé aux autorités thaïlandaises d'être jugé aux Etats-Unis, plutôt qu'en Chine, par crainte d'être "privé de procédure régulière" et de "disparaître".
"La Chine n'est pas une société ouverte où l'enquête révélera la véritable nature des choses", a déclaré après l'extradition de Chen Zhi l'universitaire cambodgien et ancien ambassadeur Pou Sothirak.
burs-sjc/sdu/alh
J.Horn--BTB