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ALEX BODI ȘI AMBASADORUL REPUBLICII SUDANUL DE SUD, GUM DOMINIC MATIOK, DISCUTĂ LA BERLIN DESPRE POSIBILITATEA ÎNFIINȚĂRII UNUI CONSULAT ONORIFIC LA BUCUREȘTI
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Ouganda: les élections perturbées par des problèmes techniques, internet toujours bloqué
Des problèmes techniques ont perturbé jeudi les opérations de vote pour les élections présidentielle et législatives en Ouganda, où internet est toujours bloqué, faisant craindre de potentielles fraudes.
L'opposition voit dans ces problèmes techniques un acte "délibéré" pour garantir la victoire de Yoweri Museveni, 81 ans dont 40 au pouvoir. La population n'a pas accès au réseau internet, coupé depuis mardi par les autorités. Un important dispositif sécuritaire a en outre été mis en place à travers le pays.
Le principal adversaire de M. Museveni est l'ancien chanteur de raggamuffin devenu homme politique Bobi Wine, 43 ans, qui se présente comme le "président du ghetto", en référence à son quartier natal situé dans un des bidonvilles de la capitale Kampala.
Après avoir voté, encadré d'un important dispositif sécuritaire et d'une foule de supporters, M. Wine - de son vrai nom Robert Kyagulanyi - a pointé du doigt les problème techniques du jour "parmi d'autres irrégularités".
Sur X, il a accusé le gouvernement de "bourrage massif des urnes" et d'avoir arrêté des cadres de son parti à la faveur de la coupure d'internet. Ces informations n'ont pas pu être vérifiée par l'AFP.
Le président Museveni a de son côté accusé jeudi l'opposition d'avoir "bourré les urnes" lors de l'élection de 2021, qu'il a affirmé avoir remporté à "plus de 70%" et non avec 58% des suffrages, comme l'avait déclaré la commission électorale.
Concernant le scrutin de jeudi, il a reconnu que les machines biométriques censées vérifier l'identité des votants connaissaient des difficultés qui ne l'ont pas épargné.
- "Nous épuiser" -
"J'ai mis l'empreinte de mon pouce droit. La machine ne l'a pas acceptée. Alors j'ai mis le gauche. Elle ne l'a pas acceptée", mais "mon visage a été accepté par la machine", a raconté M. Museveni lors d'une conférence de presse en fin de matinée après avoir voté à Rwakitura (ouest).
En milieu de matinée, des journalistes de l'AFP avaient constaté que certains électeurs votaient finalement après une longue attente. De nombreux bureaux de vote ont dû recourir à une vérification manuelle de l'identité des électeurs.
Ces accrocs techniques - potentiellement liés au blocage d'internet - sont "délibérés", s'est indigné David Lewis Rubongoya, secrétaire général de la Plateforme d'unité nationale (NUP) de Bobi Wine, interrogé par l'AFP, martelant que des "voyous" aux ordres de l'Etat ont en outre été "déployés (...) partout" dans la capitale pour dissuader les électeurs de se mobiliser pour l'opposant.
"Ils essaient de truquer l'élection", s'est indigné Respy, une jeune femme d'une vingtaine d'années. "Ils essaient de nous épuiser et de nous faire rentrer chez nous.
Nombre d'observateurs voient dans le scrutin une formalité pour le président Museveni, ex-guérillo âgé de 81 ans qui contrôle totalement l'appareil électoral et sécuritaire. Le vote se déroule dans un climat "marqué par une répression et une intimidation généralisées", a pointé l'ONU.
Au moins 400 partisans de Bobi Wine ont été arrêtés durant sa campagne, selon Amnesty international. L'opposant a pris l'habitude de porter un gilet pare-balles.
L'autre grand chef de l'opposition, Kizza Besigye, qui s'est présenté à quatre reprises contre M. Museveni, a été enlevé en 2024 au Kenya et reste détenu en Ouganda pour des accusations de trahison.
- "Peur" -
Yoweri Museveni reste néanmoins pour beaucoup le "père de la Nation", qui a tiré le pays du chaos politique et économique à l'issue d'une guerre de brousse contre ses rivaux dans les années 1980. Plus de 70% de la population ougandaise a moins de 30 ans et n'a connu que lui au pouvoir.
Malgré des promesses répétées qu'il ne le ferait pas, le gouvernement a coupé l'accès à internet mardi pour une durée indéterminée, présentant la mesure comme un moyen de contenir la "désinformation" et l'"incitation à la violence".
Une dizaine d'ONG se sont également vu intimer l'ordre de cesser immédiatement leurs activités.
En Tanzanie voisine, internet avait été bloqué plusieurs jours à partir du 29 octobre dernier, jour d'élections jugées frauduleuses par des observateurs étrangers. Des manifestations antipouvoir avaient alors été réprimées dans le sang, avec plus de 2.000 personnes tuées selon l'opposition, dans l'opacité la plus totale.
Bobi Wine, qui a été arrêté à plusieurs reprises et torturé en détention militaire avant la présidentielle de 2021 - sa première candidature - a promis des manifestations en cas de fraude électorale.
"Après avoir voté (...) je ne resterai pas ici", a déclaré Irene, une supportrice de Bobi Wine, sans donner son nom de famille, anticipant des violences policières : "J'ai peur."
A.Gasser--BTB