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ALEX BODI ȘI AMBASADORUL REPUBLICII SUDANUL DE SUD, GUM DOMINIC MATIOK, DISCUTĂ LA BERLIN DESPRE POSIBILITATEA ÎNFIINȚĂRII UNUI CONSULAT ONORIFIC LA BUCUREȘTI
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La CGT repart seule en manif jeudi, journée noire attendue à la RATP
La CGT invite de nouveau à faire grève et manifester jeudi, pour les salaires et les retraites, se greffant sur une journée de mobilisation prévue de longue date à la RATP qui devrait générer de fortes perturbations dans les transports franciliens.
La CGT réclame un coup de pouce au Smic, une hausse du point d'indice de la fonction publique, et l'indexation des salaires sur l'inflation.
Interrogé mardi sur BFM Business, le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, a défendu l'augmentation des salaires plutôt que la distribution de primes, promue par le patronat et le gouvernement. "Le salaire c'est tous les mois, c'est des cotisations sociales (...). Les primes (...) c'est +one shot+", a-t-il dit.
La précédente journée de grève et de manifestation, le 27 octobre, en pleines vacances scolaires, avait peu mobilisé: la police avait recensé 14.000 manifestants en province et 1.360 à Paris, la CGT ne donnant pas de chiffre.
Cette fois-ci, Céline Verzeletti, secrétaire confédérale CGT, dit s'attendre avec "150 à 200 points de manifestation" à une mobilisation au moins équivalente à celle du 18 octobre, au plus fort de la grève des raffineries. Il y avait alors eu 107.000 manifestants selon la police (300.000 selon le syndicat), avec des grèves dans le nucléaire et les transports.
A Paris, la manifestation s'élancera de la place de la République en direction de la place de l'Opéra à 14H00, sans Philippe Martinez: en déplacement à Nîmes dans le cadre des élections professionnelles dans la fonction publique prévues début décembre, il y défilera à partir de 14H30.
Si FO, Solidaires et la FSU s'étaient joints à l'appel à manifester le 18, la centrale de Montreuil est cette fois-ci le seul syndicat de salariés à appeler à participer à cette journée au niveau national et interprofessionnel, la FSU et Solidaires appelant seulement localement à rejoindre les cortèges.
Sous couvert d'anonymat, un responsable syndical dit douter de l'utilité de cette journée, alors que les négociations sur les salaires se mènent "dans les entreprises". "On ne veut pas de journées saute-mouton qui ne donnent pas de perspective", dit cette source, pour qui l'urgence est plutôt de voir "comment on va faire sur les retraites" - le projet de réforme du gouvernement devrait être présenté début 2023.
Une approche au plus près du terrain défendue depuis des mois par la CFDT: "Personne ne peut croire qu'une augmentation générale des salaires viendrait après une grande manifestation interprofessionnelle, ça ne marche pas comme ça", a balayé mardi sur Radio Classique son secrétaire général, Laurent Berger.
La FSU a estimé qu'une nouvelle journée de mobilisation sur les salaires était "compliquée à construire" au niveau national, et par conséquent "c'est surtout la RATP qui risque d'être visible", selon son secrétaire général, Benoît Teste.
- "Zéro métro" -
La RATP s'attend de fait à une journée noire, avec un appel à la grève relayé par tous les syndicats qui ont fixé un objectif clair : "zéro métro, zéro RER".
Selon de premières estimations de la régie lundi, le trafic sera "très fortement perturbé" sur le métro et le RER (zone RATP), et "perturbé sur le bus et tramway".
Le mot d'ordre – augmentation des salaires et amélioration des conditions de travail via des recrutements – est fédérateur dans une entreprise où le climat social est fortement dégradé. Le probable futur patron de la RATP, Jean Castex, qui est auditionné mardi et mercredi au Sénat et à l'Assemblée nationale, aura fort à faire pour rétablir le dialogue social.
A la SNCF en revanche, la mobilisation à l'appel de la seule CGT-Cheminots s'annonce limitée. Aucun autre syndicat n'a souhaité suivre le mouvement, après une mobilisation déjà mitigée le 18 octobre.
Interrogé par l'AFP, l'historien Stéphane Sirot, spécialiste du syndicalisme, s'attend à une journée "pas forcément très rassembleuse", avec une CGT "un peu isolée" et dont certaines fédérations sont "plus préoccupées" par l'échéance des élections professionnelles dans la fonction publique. "L'enjeu est de savoir si la CGT va conserver sa première place" dans le public après l'avoir perdu dans le privé au profit de la CFDT, rappelle-t-il.
L.Janezki--BTB