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ALEX BODI ȘI AMBASADORUL REPUBLICII SUDANUL DE SUD, GUM DOMINIC MATIOK, DISCUTĂ LA BERLIN DESPRE POSIBILITATEA ÎNFIINȚĂRII UNUI CONSULAT ONORIFIC LA BUCUREȘTI
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La France veut expulser 44 des 234 rescapés de l'Ocean Viking
Le gouvernement a annoncé mardi qu'au moins 44 des 234 rescapés du navire humanitaire Ocean Viking seraient expulsés vers leur pays d'origine, quatre jours après leur débarquement inédit dans le sud de la France au terme d'un bras de fer diplomatique avec l'Italie.
Depuis leur débarquement dans le port militaire de Toulon vendredi matin, ces personnes repêchées en Méditerranée et auxquelles l'Italie a fermé ses ports ont été transférées vers un centre de vacances de la presqu'île de Giens, dans le Var, transformé en une "zone d'attente" internationale qu'ils n'ont pas le droit de quitter, à l'exception des mineurs isolés pris en charge par l'aide sociale à l'enfance.
Parmi elles, "44 se voient désormais" opposer un refus à leur demande d'asile et "seront reconduites" dans leur pays, a expliqué le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin lors d'une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée, laissant entendre que d'autres personnes pourraient être concernées lorsque tous les profils auront été étudiés.
"Les personnes qui se voient refuser" cette entrée au titre de l'asile "seront reconduites dès que leur état de santé (...) le permettra" vers leur pays d'origine, a souligné le ministre de l'Intérieur.
- "Je veux rester" -
"J'ai déjà pris (...) contact dès hier (lundi) avec mes homologues étrangers pour que ces reconduites à la frontière puissent se faire dans les temps les plus courts possibles", a-t-il ajouté, espérant que ces refoulements seront réalisés d'ici la fermeture de la zone d'attente, "dans une vingtaine de jours".
Gérald Darmanin n'a en revanche pas précisé les nationalités des personnes concernées.
"Il existe un droit de recours" suspensif en cas de refus de cette demande d'asile pour une durée de 48 heures et de 72 heures si le juge est saisi, a commenté auprès de l'AFP Laure Palun, directrice de l'association nationale d'assistance aux frontières pour les étrangers (Anafé).
"Pendant ce délai, les personnes ne peuvent pas être expulsées. Si c'était le cas, il s'agirait d'une violation du principe de non-refoulement et de la convention de Genève", a-t-elle prévenu.
Son association avait déposé à Toulon une requête judiciaire demandant la fin "des privations de liberté" pour ces migrants, rejetée mardi.
Elle réclamait notamment la fermeture de la zone d'attente, créée ad hoc par arrêté préfectoral.
Rencontré par l'AFP au sein du tribunal judiciaire de Toulon, Efun, un Bangladais de 19 ans, attendait mardi la décision d'un magistrat sur la prolongation de son enfermement: "Je veux rester en France, car ici c'est bien, il n'y a pas de problèmes politiques", a-t-il clamé, assurant que son bateau était tombé en panne avant que lui et ses compagnons d'infortune ne soient secourus.
- "Constats alarmants" -
Au sein de la zone d'attente, l'Anafé fait état de "constats alarmants": "Les personnes sauvées par l'Ocean Viking sont victimes de violations de leurs droits fondamentaux" et de "violations du droit d'asile", s'est-elle indignée dans un communiqué qui déplore notamment l'absence d'interprétariat, de suivi psychologique et d'accès à un avocat.
Sur les 234 rescapés, "60 peuvent demander l'asile, notamment des Syriens, des Soudanais, des Erythréens", a par ailleurs indiqué mardi le ministre de l'Intérieur.
Deux tiers des rescapés doivent faire l'objet de relocalisations vers onze autres pays européens, s'est encore félicité le ministre de l'Intérieur.
Le refus du gouvernement italien d'extrême droite de laisser accoster le navire affrété par SOS Méditerranée, au terme d'une errance en mer de près de trois semaines, a fracturé les relations franco-italiennes sur le sujet brûlant de l'immigration, lorsque la France a accepté pour la première fois d'accueillir un navire de sauvetage opérant en Méditerranée centrale.
Emmanuel Macron et son homologue italien Sergio Mattarella ont acté lundi le fait qu'il fallait "que les choses rentrent dans l'ordre et que les deux gouvernements avaient besoin de travailler ensemble car le sujet migratoire ne peut se gérer que s'il y a une coopération entre Européens", a indiqué l'Elysée.
Lundi soir, 188 rescapés étaient toujours dans la zone d'attente, selon la préfecture du Var.
burs-sha-cdc/cel/bat
G.Schulte--BTB