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ALEX BODI ȘI AMBASADORUL REPUBLICII SUDANUL DE SUD, GUM DOMINIC MATIOK, DISCUTĂ LA BERLIN DESPRE POSIBILITATEA ÎNFIINȚĂRII UNUI CONSULAT ONORIFIC LA BUCUREȘTI
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Emotion et interrogations après le meurtre d'un agent du fisc
Les gendarmes poursuivaient mardi leurs investigations à Bullecourt (Pas-de-Calais) après le meurtre lundi soir lors d'un contrôle d'un agent du fisc par un brocanteur, qui s'est ensuite donné la mort, un drame qui a provoqué une vive émotion chez les syndicats et les personnalités politiques.
L'accès au domicile du brocanteur, dans un corps de ferme décati en briques rouges, était bloqué mardi matin par les gendarmes, qui allaient et venaient dans la cour, fouillant notamment un camion, a constaté une journaliste de l'AFP.
La victime, un inspecteur principal des finances publiques de 43 ans, a été retrouvée morte, "probablement à la suite de coups de couteau", selon le parquet d'Arras.
Ce fonctionnaire s'était rendu lundi après-midi au domicile de l'entrepreneur en compagnie d'une inspectrice "pour effectuer une vérification de la comptabilité", et tous deux auraient alors été séquestrés et ligotés par le brocanteur, a-t-il ajouté.
"Très choquée", l'inspectrice a été prise en charge par les secours, mais "ses jours ne sont pas en danger", a précisé le parquet.
Le brocanteur, 46 ans, se serait donné la mort par arme à feu, a indiqué lundi soir le parquet dans un communiqué, sans s'étendre sur ses possibles motivations, mais promettant "un communiqué plus complet" mardi.
La section de recherche de la gendarmerie des Hauts-de-France a été saisie dans le cadre d'une enquête de flagrance pour assassinat.
- "Missions dangereuses" -
"C'est toute la DGFiP (direction générale des Finances publiques) qui est en deuil", a réagi mardi FO-DGFiP dans un communiqué, condamnant un "acte inqualifiable".
"Ce drame vient amèrement rappeler à tous que les agents des finances publiques, en particulier nomades, exercent des missions potentiellement dangereuses", a ajouté le syndicat, qui appelle à "tirer les leçons de cette tragédie pour renforcer concrètement la protection des personnels".
Le porte-parole du gouvernement, Olivier Véran, a lui dénoncé "un drame humain terrible".
"Ce brocanteur a commis un acte le plus terrible qui soit", a-t-il insisté sur CNews. Mais "on ne connaît pas les motivations, si on peut parler de motivations", a-t-il ajouté.
Le ministre des Comptes publics, Gabriel Attal, est attendu mardi à 11H30 à la Direction départementale des finances publiques (DDFiP) d'Arras.
"Cet homme faisait simplement son travail (...) Aujourd'hui, il n'est pas revenu. Il a été tué dans le cadre de ce contrôle fiscal", avait-il affirmé lundi en milieu de soirée devant le Sénat.
- "Choquant" -
Ses collègues de la DDFiP du Pas-de-Calais "et plus largement tous les agents des finances publiques sont ce soir bouleversés et en deuil", avait-il ajouté, évoquant "un drame innommable", avant d'inviter à un moment de recueillement "en son hommage" dans l'hémicycle.
Le brocanteur, divorcé et père de deux enfants, "était arrivé dans le village il y a quatre ans", a affirmé à l'AFP Éric Bianchin, maire de cette bourgade de 250 habitants située au sud d'Arras.
"Il avait acheté une ferme rue de Quéant, où il faisait des ventes chez lui. Il vidait les maisons, les vide-greniers et revendait chez lui", a-t-il ajouté, les yeux humides derrière ses lunettes.
"C'est un petit village, tout le monde se connaît. Je n'ai jamais eu de problème avec lui, il était serviable, c'était une personne lambda. Il était intégré dans le village", a poursuivi le maire.
Selon lui, les habitants "le voyaient très peu", car "il partait très tôt le matin pour son activité".
Accoudé sur un vélo au bout de la rue, René, un habitant qui ne veut pas donner son nom, affirme qu'il connaissait le brocanteur, à qui il avait acheté "une machine à laver, des bricoles". "C'était quelqu'un de correct, je ne comprends pas..."
bj-lum-dga-zap/cab/sp
N.Fournier--BTB