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Camilla, de deuxième épouse mal aimée à future reine
Longtemps mal aimée, Camilla, deuxième épouse du prince Charles, a mis du temps à conquérir les Britanniques, avant de devenir un rouage essentiel de la monarchie, désormais destinée à devenir reine.
Dans un message écrit à l'occasion de ses 70 ans de règne dimanche, la reine Elizabeth, 95 ans, a fait part samedi de son "souhait sincère" que Camilla "soit connue comme reine consort" lorsque le prince Charles, héritier de la Couronne, deviendra roi à sa mort.
Il aura fallu du temps à Camilla, 74 ans, connue comme la duchesse de Cornouailles depuis son mariage avec le prince Charles en 2005, pour en arriver là.
La princesse Diana, qui avait très vite compris que Camilla était le grand amour de la vie de Charles, l'avait surnommée le "Rottweiler". L'opinion publique la voyait comme une "briseuse de mariage", pour avoir entretenu une liaison avec Charles durant son mariage avec Diana.
La reine réticente n'était pas venue à leur mariage civil à Windsor.
Roturière divorcée, mère de deux enfants adultes, Camilla a gagné progressivement en visibilité, s'engageant sur des sujets qui lui sont chers comme la lecture, les violences faites aux femmes ou la défense des animaux.
Elle parle aussi volontiers de jardinage et valorise avec amour les initiatives de son mari.
Elle assure désormais des engagements quasi-quotidiens pour la Couronne.
Son sens du devoir, sa décontraction bienveillante, sa simplicité et son humour ont finalement lentement eu raison des réticences.
Sa popularité s'est redressée, mais elle reste l'un des membres de la famille royale les moins aimés, à moins de 50% d'opinions favorables, selon un sondage YouGov. De la même façon, moins de la moitié des Britanniques souhaitaient qu'elle devienne reine, lors d'un sondage l'an dernier.
Mais beaucoup reconnaissent l'impact positif qu'elle a eu sur son mari.
- Idéale pour Charles -
"Les gens se rendent compte que Camilla est idéale pour Charles et qu'ils travaillent merveilleusement bien en équipe", explique le commentateur royal Richard Fitzwilliams à l'AFP.
Issue de la haute bourgeoisie de province, elle fait la connaissance du prince lors d'un match de polo en 1970. Sans appartenir à la grande noblesse, Camilla Shand navigue alors dans les mêmes cercles que Charles.
Fille de riches propriétaires terriens, elle a été élevée dans les meilleurs établissements privés. Tout d'abord à Londres, puis en France et en Suisse.
Elle a même quelques liens avec la famille royale. Arrière-petite fille d'Alice Keppel, une des maîtresses du roi Edouard VII, l'arrière-arrière-grand-père de Charles, elle aurait d'ailleurs utilisé cette anecdote pour aborder le prince en 1970, lui demandant si cela le "tenterait" de marcher sur les traces familiales.
Mais leur liaison est courte: Charles s'engage dans la Royal Navy et Camilla se marie avec l'un de ses admirateurs, le major Andrew Parker Bowles.
Quelques années plus tard, elle encourage le prince de Galles à épouser Diana. Mais, alors que tous les deux sont encore mariés, ils reprennent leur liaison. La presse publiera certaines de leurs conversations téléphoniques intimes, ajoutant au malaise.
Avec le divorce de Charles et Diana en 1996, Camilla peut commencer à s'afficher aux côtés de Charles. Mais la mort de la princesse, en août 1997, la renvoie dans l'ombre.
Le prince Charles lance alors une véritable campagne de séduction pour la faire accepter : les apparitions de Camilla sont soigneusement calibrées.
Se faire accepter par la famille royale, et par les fils de Charles, les princes William et Harry, n'aura pas non plus été facile.
Avant et depuis son mariage, son statut - reine consort ou princesse consort - avait fait l'objet d'interminables discussions, auxquelles la reine Elizabeth II a mis un point final samedi.
Camilla elle même ne demandait rien. Après son mariage, elle avait ainsi choisi de ne pas utiliser le titre de princesse de Galles, trop associé à Diana, pour ne pas heurter la sensibilité du public.
P.Anderson--BTB