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La consommation ne faiblit pas aux Etats-Unis, mais est gonflée par l'inflation
Les dépenses de consommation grimpent toujours aux Etats-Unis, mais sont gonflées par l'inflation, qui allonge la facture des consommateurs et réduit le contenu de leurs paniers. La hausse des coûts pèse aussi sur la rentabilité de certaines grandes enseignes comme Walmart.
Le géant des supermarchés Walmart, plébiscité pour ses prix bas, a enregistré une hausse des dépenses dans le secteur alimentaire, et une baisse des achats non-alimentaires.
Les consommateurs ont davantage acheté des produits de marques les moins onéreuses, notamment pour la viande ou les produits laitiers.
De plus, les clients se sont serré la ceinture sur les autres dépenses, d'autant que les aides exceptionnelles qui avaient été versées par le gouvernement pendant la pandémie ont expiré.
A l'approche de l'été, le groupe a toutefois vendu plus de meubles de jardin ou barbecues.
Le coeur de la clientèle de Walmart "tend à être plus sensible aux évolutions de prix et a été plus affecté par la forte inflation", restée proche en avril de son plus haut niveau depuis 40 ans, souligne Neil Saunders, du cabinet Global Data.
Le chiffre d'affaires du géant de la distribution a progressé de 2,4%, à 141,6 milliards de dollars, sur la période février-avril.
- L'inflation est passée par là -
Mais l'inflation a pesé sur son bénéfice net, qui s'est replié de 25%, à 2,05 milliards de dollars. L'entreprise a même abaissé sa prévision de profits pour l'ensemble de son année fiscale, ce qui a fait chuter son action à la Bourse de New York, perdant 11,38% à la clôture.
La hausse des stocks d'articles boudés par les clients a fait grossir les coûts d'entreposage et les dépenses de transport, affectées par la flambée des prix de l'essence.
Walmart s'est aussi retrouvée avec des dépenses salariales bien plus fortes que prévu, après avoir embauché pendant les fêtes de fin d'année pour remplacer les salariés absents à cause du variant Omicron. Mais les effectifs ont au final été bien plus nombreux que nécessaire avec la décrue rapide du nombre de contaminations.
Autre enseigne de distribution qui permet de jauger la consommation aux Etats-Unis, la chaîne de bricolage et articles pour la maison Home Depot a elle aussi vu son chiffre d'affaires croître, sur ces trois mêmes mois, de 4% par rapport à la même période l'an passé, à 38,9 milliards de dollars.
L'inflation, cependant, est passée par là: le nombre de transactions effectuées dans ses magasins a reculé de 8%, même si le montant moyen dépensé par les clients a progressé de 11%.
La pandémie avait été, pour beaucoup de familles américaines, l'occasion de faire des travaux d'aménagement ou de décoration de leur logement, ce dont Home Depot avait largement profité.
Le bénéfice net (+2%) a aussi progressé un peu moins vite que les ventes mais le groupe a légèrement relevé sa prévision de ventes pour l'année et l'action montait de 1,68%.
- Tolérance mise à l'épreuve -
"Le plus grand défi pour les chaînes de magasins va maintenant être d'équilibrer une baisse de leurs ventes en volume avec des coûts plus élevés", avance Neil Saunders.
L'ensemble des ventes au détail aux Etats-Unis - dans les magasins, sur internet, et dans les restaurants - ont, sur le seul mois d'avril, grimpé de 0,9% par rapport à mars, a annoncé mardi le département du Commerce.
Mais cette hausse des dépenses ne signifie pas uniquement, là non plus, que les consommateurs ont acheté plus. C'est aussi le reflet des prix qui grimpent toujours à vive allure.
Pour les mois à venir, "la tolérance des consommateurs à une inflation élevée va continuer d'être mise à l'épreuve", avance Lydia Boussour, économiste pour Oxford Economics.
Elle anticipe cependant des dépenses de consommation toujours soutenues, grâce aux salaires qui augmentent et à une accumulation d'épargne.
Le président de la banque centrale américaine (Fed), Jerome Powell, a lui préconisé, pour pouvoir juguler l'inflation, une croissance positive sans être trop forte.
"Ce dont nous avons vraiment besoin c'est de faire redescendre la croissance de ses niveaux très élevés de l'an dernier, qu'elle ralentisse tout en restant positive", afin que l'offre et la demande puissent être au même niveau, a-t-il dit, mardi également, lors d'une conversation avec le Wall Street Journal.
D.Schneider--BTB