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Déjà vu? Trump accusé de déni économique et de déclin physique
Un président vieillissant, confronté à de mauvais sondages et à des soupçons sur son état de santé, qui assure contre vents et marées que l'Amérique est florissante.
Joe Biden? Non, Donald Trump.
Le républicain, au pouvoir depuis près d'un an, continue de manière presque obsessionnelle à se comparer à son prédécesseur.
Joe Biden serait sénile là où il déborderait d'énergie, le démocrate aurait mené le pays à la faillite alors que Donald Trump présiderait un "âge d'or" économique.
Pendant un meeting en Pennsylvanie mardi, il a prononcé le nom de son rival plus de vingt fois et l'a même traité de "connard endormi" ("sleepy son of a bitch").
Depuis quelques semaines pourtant, une forte impression de déjà vu colore la présidence du milliardaire républicain.
Certaines de ses déclarations font écho, dans le style décomplexé qui lui est propre, à des propos tenus par Joe Biden.
"L'Amérique a la meilleure économie du monde", avait lancé le président démocrate en avril 2024, allant contre la perception des électeurs.
L'économie américaine mérite "un 25/20" (A+++++), a assuré Donald Trump dans un entretien avec le site Politico, publié mardi. Il répète que les prix baissent alors que les Américains continuent à se plaindre de la vie chère.
- 31% -
"Il y aura toujours une partie de ses partisans qui le suivront quoi qu'il arrive. S'il dit que le ciel n'est pas bleu, ils diront que le ciel n'est pas bleu", juge Alex Keena, professeur de sciences politiques à la Virginia Commonwealth University.
Mais "ce n'est pas la majorité des Américains", dit le chercheur à l'AFP. "Il y a un moment où les gens sortent de chez eux, vont faire des courses, et leur vécu est incontestable".
Selon une enquête d'opinion de l'université de Chicago pour l'agence AP, publiée jeudi, seuls 31% des Américains sont satisfaits de la politique économique de Donald Trump.
"Quand les sondages vont-ils refléter la grandeur de l'Amérique aujourd'hui?" a-t-il tempêté sur son réseau Truth Social. "Quand dira-t-on enfin que j'ai créé, sans inflation, peut-être la meilleure économie de l'histoire de notre pays? Quand les gens vont-ils comprendre ce qu'il se passe?".
Pendant sa campagne électorale, il avait accusé Joe Biden de mépriser les difficultés des ménages modestes.
Aujourd'hui, comme son prédécesseur, le dirigeant républicain tente de diriger en partie le mécontentement des consommateurs vers les grandes entreprises, soupçonnées de gonfler les prix.
Comme l'ancien président démocrate, il peine à susciter l'enthousiasme autour de ses projets de soutien du pouvoir d'achat.
Et comme Joe Biden, il est rattrapé par des questions sur sa santé, sans atteindre toutefois l'intensité des interrogations sur le déclin de son rival, qu'il a lui-même alimentées.
- Bleu sur la main -
En décrivant l'ancien président démocrate comme un vieillard incapable de gouverner, le républicain "a exploité un mécontentement bien réel" à propos du vieillissement de la classe politique américaine, rappelle Alex Keena.
Mais cette stratégie pourrait se retourner contre le président le plus âgé jamais élu aux Etats-Unis.
Donald Trump, 79 ans, est maintenant celui dont chaque apparition publique est scrutée.
C'est lui désormais qui est attaqué sur les réseaux sociaux. Jeudi, une fausse photo le montrant avec un déambulateur a par exemple circulé.
Le républicain s'est-il assoupi pendant ce conseil des ministres ou a-t-il seulement baissé les yeux un instant? Cet hématome couvert d'un pansement sur le dos de la main est-il vraiment, comme le répète la Maison Blanche, le résultat de nombreuses poignées de mains?
L'équipe de Joe Biden avait multiplié les démentis furieux, mais aussi protégé toujours davantage le président octogénaire des regards du public et des questions des journalistes.
Donald Trump, lui, reste infiniment plus accessible que son prédécesseur ne l'a jamais été et se livre très fréquemment à de longs échanges impromptus avec la presse.
Mais gare à qui ose, comme le New York Times récemment, enquêter sur son rythme de travail et sa vitalité.
"C'est de la sédition, peut-être même de la trahison quand le New York Times et d'autres font sans cesse des articles MENSONGERS pour diffamer et rabaisser LE PRESIDENT DES ETATS-UNIS", a-t-il écrit sur Truth Social.
C.Meier--BTB