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Moyen-Orient: le pétrole grimpe, les dettes d'Etats et les Bourses sous pression
Coup d'épée dans l'eau: les prix du pétrole continuent de flamber jeudi, indifférents à la décision des pays membres de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) mercredi de recourir à leurs réserves stratégiques de pétrole.
Vers 13H50 GMT, le cours du baril de Brent de la mer du Nord, référence mondiale du brut, grimpait de 8,60% à 99,89 dollars, après avoir dépassé les 100 dollars dans la nuit. Son équivalent américain, le WTI, gagnait 8,57% à 94,73 dollars.
Depuis le déclenchement le 28 février de la guerre au Moyen-Orient, la quasi-paralysie du détroit stratégique d'Ormuz provoque une flambée des prix de l'or noir, qui ravive les craintes d'un retour de l'inflation pour l'économie mondiale.
Pour apaiser l'inquiétude, les 32 pays de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) - dont les Etats-Unis - , ont annoncé mercredi le déblocage 400 millions de barils - un record - dans leurs réserves stratégiques.
Sans succès. "Dans le langage des salles de marché, la libération de réserves par l'AIE équivaut à pointer un tuyau d’arrosage vers un incendie de raffinerie", estime Stephen Innes, gérant chez SPI AM. "Le marché fléchit brièvement, puis revient immédiatement" au "véritable problème".
"Près de 20% du pétrole mondial transite normalement par le détroit d'Ormuz, ce qui signifie que le véritable problème reste logistique et non uniquement lié au niveau des stocks", estime John Plassard, responsable de la stratégie d'investissement de Cité Gestion Private Bank.
Les pays du Golfe réduisent actuellement leur production pétrolière d'au moins 10 millions de barils par jour (mb/j), en raison du blocage du détroit d'Ormuz, soit "la plus importante perturbation" de l’approvisionnement en or noir de l'histoire, a estimé jeudi l'AIE.
- Les Bourses fléchissent-
Aucun signe d'apaisement ne semble en outre se dégager sur le terrain.
Le nouveau guide suprême iranien Mojtaba Khamenei, dans sa première intervention publique, a appelé mercredi à maintenir fermé le détroit d'Ormuz. Le président américain Donald Trump a lui estimé que la hausse des prix du pétrole passaient après la nécessité de "stopper" l'Iran.
Bref, "les marchés voient bien que la situation n'est absolument pas sous contrôle", selon Alexandre Baradez, responsable de l'analyse marchés chez IG France.
Dans ce contexte, les Bourses sont sous pression. A Wall Street, dans les premiers échanges après l'ouverture, le Nasdaq perdait 0,80%, le S&P 500 cédait 0,80% et le Dow Jones 1,25%.
En Europe, vers 13H40 GMT, la Bourse de Paris perdait 0,58%, Francfort 0,40%, Londres reculait de 0,45% et Milan de 1,02%.
- Les taux grimpent, le dollar monte -
Signe de ces tensions toujours importantes, les taux d'intérêt de la dette émise par les pays européens repartent à la hausse, à cause des craintes d'un regain d'inflation sur le continent, particulièrement dépendant des importations d'hydrocarbures.
Le taux de l'emprunt allemand à 10 ans, référence européenne, atteignait 2,95% vers 13H40 GMT, au plus haut depuis 2023. Son équivalent français atteignait 3,60%, contre 3,57% mercredi soir en clôture.
Hors zone euro, le taux d'intérêt britannique à échéance dix ans était de 4,75%, contre 4,69% mercredi.
Une inflation plus élevée réduit la valeur réelle des sommes versées par un emprunteur à ses créanciers. Ces derniers exigent par conséquent des taux d'intérêt plus élevés pour compenser cette perte.
Le Vieux Continent est "la zone où l'on importe le plus d'énergie" et reste donc "très sensible à une augmentation du coût" des hydrocarbures, rappelle Guy Stear, responsable de la stratégie pour les marchés développés de l'Amundi Investment Institute.
Le dollar, monnaie internationale du marché pétrolier, est toujours le grand gagnant du conflit. Le billet vert, délaissé ces derniers mois en raison des incertitudes liées à la politique de Donald Trump, a pris plus de 2% par rapport à l'euro depuis le début de l'année.
Il gagnait 0,29% vers 13H40 GMT à 1,1534 dollar pour un euro.
J.Fankhauser--BTB