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ALEX BODI ȘI AMBASADORUL REPUBLICII SUDANUL DE SUD, GUM DOMINIC MATIOK, DISCUTĂ LA BERLIN DESPRE POSIBILITATEA ÎNFIINȚĂRII UNUI CONSULAT ONORIFIC LA BUCUREȘTI
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Le sommet One Forest pour protéger les forêts tropicales s'ouvre au Gabon
Le One Forest Summit, un sommet consacré à la protection des forêts tropicales, s'ouvre mercredi à Libreville au Gabon avec pour objectif de trouver des "solutions concrètes" pour conjuguer gestion durable des forêts tropicales et développement économique des pays forestiers.
Organisé à l'initiative des chefs d'États gabonais et français, Ali Bongo Ondimba et Emmanuel Macron, cet événement se tiendra jusqu'à jeudi dans la capitale gabonaise avec pour objectif d'améliorer la conservation des forêts dans le monde et de contribuer à la protection du climat et des espèces dans un contexte de dérèglement climatique.
La promotion de "filières plus durables" pour les produits issus du bois ou de l'agroforesterie et la recherche de financements seront notamment au programme du sommet qui entend également promouvoir la coopération scientifique entre les trois grands bassins forestiers mondiaux: la forêt amazonienne, le bassin du Congo et les forêts tropicales d'Asie du Sud-Est.
Le sommet "n'aura pas pour objectif de faire adopter de nouvelles déclarations politiques", prévient l'organisation, qui souligne vouloir mettre en application les objectifs fixés par l'Accord de Paris sur le climat (2015) et la COP15 de Montréal sur la biodiversité (2022).
Depuis une semaine, une campagne d'affichage annonçant la tenue du One Forest Summit essaime sur les artères principales de la capitale gabonaise, avec des panneaux barrés du slogan "One Forest, One Breath" ("Une forêt, un souffle").
Parmi les chefs d'Etat, le président français Emmanuel Macron est attendu à Libreville mercredi dans la soirée. Denis Sassou-Nguesso (Congo-Brazzaville), Faustin Archange Touadéra (Centrafrique), Mahamat Idriss Déby Itno (Tchad) ou encore Teodoro Obiang Nguema Mbasogo (Guinée équatoriale) feront aussi le déplacement. A noter cependant l'absence de dirigeants d'Amérique latine.
- "Sonnette d'alarme" -
De l'Afrique au Brésil en passant par l'Asie du Sud-est, ces forêts sont partout menacées par la surexploitation agricole et industrielle, avec notamment l'exploitation forestière, pétrolière et minière.
Derrière l'Amazonie, le bassin du Congo est le deuxième massif forestier et poumon écologique de la planète, avec ses 220 millions d'hectares de forêts répartis à travers plusieurs pays, dont la République démocratique du Congo, le Congo-Brazzaville et le Gabon.
Ce sommet, qui mettra l'accent sur les forêts du Bassin du Congo selon les organisateurs, est "plus qu'important pour tirer la sonnette d'alarme" sur la gestion des écosystèmes forestiers, prévient Bonaventure Sonké, professeur à l'université de Yaoundé et chef du département sciences et biologie à l'Ecole normale.
La forêt est l'habitat terrestre le plus riche en matière d'espèces et de biodiversité. Mais, selon les Nations unies, dix millions d'hectares de forêts ont été détruits chaque année entre 2015 et 2020.
"Environ un tiers des espèces d'Afrique tropicale sont menacées d'extinction. Si l'on continue à ce rythme, cela va s'accroître. Dans la préservation, il faut penser que des êtres humains ont besoin de ces ressources, mais il faut aussi penser à les pérenniser", ajoute M. Sonké.
Or, pour préserver "il faut connaître la ressource", intime-t-il. "On ne connaît pas assez ces forêts du Bassin du Congo car elle ne sont pas suffisamment étudiées (...) Il n'y a pas de moyens financiers conséquents et nous avons de moins en moins de personnes formées pour le faire", contrairement à la forêt amazonienne "parce qu'on y a mis les moyens", assène-t-il.
- Année électorale -
Situé au cœur de la forêt tropicale d'Afrique centrale et couvert à 88% de forêts, le Gabon, qui accueille ce sommet, est le premier Etat africain à avoir été rémunéré pour la protection de ses forêts grâce aux crédits carbone. Un outil qui était au cœur des discussions de la COP27 sur le climat.
"On absorbe environ 100 millions de tonnes de CO2 net par an. Chaque seconde, le Gabon capte 3 tonnes de CO2. On est en bonne voie vers une économie durable", a assuré à l'AFP Lee White, ministre gabonais des eaux et forêts.
Le Gabon, dont un tiers de la population vivait sous le seuil de pauvreté en 2017, dit vouloir allier développement industriel et gestion durable de ses ressources naturelles pour sortir de sa dépendance au pétrole.
D'ici à 2030, le pays s'est engagé à sanctuariser 30% de son territoire en aires protégées (mer, terre et eaux douces).
Si l'organisation d'un tel sommet est jugée pertinente, la venue d'Emmanuel Macron - au début d'une tournée en Afrique centrale - est en revanche décriée par une partie de l'opposition politique et de la société civile alors que le pays s'apprête à élire cette année un nouveau président.
"Le véritable souci, c'est le timing car nous sommes en pleine année électorale (...) Le débat sur le climat n'est même plus abordé. Ce que l'on retient, c'est la venue d'Emmanuel Macron qui vient adouber son candidat", regrette Marc Ona Essangui, militant gabonais pro-démocratie et défenseur de l'environnement.
T.Bondarenko--BTB