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Dans un "chaos organisé", l'aéroport JFK de New York en pleine mue
Rénover de fond en comble l'aéroport new-yorkais de JFK, tout en laissant se poursuivre la valse des avions: c'est le défi du méga-projet à 19 milliards de dollars qui doit transfigurer la principale porte d'entrée vers les Etats-Unis.
Un "chaos organisé", s'amusent les responsables des lieux, transformés en un gigantesque chantier à ciel ouvert où s'érigent de nouveaux ponts et routes tandis que les terminaux continuent de charrier le plus important volume de voyageurs internationaux de l'Amérique du Nord.
"C'est le projet le plus complexe sur lequel j'ai eu à travailler", assure Gina Bigler, casque de protection sur la tête, une ingénieure en charge de remodeler l'aéroport international John F. Kennedy.
Autour d'elle, un paysage tentaculaire fait de ponts temporaires, sous lesquels s'affairent des excavateurs géants, déplaçant de la terre près de deux terminaux flambant neufs.
Le chantier est complexe, notamment car "le volume de passagers est bien supérieur aux autres projets" aéroportuaires, souligne-t-elle.
Le Port Authority, l'établissement public qui gère les aéroports de la région new-yorkaise, orchestre le chantier qui reste dans les clous budgétaires et doit être terminé à temps, assurent ses responsables.
Le financement privé du programme de rénovation, sans aucun denier du contribuable, rend le projet entièrement indépendant du pouvoir politique, se félicite Rick Cotton, le directeur exécutif du Port Authority, alors que la nouvelle administration de Donald Trump s'immisce depuis l'investiture du président républicain dans les affaires des villes et Etats américains, en particulier New York.
Le gouvernement Trump a par exemple ordonné mi-février l'arrêt du tout nouveau péage urbain de New York - une affaire qui doit être arbitrée en justice.
- Enjeux environnementaux -
L'établissement public, reprend Rick Cotton du Port Authority, a vocation à "prioriser le transport" tout en faisant passer les "considérations politiques au second plan".
Sur le chantier, la pièce maîtresse du puzzle est le tout neuf et large bâtiment du Terminal 1: 232.000 mètres carrés d'une structure en forme de papillon qui prend son envol et aura nécessité autant d'acier que cinq Tour Eiffel. Coût de l'infrastructure: 9,5 milliards de dollars.
Plusieurs enjeux environnementaux et sociétaux, dont ceux liés aux nuisances sonores, accompagnent la refondation de l'aéroport, encastré entre une zone résidentielle dense et l'océan Atlantique.
"De toute évidence, le secteur des transports génère beaucoup de gaz à effet de serre", reconnaît Rick Cotton, dont l'établissement public assure avoir pris une série de mesures pour limiter son impact.
Selon lui, le projet de re-développement permettra aux compagnies aériennes de s'approvisionner davantage en kérosène plus durable et à l'aéroport de se doter de véhicules électriques sur les pistes. Le site doit aussi héberger le plus grand réseau d'énergie solaire de New York, dans le but de réduire sa dépendance aux énergies fossiles.
JFK doit faire peau neuve progressivement. Les Terminaux 1 et 6 doivent être les premiers à rouvrir en 2026.
En attendant, des machines aux airs de guillotines brisent le béton de l'aéroport 24 heures sur 24.
Pour décongestionner les routes autour de l'aéroport et éviter le ballet de quelque 300.000 camions chargeant et déchargeant du matériel, des barges géantes ont également été installées pour acheminer les matériaux de construction.
N.Fournier--BTB