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ALEX BODI ȘI AMBASADORUL REPUBLICII SUDANUL DE SUD, GUM DOMINIC MATIOK, DISCUTĂ LA BERLIN DESPRE POSIBILITATEA ÎNFIINȚĂRII UNUI CONSULAT ONORIFIC LA BUCUREȘTI
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Ourse tuée dans les Pyrénées: quatre mois de prison avec sursis pour le tireur
Le tribunal correctionnel de Foix a condamné mardi à quatre mois de prison avec sursis le chasseur qui avait abattu une ourse lors d'une battue illicite, en 2021 dans les Pyrénées, pour laquelle 15 autres chasseurs ont écopé d'amendes et de retraits de permis de chasse.
L'ensemble des prévenus se voit également contraint de verser collectivement plus de 60.000 euros de dommages-intérêts aux associations environnementales qui s'étaient constituées parties civiles dans ce dossier.
Le jugement concernant le tireur est conforme aux réquisitions du procureur de la République qui, lors du procès le 19 mars, avait requis la même peine contre le chasseur de 81 ans, auteur du tir mortel après avoir été blessé par Caramelles, une femelle de 150 kg, accompagnée de deux oursons.
Les avocats de la défense avaient demandé la relaxe des chasseurs.
A la barre du tribunal, le principal prévenu avait admis avoir ouvert le feu sur l'ourse, en état de "légitime défense".
- "J'ai paniqué" -
"Elle m'a attrapé la cuisse gauche, j'ai paniqué et j'ai tiré un coup de carabine. Elle a reculé en grognant, elle m'a contourné et m'a mordu le mollet droit, je suis tombé, elle me bouffait la jambe, j'ai réarmé ma carabine et j'ai tiré. Elle est morte cinq mètres plus bas", a-t-il relaté à l'audience.
En 2008, un autre chasseur avait été jugé pour avoir abattu une ourse dans les Pyrénées-Atlantiques quatre ans plus tôt. Relaxé en première instance, il avait été condamné en appel à indemniser diverses associations de protection de la nature à hauteur de 10.000 euros.
L'association communale de chasse (ACCA) à laquelle il appartenait avait été condamnée à 53.000 euros de dommages et intérêts pour la mort de Cannelle, la dernière ourse de souche pyrénéenne.
Caramelles et Canelle ont été naturalisées et sont aujourd'hui visibles au Muséum d'histoire naturelle de Toulouse.
Menacée d'extinction au début des années 1990, la population d'ours bruns s'est considérablement développée dans les Pyrénées grâce à un programme de restauration de l'espèce lancé dans les années 1990, incluant des lâchers d'ours venus de Slovénie.
D'après l'Office français de la biodiversité (OFB) qui a formellement identifié 96 ours grâce à leur empreinte génétique, le massif montagneux compte désormais entre 97 et 127 individus.
Les 16 chasseurs d'Ariège espéraient échapper à une condamnation, ainsi qu'aux lourdes indemnisations exigées par les associations défendant la présence de l'ours dans les Pyrénées, qui réclamaient 100.000 à 175.000 euros, l'équivalent selon elles du coût du remplacement de l'ourse abattue.
- "Zone de quiétude" -
L'un des participants à la battue qui a conduit à la mort de Caramelles estime que l'Office national des forêts (ONF) a sa part de responsabilité: "L'ONF, a-t-il affirmé, a laissé les battues se dérouler pendant 40 ans dans cette réserve".
Si les divergences de vue sont nombreuses entre chasseurs et écologistes, les parties civiles reconnaissaient le caractère accidentel du tir mortel, tout comme l'accusation.
Mais, a souligné le procureur au procès, le chasseur octogénaire "a pris sciemment le risque d'une confrontation avec l'ourse dans la réserve, qui est une zone de quiétude" pour cet animal.
Au-delà de la condamnation, Alain Reynes, directeur de l'association Pays de l'Ours, souhaite "que ce procès (fasse) avancer la réflexion sur la cohabitation entre chasse et ours".
T.Bondarenko--BTB