-
Au Mali, les rebelles harcèlent le pouvoir central qui peine à contrôler le pays
-
Plus de 1.300 hectares parcourus par un nouvel incendie dans les Pyrénées-Orientales
-
La canicule historique à peine terminée, le mercure s'envole à nouveau en France
-
Népal: 100 jours après son arrivée au pouvoir, l'énigme Balen Shah
-
Surfer au Bangladesh: des petites vagues mais des rêves grands comme la vie
-
À Washington, la météo sème la confusion pour les 250 ans des Etats-Unis
-
Des chasseurs de pellicules au secours de films oubliés en langue taïwanaise
-
Mondial-2026: 12,2 millions de téléspectateurs pour France-Paraguay, "record" d'audience à 23H (M6)
-
Une flambée de criminalité frappe la jeunesse arabe d'Israël
-
Turquie: Un espoir de renaissance pour le séminaire grec des îles des Princes
-
Un nouvel incendie dans les Pyrénées-Orientales a parcouru près de 1.000 hectares
-
Mondial: le Brésil face à la montagne Haaland
-
Mondial-2026: réveil obligatoire pour l'Angleterre, au défi d'un Mexique bouillant
-
Les Etats-Unis fêtent leurs 250 ans, Trump les dépeint en "chef d'oeuvre"
-
Près de 3.000 morts au Venezuela dans le double séisme
-
Les Etats-Unis fêtent leurs 250 ans, la météo retarde le discours de Trump à Washington
-
Mondial-2026: Mbappé sort les Bleus du piège paraguayen, retrouvailles en quart avec le Maroc
-
Les Etats-Unis fêtent leurs 250 ans, Trump s'accapare le devant de la scène
-
Mondial-2026: Mbappé sort les Bleus de l'ornière, retrouvailles en quart avec le Maroc
-
Ukraine: Kiev dément la chute d'une ville-clé dans l'Est
-
Mondial-2026: Désiré Doué et la lumière fut
-
Mondial-2026: Mbappé sort la France du bourbier paraguayen
-
Bad Bunny fait danser Paris dans un show célébrant la culture caribéenne
-
Trois jours avant le jugement, Le Pen et Bardella se jurent "confiance " et "amitié"
-
Mondial-2026: le Maroc, premier à prendre le quart, en attendant les Bleus
-
Les Etats-Unis fêtent leurs 250 ans, Trump occupe le devant de la scène
-
Espagne: l'incendie près de la Costa Brava bientôt stabilisé, 2.300 hectares brûlés
-
Mondial-2026: le Maroc foudroie le Canada dans un deuxième acte parfait
-
Marche blanche à Carcassonne en hommage à Louis, 17 ans, tué dans un guet-apens
-
Tour de France: Vingegaard premier maillot jaune après le succès de Visma dans le chrono
-
F1: à Silverstone, Antonelli sera le (jeune) homme à battre
-
Tour de France: "on a bien limité la casse", juge Seixas pour sa première
-
Wimbledon: Swiatek et Rybakina déjà dehors, Zverev tranquille
-
Les Etats-Unis fêtent leurs 250 ans, Trump se pose en défenseur d'une identité américaine en péril
-
Ebola: le premier cas en France est "guéri" et "sorti de l'hôpital", annonce la ministre de la Santé
-
Mondial-2026: Quiñones, le buteur mexicain venu de Colombie
-
Le prince Harry se rendra à Londres sans sa femme Meghan ni leurs enfants
-
"Lewis le plus grand": les fans britanniques de F1 adulent leurs champions
-
Les Etats-Unis fêtent leurs 250 ans, Trump se pose en défenseur d'une identité américaine menacée
-
F1: à Silverstone, Antonelli reprend la main sur Hamilton
-
Bernard Arnault soumis à un redressement fiscal de 22,5 millions d'euros
-
Les dirigeants du parti d'extrême droite allemand réélus samedi malgré des milliers de contre-manifestants
-
Mondial-2026: Maroc et France ouvrent le bal des 8es, l'Argentine a eu peur de ne pas y être
-
Rugby: le XV de France si proche de l'exploit face aux All Blacks
-
Au sud de Bordeaux, une "chaîne humaine" pour dire non à la LGV Sud-Ouest
Sur un site pollué près de Paris, la naissance d'une forêt d'un million d'arbres
Ils sont encore si petits qu'il faut les protéger de la voracité des lapins mais des centaines de milliers d'arbres s'enracinent déjà, au nord-ouest de Paris, sur une ancienne plaine agricole aux sols pollués par un siècle d'épandage des eaux usées de la capitale.
Cette forêt de loisirs en train de naître dans le Val-d'Oise représente l'un des plus ambitieux projets de reforestation menés depuis des siècles en France.
En dix ans (2019-2029), plus d'un million d'arbres doivent y être plantés, aux essences savamment mélangées pour résister au changement climatique.
Dans les premières parcelles, verdoyantes au printemps, des faisans s'envolent parmi les cormiers, les érables planes ou les aulnes de Corse, mis en terre il y a cinq ans. "Vous voyez, les bouleaux créent déjà une ambiance forestière", apprécie Charles Cohen, chef du projet boisement, parmi les arbres hauts de quelques mètres.
À 28 ans, cet ingénieur de l'Office national des forêts (ONF) est assez jeune pour espérer voir "la forêt mature". "Au bout de 30 ans, les arbres installés donneront des graines qui se sèmeront naturellement à droite à gauche, prévoit-il. Les bouleaux, pionniers, s'établiront très rapidement mais tomberont au bout de 100 ans. À côté d'eux les chênes pourront vivre plusieurs centaines d'années."
Discrètement, presque silencieusement, la forêt de Maubuisson pousse déjà, à une vingtaine de kilomètres de Paris, sur le territoire de sept communes et entre deux cours d'eau, la Seine et l'Oise. Son nom lui vient d'une abbaye fondée au 13e siècle par une reine de France, Blanche de Castille.
- Ancien déversoir des égouts de Paris -
S'il est rare de créer de grandes forêts, "c'est encore plus rare sur de grandes surfaces polluées", souligne Maxime Algis, doctorant en sciences politiques et urbanisme, qui a étudié l'histoire "pas innocente" des sols de cette plaine. "Ce sont des situations qu'on retrouve dans beaucoup de pays d'Europe au 21e siècle: des sols et milieux dégradés, en l'occurrence un ancien site maraîcher fertilisé par des eaux usées, chargées en métaux lourds".
En 1892, Paris subit une épidémie meurtrière de choléra et les autorités veulent l'assainir. Dès la fin du 19e siècle, la plaine de Pierrelaye-Bessancourt va servir de zone d'épandage des eaux des égouts non traitées de la capitale et de sa banlieue.
La fertilité des sols favorise d'abord un maraîchage intensif: haricots, épinards ou encore thym partent vers les halles parisiennes. Jusqu'à ce que des études révèlent, en 1997, une pollution aux métaux lourds rendant les récoltes impropres à l'alimentation humaine. Des associations écologistes tirent alors l'alarme publique. En 2000, la production maraîchère est définitivement interdite.
Pourquoi ne pas planter des arbres et encore des arbres? proposent en 2006 une partie des maires des communes environnantes. L'idée d'une forêt fait son chemin, jusqu'à devenir un grand projet d'utilité publique, étiqueté Grand Paris, en 2011, sous la présidence de Nicolas Sarkozy.
"À l'échelle de la France, la création d'un massif entier, c'est exceptionnel, d'autant plus entre des zones urbanisées", souligne Bernard Tailly, ancien maire de Frépillon, 80 ans, qui préside aujourd'hui le Syndicat mixte d'aménagement de la Plaine de Pierrelaye-Bessancourt (SMAPP), porteur du projet.
Cependant l'éventualité que les métaux lourds puissent encore migrer vers les nappes phréatiques reste envisagée. "On surveille l'acidification des sols", commente M. Tailly, rassurant. Le public n'aura de toute façon pas accès aux quelques secteurs les plus pollués et la consommation de produits de la forêt sera interdite.
- "Laboratoire à ciel ouvert" -
Charles Cohen évoque cette forêt comme "une histoire de renaissance", qui montre que "quand on met les moyens, plein de belles choses sont possibles."
Hiver après hiver, les plantations se sont faites manuellement. En février, cinq hommes plantaient "1.500 arbres en une journée", selon leur chef d'équipe, Iviça Jerinic, 40 ans, posant des gaines autour des pousses alignées "contre les lapins qui, en une nuit, peuvent tout manger".
Bois existants et nouvelles plantations formeront à terme une forêt mosaïque de 1.340 hectares, et pour l'ONF, "un laboratoire à ciel ouvert".
Car "le changement climatique, c'est maintenant", insiste M. Cohen, rappelant que le site a connu "d'emblée deux ans de sécheresse puis deux de pluies". Des hêtres de Turquie ou des chênes pubescents de la Méditerranée et du Languedoc ont été plantés, car l'ONF anticipe que "le climat sera plus méditerranéen qu'océanique".
Sélectionner des dizaines d'essences permet d'"éviter la vulnérabilité d'une monoculture qui peut être attaquée par un pathogène", souligne l'ingénieur. Les châtaigniers ont été exclus puisque dans le massif voisin de Montmorency ils sont décimés par "la maladie de l'encre".
Le budget global de création de la forêt de Maubuisson dépasse les 84 millions d'euros. Bien des dossiers restent à boucler concernant les 6.000 parcelles à acheter ou exproprier, et il a fallu éliminer des dépôts sauvages de déchets, mettre un terme aux occupations illicites, lutter contre les "espèces exotiques envahissantes"...
Souvent des riverains interpellent M. Tailly d'un "alors, votre forêt, ça avance?". Il répond qu'il faudra encore patienter avant de voir la plaine revivre en écrin naturel, avec des écoliers en observation sur ses sentiers ouverts aux randonneurs, aux cyclistes et aux cavaliers.
D.Schneider--BTB