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Macron défend son bilan écologique, face aux reculs et aux critiques
Après quatre jours à tenter d'incarner le combat écologique sur la scène internationale, Emmanuel Macron a défendu bec et ongles mardi soir son bilan environnemental en France, souvent jugé insuffisant et maintenant détricoté y compris par certains dans son propre camp.
Point d'orgue d'une séquence qui l'a vu en porte-parole de la cause des océans à Monaco puis à Nice, pour une conférence internationale de l'ONU qu'il coprésidait avec le Costa Rica: une émission télévisée sur France 2 mardi en prime time, présentée par Léa Salamé et Hugo Clément depuis la Promenade des Anglais.
"Je n'ai pas de leçon à recevoir", a martelé le chef de l'Etat face aux questions sur certains reculs, par exemple sur l'herbicide glyphosate qu'il avait promis d'interdire en 2017 avant d'y renoncer deux ans plus tard.
"Ce que j'adore le plus, c'est les journalistes qui pendant huit ans ont dit +il n'a pas de bilan écologique+ et qui maintenant disent +il détricote son bilan écologique+", s'est-il agacé.
Car là-dessus, son message est clair.
"Nice, vraiment, est un succès", a-t-il revendiqué.
"Alors que les vents mauvais se sont remis à souffler pour écarter toutes les questions climatiques, environnementales ou de biodiversité de l'agenda international, jamais la communauté internationale n'avait mobilisé autant de chefs d'État et de gouvernement, autant de pays pour nos océans", s'était-il félicité dès la veille en conférence de presse.
- "Prédation" et "menace" -
Depuis lundi, il a mis en avant les ratifications engrangées, et les engagements d'autres pays, qui permettront selon lui une entrée en vigueur au 1er janvier 2026 du traité de protection de la haute mer -- un "exploit", a-t-il estimé, mais qui devra être vérifié à l'automne.
"Une marée d'espoir et un grand motif de célébration", a salué Rebecca Hubbard, directrice de la High Seas Alliance, une organisation non gouvernementale.
Sur l'autre avancée de la conférence, l'extension des aires marines protégées annoncées par plusieurs pays dont la France, l'accueil a été en revanche plus sceptique.
Pour Nicolas Fournier de l'ONG américaine Oceana, le président "a fait naître l'espoir que le gouvernement français agisse enfin contre le chalutage de fond dans les aires marines protégées, mais ces annonces sont plus symboliques qu'efficaces".
"Vous êtes contente d'acheter votre poisson (...) à un prix abordable", a répondu Emmanuel Macron à Léa Salamé qui le relançait sur ces critiques. "Les trois quarts des criées, elles sont alimentées par ce qui vient aussi du chalutage", a-t-il insisté.
Au-delà, le chef de l'Etat a mis en avant son volontarisme en matière de diplomatie climatique pour montrer qu'il "continue d'agir", un an après la dissolution de l'Assemblée nationale qui l'a privé durablement de majorité et lui a fait perdre grand nombre de leviers sur la scène nationale.
Replié sur ses prérogatives internationales et régaliennes, Emmanuel Macron a plusieurs fois ces derniers jours critiqué le désengagement américain en matière climatique.
Alors qu'il se rend dimanche au Groenland, territoire autonome du Danemark convoité par Donald Trump, il a affirmé vouloir y éviter toute "prédation" et toute "menace". Et il a redit au président américain, qui prévoit de lancer l'exploitation de métaux critiques au fond des eaux internationales du Pacifique, que "nous serions totalement fous" d'exploiter avant d'avoir la connaissance scientifique de ces "abysses".
Mais il a aussi égratigné des décisions prises par le Parlement ou le gouvernement français qui détricotent son bilan écologique déjà jugé insuffisant par de nombreux défenseurs de l'environnement.
"On a aujourd'hui une remise en cause aussi de la priorité dans le débat public donnée au climat, y compris d'ailleurs en France", a-t-il lancé à Nice, dénonçant une "énorme erreur".
Un "coup de gueule" réitéré mardi sur France 2, en appelant le gouvernement et le Parlement à ne "rien relâcher de l'effort". En cause, la suspension des aides à la rénovation énergétique MaPrimeRénov', la fin des zones à faibles émissions (ZFE) qui restreignent la circulation des véhicules très polluants, ou encore le retour envisagé à l'usage de pesticides dangereux.
Mais cette posture autoproclamée de "vigie" n'a toutefois pas convaincu.
"Le président semble avoir honte de ses reculs écolos. Il peut. Où était-il quand l'écologie était sabrée dans le budget et quand ses députés votaient contre l'écologie?", a critiqué lundi la cheffe des Ecologistes Marine Tondelier.
L.Janezki--BTB