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Mobilisation anti-A69 sous haute sécurité à proximité du chantier
La préfecture l'a interdite, mais une nouvelle mobilisation de collectifs écologistes contre l'autoroute A69 Toulouse-Castres s'est déroulée dans une ambiance bon enfant samedi devant un château à Maurens-Scopont (Tarn), où les organisateurs ont ensuite annoncé un défilé à l'extérieur, en présence des forces de l'ordre.
"On va tout fêter!", proclame une banderole à l'entrée du château de Scopont où un millier de participants se sont réunis pour dire "non à l'A69 et à son monde". Cette mobilisation baptisée "Turboteuf" est annoncée comme "festive" mais la préfecture a relevé la "présence importante" de personnes encagoulées ou masquées.
Au pied du château délabré de Scopont où ils étaient accueillis, les organisateurs ont annoncé à la tribune leur intention de défiler en "carnaval" à partir de 17H00 en dehors du parc privé sur le chantier de l'A69 où quelque 1.500 gendarmes ont été déployés en raison des risques de trouble à l'ordre public.
De nombreux gendarmes, fourgons et véhicules blindés d'intervention étaient positionnés autour du château et sur une base d'engins de chantier à proximité, a constaté l'AFP.
Le préfet du Tarn Laurent Buchaillat a annoncé, photos à l'appui, qu'ont été saisis 55 "dispositifs hostiles" pouvant "constituer des armes par destination".
"Non ce n'est pas une manifestation festive", a affirmé le ministre des Transports Philippe Tabarot sur X, fustigeant des "activistes soi-disant écologistes". "Des catapultes, des boules de pétanque, des pierres: la violence est préparée", prévient-il.
"Nous ne laisserons rien passer", a martelé aussi sur X le ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau. "Quand, au nom de l'écologie, on mobilise des dizaines de militants d'ultra-gauche encagoulés et dangereux, dont une cinquantaine de fichés S, qui ne veulent que détruire ou casser du flic, alors c'est qu'on a basculé dans la sédition et l'ultra-violence".
- "Autoroute illégale" -
Auparavant, les manifestants, masqués ou portant des chapeaux de paille, ont écouté de la musique et les prises de parole des organisateurs, assis dans l'herbe.
"On a une justice qui devient hallucinante et qui dit qu'on peut reprendre le chantier d'une autoroute déclarée illégale par le tribunal", a notamment déclaré Jean Olivier, coprésident des Amis de la Terre Midi-Pyrénées.
"S'il faut aller au delà de la loi, on le fera", a déclaré Amalia, membre d'Extinction Rebellion Toulouse, aux nombreux médias présents. "S'il faut cramer des machines, bloquer une route on le fera, parce qu'il est absolument nécessaire de s'opposer à ce projet inutile imposé et écocidaire".
Même si le chantier est considérablement avancé - arbres abattus, ponts construits, terrassement en cours - les opposants comptent empêcher la finalisation de cette infrastructure, dont la construction a débuté en 2023 et qui doit être achevée au second semestre 2026.
Aline, du collectif la Voie est Libre, estime que "l'autoroute est plus faite au service des marchandises que des habitants, or nous, nous souhaitons un territoire exemplaire en matière environnemental".
- Contestation multiforme -
Depuis le printemps 2023, la contestation a pris différentes formes: manifestations, grèves de la faim, occupations d'arbres au cœur de Zones à défendre (ZAD). Mais c'est sur le terrain juridique que les opposants ont réussi à stopper les pelles mécaniques.
Fin février, le tribunal administratif de Toulouse a ordonné une interruption des travaux, estimant qu'il n'y avait pas de raison impérative d'intérêt public majeur (RIIPM) pour justifier les dégâts causés à l'environnement.
Cette décision, saluée comme une victoire par les opposants, a donné lieu à plusieurs recours des pro-autoroute: d'un côté devant la justice administrative, de l'autre, par le biais d'une proposition de loi visant à valider rétroactivement les autorisations environnementales du chantier.
Parallèlement, avant l'examen du dossier au fond prévu à la fin de l'année, la cour administrative d'appel de Toulouse a autorisé fin mai une reprise du chantier.
- "Rassemblement illégal" -
Faute de déclaration de la manifestation par ses organisateurs et en raison des heurts survenus lors de précédents événements, la préfecture du Tarn a émis un arrêté d'interdiction de la "Turboteuf" et appelé "la population à ne pas se joindre à ce rassemblement illégal, qui met en danger ses participants et les exposent à des poursuites pénales".
Les organisateurs ont maintenu l'événement mettant en avant qu'il se déroulait sur un terrain privé dont le propriétaire, Bernard d'Ingrando, a indiqué à l'AFP avoir donné son accord, "à condition qu’il n'y ait pas de débordements".
La "Turboteuf" est le quatrième grand weekend d'action contre le projet, après ceux d'avril et d'octobre 2023 puis de juin 2024, les deux derniers ayant été marqués par des affrontements avec les forces de l'ordre.
H.Seidel--BTB