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ALEX BODI ȘI AMBASADORUL REPUBLICII SUDANUL DE SUD, GUM DOMINIC MATIOK, DISCUTĂ LA BERLIN DESPRE POSIBILITATEA ÎNFIINȚĂRII UNUI CONSULAT ONORIFIC LA BUCUREȘTI
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A un peu plus d'une heure de la Silicon Valley, un robot à roulettes équipé d'un panneau solaire fait la chasse aux mauvaises herbes dans un champ de coton californien.
Guidé par des caméras et de l'analyse en temps réel grâce à l'intelligence artificielle (IA), Element, son nom, repère les végétaux indésirables.
Il les extrait ensuite avec l'un de ses deux bras mécaniques, sorte de houe ou bêche miniature.
"Il imite la façon dont travaillent les humains", explique Kenny Lee, le patron d'Aigen, concepteur de ces robots tout-terrain, sous un soleil de plomb et par plus de 30°C.
"Quand le soleil se couche, il s'éteint", dit-il, "et le lendemain matin, il repart".
Avec Element, les fondateurs d'Aigen ont voulu faire d'une pierre deux coups: répondre à la pénurie de main d'oeuvre agricole et réduire l'utilisation des pesticides, sans émissions de carbone.
La parcelle sur laquelle s'affaire Element est labellisée bio, mais Bowles Farming, l'exploitant, y utilise des pesticides naturels, auxquels des variétés de mauvaises herbes sont résistantes.
Aigen veut aussi s'en prendre, ailleurs, à certaines qui survivent aux herbicides de synthèse.
"Jamais un agriculteur ne m'a dit qu'il aimait les produits chimiques", relève Kenny Lee.
- Futur géant ? -
Pour le patron de start-up, son robot répond aussi au manque de main d'oeuvre dans le secteur.
Element offre aussi la possibilité, selon lui, de "faire monter en compétences" les ouvriers agricoles, formés pour contrôler les robots et répondre à un problème technique.
"Si vous pensez (qu'arracher les mauvaises herbes) est un boulot qui devrait être fait par des humains", lance Kenny Lee, "essayez de passer deux heures dans ce champ".
A la différence des tracteurs ou des motoculteurs, Element est alimenté par son panneau solaire et ne dégage pas de CO2.
Tracteurs, camions de chantier, voitures, rames de métro ou drones, l'IA a déjà fait naître une génération d'engins autonomes.
Les chercheurs travaillent désormais au développement de l'IA dite "physique", qui permet à l'interface d'interagir directement avec son environnement dans des situations complexes, voire non prévues.
Le patron du géant des semi-conducteurs Nvidia, Jensen Huang, décrit l'IA physique comme la prochaine grande étape du développement de cette technologie.
En janvier, Nvidia a présenté Cosmos, une plateforme dédiée à la mise au point de l'IA physique.
"Il ne s'agit plus d'apprendre à l'IA comment générer du contenu, mais à comprendre le monde physique", a-t-il expliqué lors d'une présentation à Las Vegas.
Outre le coton, des robotos Aigen sont déjà à l'oeuvre dans des champs de tomates et de betteraves.
Kenny Lee estime qu'un robot Element, vendu 50.000 dollars, peut désherber environ 13 hectares.
Ces robots pourraient être utilisés pour semer et repérer les nuisibles, mais Aigen, dont le siège se situe à Redmond, dans le nord-ouest des Etats-Unis, préfère se concentrer sur le désherbage pour se faire sa place.
Dans un contexte électrique, Kenny Lee doit peser ses mots pour tenter de séduire les fermiers.
"Le mot climat est politisé aujourd'hui", reconnaît-il, "mais au fond, les agriculteurs tiennent à leurs terres".
Les paysans préfèrent souvent les mots "conservation" et "gestion" des sols, "mais tout cela revient un peu au même", selon l'entrepreneur.
"Aigen va devenir un des géants de l'industrie", anticipe Lisbeth Kaufman, responsable des start-up à sensibilité climatique chez AWS, filiale d'Amazon et numéro un mondial de l'informatique à distance (cloud).
Amazon Web Services a sélectionné la jeune pousse dans l'un de ses programmes de soutien à des initiatives qui allient technologie et lutte contre le réchauffement, fournissant des capacités informatiques et de l'aide technique.
"Nous voulons avoir un impact", affirme Richard Wurden, co-fondateur et responsable technologique, pour qui travailler dans ce domaine "a du sens".
T.Bondarenko--BTB