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Irak: 1.200 familles déplacées dans le Sud en raison de la sécheresse
Quelque 1.200 familles ont quitté les marais et zones agricoles du sud de l'Irak ces six derniers mois, en raison de la sécheresse et des pénuries en eau dans la province pauvre et rurale de Dhi Qar, a indiqué lundi à l'AFP un responsable local.
Inscrits au patrimoine mondial de l'Unesco, les marais mésopotamiens ont souffert cet été de la sécheresse qui frappe l'Irak, en raison des précipitations en baisse et un débit réduit des fleuves Tigre et Euphrate, dus aux barrages construits en amont dans les pays voisins, la Turquie et l'Iran.
"Environ 1.200 familles d'éleveurs de buffles ou d'agriculteurs dans les marais ou d'autres zones de la province (de Dhi Qar) ont été déplacées de leur lieu de résidence en raison des pénuries d'eau", a indiqué à l'AFP le directeur des autorités agricoles dans la province, Saleh Hadi.
Le phénomène a débuté en avril, selon le responsable local, précisant que ces familles ont quitté notamment les marais de Chibayich, le village de Manar dans les marais de Hammar, mais aussi ceux de Oum al-Wadaa, tout comme les secteurs agricoles de Sayyed Dakhil, Souk al-Chouyoukh, al-Islah.
"La moitié de ces familles se sont installées près des fleuves dans des secteurs au nord de Nassiriya", chef-lieu de la province, a ajouté M. Hadi, précisant que les autres avaient rallié d'autres provinces du centre ou du sud, notamment Babylone, Kut, Kerbala ou Bassora.
Par ailleurs, 2.053 buffles ont péri, a précisé le responsable.
Fin septembre, le ministère des Ressources hydrauliques assurait que 2022 était "parmi les pires années de sécheresse qu'a connu l'Irak depuis 1930", en raison de la baisse des précipitations ces trois dernières années, mais aussi un débit réduit des eaux en provenance des pays voisins.
Cet été, dans les marais de Hawizeh, chevauchant la frontière avec l'Iran, ou ceux très touristiques de Chibayich, de vastes étendues de terres humides ont cédé la place à des sols craquelés, parsemés d'arbustes jaunissant.
Notant en juillet "une baisse sans précédent du niveau de l'eau", l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) rappelait que les marais sont "une des régions les plus pauvres d'Irak et parmi les plus touchées par le changement climatique."
L'agence soulignait "l'impact désastreux" sur plus de 6.000 familles, "en train de perdre leurs buffles, leur unique gagne-pain".
E.Schubert--BTB