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Faure lance la bataille du Congrès, pour sortir de la tenaille Hollande-Mélenchon
"Trancher la ligne": le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure a officialisé dimanche le lancement de la bataille du Congrès du PS, connu pour ses luttes intestines, face au retour sur sa droite de François Hollande et face aux critiques sur sa gauche de Jean-Luc Mélenchon.
"Le Congrès du Parti socialiste se déroulera en juin et la ligne du parti socialiste sera ainsi tranchée", a déclaré le responsable socialiste sur X, sans préciser la ville dans laquelle se tiendront les festivités. "Je suis candidat à ma propre succession car je souhaite aller au bout de ce que nous avons entrepris ces 7 dernières années, retrouver la gauche et les électeurs et les électrices qui nous ont fait défaut", a-t-il complété.
Olivier Faure a pris il y a sept ans la tête d'un parti déconfit après le quinquennat Hollande et l'échec cinglant de la présidentielle 2017.
Depuis, le PS a retrouvé des couleurs, à la faveur notamment de son alliance avec les autres partis de gauche - La France insoumise, Ecologistes, Communistes - au sein de la Nupes d'abord, du Nouveau Front populaire ensuite.
Une alliance en particulier avec les troupes de Jean-Luc Mélenchon qui lui avait été vertement reprochée au dernier Congrès, à Marseille début 2023, où sa motion était arrivée en tête de justesse devant celle de Nicolas Mayer-Rossignol, partisan d'une ligne anti-LFI.
Mais le contexte interne a changé. François Hollande est revenu dans l'arène politique en retrouvant en juin dernier son siège de député de Corrèze. Il use de toute son influence pour encourager les socialistes à rompre avec Jean-Luc Mélenchon. Il est également hostile à l'idée d'une candidature commune à gauche.
- Faure "dépassé" ? -
Dans un jeu d'équilibriste, Olivier Faure a ces dernières semaines fait opérer à son parti une mue réformiste: il a négocié avec le gouvernement de François Bayrou pour obtenir quelques concessions sur le budget et a, à ce titre, refusé de voter la censure des Insoumis.
Mais il a défendu dimanche sur France 3 la motion de censure spontanée que le groupe PS doit déposer cette semaine contre "une forme de trumpisation du débat public sous l'égide du gouvernement" de François Bayrou.
Cette motion a peu de chances de passer car le RN a annoncé qu'il ne la voterait pas, mais si l'extrême droite devait changer d'avis, "le gouvernement tomberait et ce serait ainsi", a expliqué celui qui doit aussi rassurer les plus "unionistes" de son camp.
Car encore une fois, le leader de La France insoumise ne mâche pas ses mots contre Olivier Faure qu'il juge "dépassé", et contre la décision des socialistes de ne pas censurer le budget. "Ce ne sont plus nos alliés. S'ils veulent être des partenaires, ce sera dans l'action et s'ils cessent d'aider ce gouvernement à survivre", cingle Jean-Luc Mélenchon dans La Tribune Dimanche.
Pour lui, "François Hollande a la main. Il a retourné tout le groupe socialiste en un an. Ce n'est pas rien. Il est au cœur de la compétition pour le leadership des centres".
Un argument qu'Olivier Faure réfute, renvoyant volontiers l'un et l'autre à "un tyrannosaure et un diplodocus" se livrant combat "depuis 30 ans". Et se posant en rassembleur d'une gauche qui "va de la gauche radicale jusqu'à la gauche de François Hollande".
Cela suffira-t-il à éteindre la compétition pour la tête d'un parti qui s'est souvent usé en guerres intestines, avec des "gens qui sont des adorateurs de l'intrigue, des idéologues de la conspiration", dixit un député ?
"Si le congrès c'est un immense pugilat, ce sera désespérant pour tout le monde", souffle le même. En notant que si M. Faure n'a pas d'adversaires officiellement déclarés, des socialistes "poussent beaucoup" le patron du groupe des députés Boris Vallaud à "y aller".
Le député de l'Eure Philippe Brun pourrait peut-être aussi défendre ses chances, après avoir fustigé en décembre dernier dans un meeting la "léthargie" d'un parti qui ne "peut pas être seulement une machine à délivrer des investitures".
D.Schneider--BTB